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Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

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Billet de blog 17 juillet 2024

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Le Caillou sera-t-il vraiment coupé en deux ? Apartheid de fait devenant de droit !

C’est, en Calédonie, la folle proposition ce 14 juillet de l’inénarrable loyaliste (très) radicale Sonia Backès ; le pire, c’est que les boucliers la critiquant ne se sont pas encore levés très haut ! Déjà politiquement coupé en deux lors du second tour des législatives, et avec un avantage (53 % aux indépendantistes, 47 % aux loyalistes), ceci (53-47) explique peut-être cela (Backès Sonia)…

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pour refaire repartir le feu aux braises encore chaudes de l’insurrection commencée le 13 mai sur le Caillou, la cheffe de file des loyalistes antiindépendantistes très radicaux fête à sa manière, en 2024, la prise de la Bastille en proposant[1] ce qui ressemble fort à la partition du Caillou : vieille lubie déjà évoquée par Pierre Frogier (du Rassemblement-LR) au Sénat français en mai 2021 mais vivement critiquée alors par l’ensemble de la classe politique.

1 - La proposition de partition du Caillou, coupé administrativement en Provinces plus autonomes

Rappelons que cette partition du Caillou est toujours considérée comme contraire à la lettre de l’Accord de Nouméa. Cet accord signé en 1998 prévoyait que, même si les résultats des référendums d’autodétermination étaient différents d’une province à l’autre (prédiction du domaine de l’évidence…) « … une partie de la Nouvelle-Calédonie ne pourra accéder seule à la pleine souveraineté ou conserver seule des liens différents avec la France ». Selon Backès, en substance, Bof cet accord !

Notre interprétation de ce discours enflammé de Sonia Backès peut sembler aller loin, car cette dernière prend encore quelques précautions de langage, ne parlant donc que de « l’autonomisation des provinces [qui] peut présenter une opportunité de construction ». Mais la ligne politique soutenue est en fait très claire : « Notre plus grosse perte ces derniers mois, c’est celle de l’espoir du vivre ensemble. […]  Il y a en Nouvelle-Calédonie une partie de la population qui ne souhaite pas de ce vivre ensemble. […] Le monde kanak et le monde occidental ont, malgré plus de 170 années de vie commune, des antagonismes encore indépassables. […] Le monde kanak et le monde occidental … sont comme l’huile et l’eau, ils ne se mélangent pas ». La conclusion est sans appel, simplement parée d’un joli ruban rose, avec «  [qui] partagent un même territoire » : « une réforme institutionnelle visant à l’autonomisation des provinces doit être désormais sérieusement envisagée. Elle doit être perçue comme une nécessaire évolution vers une coexistence pacifique et respectueuse entre des communautés de valeurs qui, bien que différentes, partagent un même territoire » ; ce territoire serait évidemment dans la République française, cela va sans dire.

Le premier article conclut (mais ce n’est pas une citation de Backès) : « Puisque le vivre ensemble est un échec et que l’affrontement n’est plus tolérable, marchons côte à côte ». Le second article (celui de CNews) est plus percutant, il rapporte une bien bonne de Backès : « Qu’il s’agisse de leur manière de vivre en société, par la place qui est faite aux femmes par exemple. Qu’il s’agisse encore de leurs systèmes politiques, féodal[2] pour les uns et démocratique pour les autres ».

Point de vue fort important, elle déclare préférer nettement les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 qui ont assuré la paix à l’Accord de Nouméa de 1998 qui serait en fait à l’origine du désordre actuel ; et ce n’est pas un détail de l’Histoire qu’elle reconstitue : remettre en cause lAccord de Nouméa est un autre coup de tonnerre dans le coup de tonnerre. Elle a sans doute compris, depuis les reculs de Macron acculé par l’insurrection de la seconde partie de mai 2024 (bref au retour de la quasi-guerre civile) au retrait (au moins provisoire) de la loi organique qui devait être votée par le Parlement au Congrès de Versailles, que le soutien de l’État et sa partialité n’étaient plus ce qu’ils étaient. Elle a sans doute aussi compris que le résultat des législatives rebattait les cartes : sur le Caillou ce que nous avons nommé (dans un billet précédent) le « Quatrième référendum » faisant apparaître 53 % des suffrages exprimés (et avec un excellent taux de participation) pour l’indépendance contre 47 % contre ; en France la bonne surprise (sauf pour elle) de la victoire du Nouveau Front populaire (mais sans majorité absolue, loin de là). Peut être aux abois, elle sest lâchée.

Mais il n’y a pas que les valeurs, il y a aussi le fric… Sonia Backès envisageait depuis belle lurette une réforme de la provincialisation avec suppression de la discrimination positive en termes de fiscalité[3] ; de même, elle remettait en cause la répartition des sièges au Congrès (l’organe législatif du Caillou) favorisant nettement la représentation des deux provinces à dominante kanak, depuis l’Accord de Nouméa de 1998. Dans les deux cas, l’État français n’avait pas voulu la suivre sur ces deux chemins ; ce qui l’enrageait… 

Discrètement, elle remet maintenant le couvert sur la fiscalité du Caillou[4] : « Ainsi, l’autonomisation des provinces peut représenter une opportunité de construction de plusieurs entités distinctes mais complémentaires, où chacun des peuples pourra enfin s’épanouir selon ses propres aspirations ». Fin donc, mais seulement implicitement, de la discrimination positive favorisant les deux provinces kanak : chaque province « récupère la compétence fiscale qui leur permettra de bâtir la société attendue par sa population ». Mais avec beaucoup moins de fric pour les Kanak que maintenant...

2 - De l’apartheid « de fait» à lapartheid « de droit »

C’est quoi cette folle proposition ? La Calédonie (toujours donc dans son ensemble dans la République) serait divisée en deux : La vraie Calédonie française au Sud (la Province Sud) ; un Bantoustan[5] (le nommera-t-on Kanakystan) au Nord (Provinces Nord et Îles Loyauté) laissé à l’administration kanak. Non pas comme la Corée divisée en Corée du Sud et Corée du Nord, mais comme l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et du « développement séparé» avant Nelson Mandela. L’apartheid de fait du Caillou deviendrait un apartheid de droit, tout simplement : voilà une voie qu’elle serait démocratique ! En fait un véritable scandale, un appel à un véritable crime selon la Cour pénale internationale (« crime d’apartheid » mais pas « crime contre l’humanité ») que personne (malgré les critiques souvent vives) ne considère vraiment comme tel.

Les réactions à cette nouvelle provocation[6], deux jours plus tard, ne sont pas légions : soutien de Virginie Ruffenach[7] (du même parti que Frogier) ; vives critiques (mais mesurées) de certains indépendantistes[8] ; on n’avait pas encore trouvé de réactions, ni du parti Calédonie ensemble, ni du FLNKS au soir du 16 juillet... Heureusement, la nuit portant conseil et la fatigue aidant, nous avons remis au lendemain ce que nous n’avions pas envie de faire le jour même : voir donc l’actualisation du matin du 17 juillet en fin de billet.

Quant à Macron et au gouvernement français, ils doivent être trop occupés à gérer l’ubuesque suite des élections législatives : pas un mot non plus (sauf erreur) le soir du 16 juillet[9].

Allez savoir si cette solution proposée par Backès (même si elle est peut-être hors-jeu) ne va pas finir, dans le chaos de la situation du Caillou, par se concrétiser comme la seule porte de sortie ; autrement dit, chacun dans son petit coin et les cochons seront bien gardés… Et exit la Kanaky Nouvelle-Calédonie en indépendance-association avec la France. Cependant, un article [10] (où la présidente de la Province Sud, est habillé pour l’hiver,  mais avec tact...) du journal Le Monde daté du 15 juillet (Sonia Backès, une loyaliste à l’heure des combats perdus en Nouvelle-Calédonie, sous-titré Á force de radicaliser sa position, qu’elle a tenté d’imposer à Paris, la présidente de la province Sud a perdu le soutien du camp non indépendantiste et celui du chef de l’État, Emmanuel Macron) laisse à penser, que tout n’est pas perdu (sauf  les combats de cette dernière) : elle n’aurait donc plus le moindre pouvoir ; à voir...

Encore une bonne nouvelle... Mais entre les bonnes et les mauvaises nouvelles, on s’y perd. D’autant plus que Le Monde du 15 juillet reste discret sur  la sortie de Sonia Backès du 14 juillet. Comme Calédonie ensemble sur sa page Facebook, Le Monde insiste sur la volonté de la Province Sud de supprimer les aides sociales attribuées aux Kanak et n’évoque que très rapidement le coup de tonnerre de Sonia Backès du 14 juillet indiquant seulement ; comme un détail : « Elle a dénoncé des antagonismes indépassables  et l’illusion d’un seul peuple néo-calédonien ». L’article fait en outre référence, à la réaction de Calédonie ensemble (que nous n’avions pas encore trouvée…) à la dernière diatribe de Backès : « « Son modèle est celui des Afrikaners qui ne correspond pas à la société néo-calédonienne largement métissée ».

Terminons, au soir du 16 juillet, par l’article d’un Australien qui tente une analyse critique intéressante mais qui laisse cependant perplexe sur ce développement séparé à l’Afrikaner après la sortie de Backès[11].

...

Actualisation du 17 juillet 2024 au matin

La réaction, sans doute construite avec patience... de Calédonie ensemble (CE)

CE a donc mis le temps à réagir, mais les mots sont directs et l’analyse très fine et riche : voir sa conférence de presse du mercredi 17 juillet et l’article (intitulé Selon Calédonie ensemble, il est impossible d’autonomiser les provinces) du journal Les nouvelles Calédoniennes, LNC, du même jour à 15 h 15 heure de Nouméa, mercredi à 6 h15 à Paris[12]. C’est pour Calédonie ensemble « un projet d’apartheid », « l’acte de décès officiel du destin commun et du vivre en ensemble ».

CE propose une démonstration point par point : la stratégie de partition est impossible à concrétiser. D’abord pour des raisons purement constitutionnelles : « c’est même précisé dans l’accord de Nouméa : une partie de la Nouvelle-Calédonie ne pourra accéder seule à la pleine souveraineté » ; on le sait.  Pour des raisons politique ensuite, CE rappelant le vieux discours de Nicolas Sarkozy, qui déclarait en août 2011, « Si on raisonne en termes de partition, alors on veut la mort du territoire. À mes yeux, vous formez un ensemble indivisible que rien ne devra séparer ». Enfin pour des raisons humaines et culturelles : « La moitié des Kanak du pays vivent en province Sud. Donc on en fait quoi des Kanak qui vivent dans le sud ? On les renvoie dans les tribus ?[13].

La démonstration de CE se termine, et c’est important, par des exemples historique d’apartheid ou de développement séparé qui se sont toujours traduits par des échecs : Afrique du sud, évidemment, de 1951 à 1991, mais aussi les Nouvelles Hébrides, ex-Vanuatu, ou encore les Comores, divisées après une consultation d’autodétermination à l’issue de laquelle Mayotte a été déclarée française. Et Gomès de conclure : « Ce sont toujours les mêmes histoires, certains croient qu’ils écrivent sur une page blanche. Il n’y a pas de page blanche dans l’histoire du monde, tout a déjà été écrit plus ou moins bien, avec des ratures. Il faut vraiment ne pas avoir la moindre profondeur de champ historique et intellectuelle pour considérer que ça peut être une solution pour notre pays. Il n’y a aucune porte de sortie pour notre pays si on construit deux petites Kanaky et une petite France. Le salut de notre peuple, dans son histoire compliquée, sera obligatoirement collectif ou ne sera pas ».

Enfin, la réaction du FLNKS…

Le FLNKS vient aussi de réagir, avec lui aussi un certain retard et un titre[14] qui n’évoque pas le sujet qui nous occupe, pourtant, à mon avis, le plus important. Tout laisse à penser que la déclaration était déjà préparée (demande du départ « immédiat » des forces de l’ordre ; demande du renvoi dans l’Hexagone du haut-commissaire et du procureur de la République, considérés comme « les représentants de sa dictature coloniale qui sont des sources évidentes d’instabilité » ; demande du retrait « définitif » du projet de dégel électoral). La vive réaction au discours dit « rétrograde » de Sonia Backès a été ensuite rajoutée : une pièce rapportée.

La critique est en effet vive[15] : « une triste déclaration » et un « aveu de faiblesse » de Sonia Backès ; surtout la référence à « la volonté de l’opposition de reproduire à l’échelle du territoire, l’apartheid social qui sévit à Nouméa ». Cette partie est nettement plus développée dans le communiqué du FLNKS.

Et l’État, Macron et son gouvernement démissionné ?

Enfin, pas encore de réaction (toujours sauf erreur) de l’État français, ce mercredi 17 juillet en fin de matinée, sauf un article qui circule sur les réseaux sociaux mentionné sur la page Facebook de Mathias Chauchat[16] (qui reste prudent, se demandant s’il ne s’agit pas d’une fake news comme ont dit maintenant en français), surtout quant est annoncé le renvoi du Haussaire actuel et la tirade du 14 juillet de Backès. Pas de mention sur cette éventuelle éviction du Haussaire sur la Toile

Pour terminer, notons que la Télé Caledonia (certes télé de Pays, mais localisée en Province Nord et assez marquée indépendantiste) a aussi mis le temps pour réagir ; voir le replay du JT d’aujourd’hui 17 juillet (fin de soirée sur le Caillou, mais déjà disponible en Europe en fin de matinée)[17].

Benoît Trépied (souvent cité par nos billets) anthropologue métropolitain chargé de recherche au CNRS mais connaissant bien le Caillou, y donne un bon commentaire. Mais, comme tout le monde, il ne crie pas non plus au scandale et au « crime d’apartheid ». Il mentionne cependant à la fin de son commentaire, que la seule solution est bien l’indépendance-association, une troisième voie : il a sans doute les mêmes marottes ou fixettes que moi...

Là aussi, pas le moindre commentaire de cette Télé aux précédents JT de lundi à mardi : on est bien dans le Pays du Non-dit (de Barbançon) ou du dit un peu tard

En revanche, la télé Calédonie la 1ère a bien mentionné dans son JT du lundi 15 juillet[18] le discours de la veille de Sonia Backès ; mais ça vaut le coup d’œil et d'oreille : la Backès est présentée par la chaîne sous un jour affable ; elle n’a jamais parlé de partition (ce qui est vrai) mais seulement d’autonomisation des provinces ; cependant, cela devient bien difficile de vivre ensemble, et tout le monde le comprend… Tout simplement ; pourquoi tant de haine à une simple adaptation rendue nécessaire…

Après le non-dit ou le dit un peu tard, le mieux dit, bien enrobé ; pour calmer ce qui n’est, bien sûr, qu’une tempête dans un verre d’eau… Jésus aurait dit, en parlant de certains journalistes : « Pardonnez leur, ils ne savent ce qu’ils font ».

Notes

[1] L’article publié le jour même (Crise en Nouvelle-Calédonie : « l’autonomisation des provinces doit être désormais sérieusement envisagée » selon Sonia Backès dans une déclaration solennelle ce 14 juillet) ne parle que de l’autonomisation des provinces et non de partition :

https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/crise-en-nouvelle-caledonie-l-autonomisation-des-provinces-doit-etre-desormais-serieusement-envisagee-selon-sonia-backes-dans-une-allocution-ce-14-juillet-1505822.html

On peut y voir et écouter son discours de 35 minutes : une première pour un 14 juillet en Calédonie.

L’article de CNews du lendemain est plus explicite : on ne parle plus d’autonomisation, mais bien de séparation :

Nouvelle-Calédonie : Sonia Backès plaide pour une séparation des provinces (cnews.fr)

À gauche, l’interprétation du discours par la presse est la même : séparation, point ! Voir Le Nouvel Obs :

Nouvelle-Calédonie : la cheffe des loyalistes juge « révolu » le projet d’un archipel uni et plaide pour une séparation des provinces (msn.com)

[2] Elle nous apprend que le système économique et social des Kanak et donc féodal… ; une plaisanterie.

[3] Les impôts perçus sont répartis par Province, non pas en fonction de la population, mais avec un avantage très net aux Provinces Nord et Îles loyautés.  

[4] Pas un mot dans le premier article du 14 juillet mentionné plus haut, mais l’aspect fiscal est nettement évoqué par celui de CNews du 15.

[5] Voir l’article de Wikipédia :

Bantoustan — Wikipédia (wikipedia.org)

Sa lecture donne le frisson ; les Bantoustans ont disparu avec la fin de l’apartheid, dont l’indépendance de la Namibie, en 1991.

Il en est de même avec la lecture de l’article Apartheid ; voir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid

On y apprend que ce mot afrikaans, partiellement dérivé du français, signifie séparation, mise à part ; on y apprend également que « le crime d’apartheid » a été étendu par la Cour pénale internationale à toute situation où sont en vigueur « des politiques similaires de ségrégation raciale et de discrimination ». Mais pour Sonia Backès, Bof aussi la cour pénale internationale…

[6] Voir :

Crise en Nouvelle-Calédonie : la proposition d'autonomisation des provinces fait réagir - Nouvelle-Calédonie la 1ère (francetvinfo.fr)

[7] « Quand tout va mal il faut revenir à des principes simples » ; et comme Backès, elle refait l’Histoire des Accords (Matignon en 1988, c’était bien ; Nouméa en 1998, c’était moins bien) en affirmant que l’option de Sonia Backès permettrait de revenir à l’essence des accords de Matignon.

[8] Celle du Palika ; voir :

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/le-palika-condamne-la-proposition-d-autonomisation-des-provinces-de-sonia-backes

Entendre aussi celle du RDO (le Rassemblement démocratique océanien, les rares Wallisiens-Futuniens indépendantistes depuis longtemps) par la voix de son président Aloisio Sako en charge de l’animation du bureau politique du FLNKS : « Elle [Sonia Backès] veut refouler les indépendantistes à la province des Iles et à la province Nord, il n’en est pas question ».

Enfin, L’Éveil océanien (le nouveau parti communautaire des Wallisiens-Futuniens, partisan de l’indépendance, mais pas tout de suite, se contente de regretter (par la voix de Petelo Sao, élu Éveil océanien à la province Sud) le message particulier qui leur a été adressé par Backès :  « Je trouve cette intervention déplacée. La communauté d’origine wallisienne et futunienne est intégrée dans ce territoire et il n’y a pas lieu de faire des déclarations spécifiques. Je pense que le vivre ensemble nous impose d’avoir de la hauteur d'esprit, de la hauteur de vue sur la situation et de ne pas alimenter les polémiques et de cautionner les discours des extrêmes ».

À l’heure où nous bouclons ce billet, l’UC (l’Union calédoniennes) ne semble pas encore avoir réagi…

[9] On apprend le 16 juillet que Macron accepte la démission du gouvernement d’Attal qui va donc gérer les affaires courantes ; cette nouvelle, connue le mardi 16 juillet, fait le buzz. Le coup de tonnerre de Backès beaucoup moins…

On a choisi de vous donner la manière dont le magazine Femme actuelle annonce la nouvelle et la commente :

https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/emmanuel-macron-va-accepter-la-demission-du-gouvernement-attal-dans-la-soiree-que-va-t-il-se-passer-ensuite-2178480

Au fait, la proposition de Sonia Backès est-elle une affaire courante ?

[10] Voir :

https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/07/15/nouvelle-caledonie-sonia-backes-une-loyaliste-a-l-heure-des-combats-perdus_6250049_823448.html

[11] Voir :

https://www.revueconflits.com/nouvelle-caledonie-la-tentation-developpement-separe/

[12] Voir :

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/selon-caledonie-ensemble-il-est-impossible-d-autonomiser-les-provinces 

Sur la page Facebook de Calédonie ensemble qui vient de sortir en fin de matinée (heure de Paris) du mercredi 17 juin :

https://www.facebook.com/CaledonieEnsembleNC/

l’analyse est plus approfondie ; elle est titrée  Si on faisait deux petites Kanaky d’un côté et une petite France de l’autre ?

« Après avoir échoué à remporter le 2ème référendum "le plus largement possible", mais réussi à faire progresser le OUI à l’indépendance, après avoir échoué à "foutre le bordel", mais réussi à le faire subir à la population, Sonia Backes vient de recycler le projet d’apartheid du Pays, antérieurement dénommé "hyper-provincialisation", ou "partition" par Pierre Frogier. Cette vision d’avenir constituera une nouvelle impasse comme les précédentes… Une impasse constitutionnelle, politique, culturelle, humaine et historique ».

Je recommande l’analyse en livre numérique qui est donnée à la fin du bref communiqué.

[13] Ce fut un temps la volonté des tenants de l’apartheid en Afrique du Sud : renvoyer dans les Bantoustans tous les « noirs » ; ce fut tenté mais non abouti… Philippe Gomès continue : « C’est l’acte un de la partition qui a été votée par l’assemblée de la province Sud : dix ans en province Sud pour obtenir une bourse. Il y a 21 500 enfants boursiers ! L’aide médicale, c’est la même chose, dans le Nord et dans les îles, il n’y a pas de ticket modérateur, c’est gratuit ».

Sur la page Facebook du 15 juillet, seule cette position de Sonia Backès (limitation votée par la Province Sud des prestations sociales aux Kanak habitant Nouméa) était critiquée ; d’où ce que CE nomme aujourd’hui l’acte I de la partition.

[14] Voir :

Départ immédiat des militaires, retrait définitif de la réforme électorale… Que réclame le FLNKS ? | Les Nouvelles Calédoniennes (lnc.nc)

[15] La citation complète de cette critique qui apparait dans l’article n’est pas inutile (les citations du FLNKS ne sont pas données ici en italique) : « Après le Palika et Calédonie ensemble, le mouvement tient à son tour à réagir vivement à la longue allocution de Sonia Backès, dimanche 14 juillet, prônant notamment une autonomisation des provinces. "La triste déclaration de ces derniers jours est clairement un aveu de faiblesse de l’opposition, qui n’a eu de cesse de cumuler les échecs politiques en s’enfermant dans des discours rétrogrades, prouvant leur méconnaissance flagrante de l’histoire et démontrant leur déni de la culture kanak et océanienne", martèle le FLNKS, pour qui, au contraire, le consensus doit être "une trajectoire qui nous mènera tous peu importe notre origine vers notre pleine et entière souveraineté". Le Front souhaite d’ailleurs "réaffirmer" aux Calédoniens "sa vision d’une Kanaky indépendante" qui "s’inscrit clairement dans le cadre d’un pays un et indivisible, d’un peuple Kanak riche de sa diversité identitaire, ethnique et culturelle et d’un gouvernement élu démocratiquement par son peuple."

À travers la proposition de la présidente de la province Sud, le camp indépendantiste dénonce enfin "la volonté de l’opposition de reproduire à l’échelle du territoire, l’apartheid social qui sévit à Nouméa" et regrette "l’échec" de l’Accord de Nouméa qui est, selon le Front, "le bilan politique des anti-indépendantistes majoritaires" depuis 1988 ».

[16] Voir :

https://www.facebook.com/photo/?fbid=122113808306368167&set=a.122097742268368167L’tricle L’article qui circule (que l’on peut lire sur le Facebook de Chauchat) s’intitule Macron continue de casser du Caillou.

[17] Voir et entendre :

https://www.caledonia.nc/les-replays/le-jt

[18] Voir et entendre :

https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/programme-video/la1ere_nouvelle-caledonie_journal-de-19h30-de-nouvelle-caledonie/diffusion/6259715-edition-du-lundi-15-juillet-2024.html

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