Macron/Pétain: quand l'imbécillité confine à l'indécence historique

La consternante «tournée mémorielle» du locataire de l'Elysée sur la ligne de carnage de 14-18, donne lieu à un tragique festival d'idées reçues et éculées qui sont autant d'insultes à ces millions d'hommes de tous pays envoyés à la solution finale par l'axe capitalisto-politico-militaire européen.

L'écume des vagues est rouge-sang. Pleuvent les substantifs falsifiés qui occultent les profonds courants marins de l'Histoire: "patrie", "héros", "grands soldats", "sacrifice" et enfin et surtout "victoire", "victoire"...Oser clamer encore en 2018 que Pétain fut un "grand soldat" (donc lui rendre hommage) ne sera pas pour déplaire à toute la fachosphère, culottes de peau et adjudants de mes fesses, qui relèvent la tête en ce premier quart du XXIe siècle. Ajouter benoîtement pour tempérer que ce "maréchal nous voila" a cependant opéré de "funestes choix" pendant la seconde tragédie du XXe siècle ne change rien à l'affaire.

En écrivant ces mots, je ne pense pas à moi, ni à vous qui me lisez, mais à ces enfants et ados -en général fort peu férus d'histoire- qui risquent de prendre pour argent comptant les inepties macroniennes coulées dans un roman français que l'on peut qualifier aujourd'hui de gigantesque "infox" et que la bourse, le sabre et le goupillon ont écrit bien avant que leur auteur n'apparut dans les organes reproducteurs de son ascendance.

Le vainqueur de Verdun ? 700.000 victimes, tués et blessés Français et Allemands sans que l'homme aux galons, à la moustache et surtout aux jumelles, bien planqué à distance plus que respectable du front, voyeur et organisateur de la boucherie, n'eut lui-même ressenti le souffle de l'obus, du shrapnel, entendu le staccato infini de la mitraille et les hurlements des hommes broyés par l'acier ou suffocant dans les gaz et les bourbiers.

Cet homme là un "vainqueur" ? non, un "immémorial killer" en uniforme, mister micro-Macron, qui enfanta quelque vingt années plus tard -mais est-ce surprenant ?- l'un des plus grand et sanglant déshonneur de l'histoire de France: la collaboration avec l'horreur nazie.

Et parler encore de "victoire" de la France en 1918 (une vingtaine de millions de morts et blessés à égalité entre les empires centraux et les alliés) cela a-t-il un sens mister président de mes deux ? Et la suite, grand-petit sot, l'inique et délirant traité de Versailles, génocide économique d'un peuple et d'un pays dont les effets -ajoutés à la crise de 1929 aux Etats-Unis et le retrait massif des capitaux américains de la machine économique allemande- a pris la république de Weimar en tenaille et favorisé la venue de qui tu sais....

Il y a quelques jours, ce jeune benêt se risquait, l'air pénétré de tout son non-savoir, à jouer de la comparaison qui n'est pas raison avec les années trente, au grand dam des historiens, les authentiques, que l'on a moins entendu que lui, serviteurs obséquieux des médias oblige.

Mais les années trente, tu as les deux pieds dans le bourbier de leur matrice en parcourant aujourd'hui cette ancienne ligne de front où tu ne perds pas une occasion de la mettre en veilleuse.

Et puis tu nous annonces que tu vas faire entrer Maurice Genevois au Panthéon. Pourquoi pas ! Mais pourquoi pas aussi Henri Barbusse, Roland Dorgelès et aussi Erich Maria Remarque (A l'ouest rien de nouveau). Avec ce dernier, fils du pays de Goethe, ça aurait de la gueule le pied de nez à la barbarie de la guerre franco-allemande et à ces généraux des deux côtés, décorés comme des arbres de Noël.

Bon, aller, tais-toi Macron qui -ainsi que titre le Canard-, "caresse les Français dans le sens du poilu" en espérant grappiller quelques misérables points supplémentaires dans les sondages.

Laisse les innocentes victimes de la barbarie militaire, religieuse et capitaliste dormir en paix et remonte dans ta chambre...!

 

 

 

  

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