Patrick Gabriel

Abonné·e de Mediapart

48 Billets

0 Édition

Billet de blog 5 mai 2011

Patrick Gabriel

Abonné·e de Mediapart

DSK meilleur candidat... de la droite!

Vie politique (au sens noble) en coma dépassé; Agitation médiatique et sondagière auto-alimentée par d'uniques considérations mercantiles, sans contact avec la réalité sociale, économique et culturelle de la France de 2011-12; Primauté du spectacle, de la mise en scène, de la composition scénarisée sur la vérité du vécu des citoyens de la République; fantasmes contre réalité, "révélation" contre "immanence"....

Patrick Gabriel

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Vie politique (au sens noble) en coma dépassé; Agitation médiatique et sondagière auto-alimentée par d'uniques considérations mercantiles, sans contact avec la réalité sociale, économique et culturelle de la France de 2011-12; Primauté du spectacle, de la mise en scène, de la composition scénarisée sur la vérité du vécu des citoyens de la République; fantasmes contre réalité, "révélation" contre "immanence"....

Dans ce jeu d'ombres et de lumière artificielle, l'histoire immédiate n'est qu'un produit de consommation comme un autre qu'il convient de doter du plus séduisant emballage et de placer à la meilleure place en tête de gondole médiatique, pour en assurer l'écoulement massif porteur de substantielles plu-values de tous ordres.

Et peu importe l'étiquettage, vrai ou faux, c'est la substance qu'il faut faire avaler au plus grand nombre. La voie pour y parvenir se doit d'être double. Son tracé "officiel et public" sur la carte, est un leurre, quand la route, la vraie, qui n'épouse en rien (hormis les points de départ et d'arrivée) la ligne dessinée, est souterraine, invisible.

La contemporanéité de la France, à 12 mois des échéances présidentielle et législative, est à la fois singulière au regard de son Histoire -celle de la République- et commune dans le concert des nations occidentales, riches et développées, dysfonctionnant sur le modèle néo-libéral que dirige un capitalisme financier trans-national sans foi ni loi, dans une économie globalisée par ses soins.

Les tenants "français" de ce capitalisme financier - la "bourgeoisie financière" par opposition à son ancêtre "industrielle"- dont l'unique objet est le maintien et développement de ses privilèges et richesse contre les intérêts du plus grand nombre et donc de son propre pays, a placé au pouvoir en 2007, le petit contre-maître que l'on sait.

L'individu, tout entier forgé par cette nouvelle caste (néo-conservateur bushiste avec un passeport français, inculte et sans valeurs porteuses ou portantes, autre que celles du veau d'or) fut doté d'une feuille de route politique simpliste:

- La défense absolue des intérêts de la classe dominante passant par la transformation de la République à vocation sociale en République ploutocratique mélangeant intérêts privés et publics, l'affirmation du pouvoir personnel, autrement appelé "présidentialisation du régime", la subordination à peine feinte à l'impérialisme américain et à sa structure armée, l'OTAN, supposant les dérives aventurières ou "croisades" militaires en cours (Afghanistan, Libye, Côte d'Ivoire) toutes plus insensées et injustifiables les unes que les autres.

- La Raison de l'Histoire -

Mais on ne bouleverse pas ainsi l'Histoire, la Culture d'un peuple, d'une Nation, même si ce peuple et cette Nation se sont laissés abuser, le temps d'une élection, par un discours populiste très bas de gamme porté par une sphère médiatique formatée et contrôlée, idéologiquement et financièrement, par cette "bourgeoisie financière".

Le volontarisme servile du petit contre-maître à l'égard de ses vrais maîtres, allié à sa névrose narcissique à tendances paranoïaques, a produit dans l'opinion, au fil des 4 ans écoulés, l'effet contraire à l'effet escompté au rythme effréné de ses dérives outrancières dans tous les domaines.

Les puissances d'argent qui, en matière d'économie et de politique sont prisonnières de leur unique stratégie du profit à court terme, n'y ont vu longtemps que du feu du haut de leur "Olympe Global" (pour reprendre l'expression de Guillaume Bachelay, le rédacteur du projet socialiste).

Mais la dégringolade est là et elle est irréversible pour qui comprend que ce n'est pas une opinion capricieuse qui boude passagèrement le petit homme, mais le coeur éternel de la France qui rejette ce greffon incompatible avec son génome.

Pour ne pas s'en être alarmé plus tôt ou pour avoir trop longtemps laissé la bride sur le cou de ce poney d'orgueil, le capitalisme financier voit fondre comme neige au soleil ses prétentions à conserver le pouvoir politique en 2012.

Dans la panique, il a tenté de mettre subrepticement Fillon en piste. La première marche fut son maintien à Matignon -imposé au petit maître- lors du pseudo remaniement de l'automne 2010 qui aurait pu augurer de sa prochaine candidature en 2012.

Mais, las ! Le peu d'épaisseur politique du Sarthois-paillasson (qui ne vise plus maintenant qu'un siège de député dans la circonscription des 5e, 6e et 7e arrondissements parisiens), a fait le reste. Quant aux Borloo, Coppé et autres Bayrou, n'en parlons même pas...

- DSK par défaut -

La droite politique ne peut plus gagner en Mai 2012. Elle n'a pas de candidat et plus le temps d'en dénicher un qui, de toutes les manières, devrait afficher d'entrée -pour avoir la moindre chance d'être pris au sérieux- une rupture de façade avec les contre-valeurs de l'actuel locataire de l'Elysée.

La seule solution est d'aller quérir -dans la coulisse et dans l'autre camp- celui qui tout en s'affichant "de gauche", saura limiter les dégâts pour les plus riches et maintenir la France dans un système marchand (certes teinté d'une approche sociale charitable) dont il est l'un des grands représentants mondiaux à la tête du FMI.

C'est cette démarche qui est en cours.

Comment autrement comprendre, expliquer, justifier les raisons de la formidable campagne sondagière et médiatique, dont DSK (faire sonner l'acronyme comme JFK !) fait l'objet depuis plusieurs mois ?

Quelle action (autre que la mise positive à profit de l'embellie économique entre 1997 et 1999 à Bercy), quelle pensée, quelle déclaration -passée ou actuelle- peut expliquer sa présence virtuelle et permanente et enluminée dans l'actualité hexagonale ?

Quel programme politique, économique, social, culturel salvateur serait le sien qui, distillé par ses affidés, justifierait ce tapage diurne et nocturne et cette position soi-disant dominante dans toutes les enquêtes d'opinion ?

César, sauveur suprême, tribun sans voix des médias contrôlés peu ou prou par le grand capital financier, DSK est le candidat par défaut et non déclaré de la bourgeoisie financière.

Il conviendrait de faire un sondage auprès des seuls adhérents du MEDEF avec cette unique question: "Sarkozy ou DSK ?". Ne doutons pas du résultat et tout serait dit !

Militants, adhérents, sympathisants du PS et de son programme qui allez vous exprimer lors des primaires:

- Souvenez-vous que DSK fut l'un des artisans (avec Jospin et Fabius) du sabordage en 2007 de la campagne de notre candidate démocratiquement désignée, Ségolène Royal, et de son échec.

- Souvenez-vous qu'il a été nommé à la tête du FMI avec l'aide et la bénédiction de Sarkozy, donc de ses vrais maîtres en coulisse.

- Souvenez-vous qu'il n'a jamais pris la moindre distance théorique avec les sacro-saintes lois du marché érigées en unique moteur de l'économie mondiale, et qu'il ne saurait envisager la mise en oeuvre du moindre protectionnisme rééquilibrant le "global", même à l'échelle européenne.

- Souvenez-vous que sa fortune personnelle (ou familiale par alliance) lui interdit de recueillir les suffrages de l'immense classe des défavorisés et laissés pour compte, ce sel de la terre qui est la raison d'être de toute formation de gauche progressiste.

Il ne s'agit pas ici de faire montre de suspicion, mais bien d'exposer des faits immanents, avérés et incontournables.

La "vox mediati" n'est pas la "vox populi". La première propulse maintenant le Directeur de FMI comme le seul candidat d'évidence du PS, méprisant à la fois les autres, mais aussi ce peuple de gauche qui est appelé à se prononcer lors des Primaires.

C'est le résultat de ces Primaires qui décidera de l'avenir de DSK et par voie de conséquence de la politique de la France après 2012, pas MM. Lagardère, Dassault, Arnault ou la banque Lazard.

Oui, DSK est sans conteste le meilleur candidat... de la droite.

Eliminons-le d'entrée et occupons-nous de la sortie du fâcheux épisode de l'Histoire de France qui s'écrit à force de ratures depuis 2007.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.