-NE PAS SE TROMPER DE SCRUTIN-
Si le lectorat de Mediapart devait représenter un échantillon représentatif de l'électorat des 1er et second tours des Primaires Citoyennes, la plus grande inquiétude serait de mise pour dimanche prochain.
Tous les débats, réactions, échanges, confrontations politiques sont évidemment salutaires et témoignent, dans ces colonnes comme ailleurs, de la vitalité de la pensée démocratique de nos concitoyens et de leurs aspirations --trop longtemps étouffées, baillonnées-- à participer de nouveau à la vie de la cité.
Le premier tour des Primaires l'a très largement démontré.
Certes, depuis une quinzaine de jours, la droite autoritaire qui gouverne le pays depuis 5 trop longues années, a été complètement éradiquée des médias --situation absolument inédite mais qui ne saurait perdurer-- hors, ici et là, quelques déclarations et réactions tentant de minimiser le caractère massif de ces primaires, dont la teneur foncièrement malhonnête le dispute au ridicule et au grotesque.
Mais c'est bien cette droite en débâcle et son chef omnipotent, fossoyeur de la République et de ses idéaux, qu'il conviendra de balayer définitivement en Mai 2012.
Là est le seul et unique coeur de cible du scrutin présidentiel à venir, pour tout Républicain conséquent.
Là et nulle part ailleurs se situe la priorité des priorités de ces élections du printemps prochain, leur donnant du même coup une coloration "historique" car porteuses d'un concept fortement ancré dans notre mémoire collective, celui de "Libération".
Or, il reste 7 mois pour libérer notre pays de cette petite oligarchie ploutocratique et médiocratique --sans culture, sans foi ni loi, hormis celle du veau d'or jusqu'à la caricature-- qui conduit notre pays et son peuple à la ruine économique, sociale et morale (républicaine, solidaire, fraternelle, s'entend).
Oui, 7 mois et non 4 jours, ainsi qu'un Martien pourrait le croire si, débarquant de son vaisseau spatial, il lisait les commentaires divers et variés du lectorat de Médiapart concernant le second tour des Primaires citoyennes, dimanche prochain !
Non, le second tour des Primaires n'est pas le second tour des Présidentielles françaises opposant François Hollande à Martine Aubry.
Oui, il désignera --nous désignerons, élirons, propulserons, nomminerons-- l'un des deux qui portera les couleurs de l'espérance, du progrès, de la République rétablie dans ses valeurs piétinées, face à un certain Sarkozy, dont le patronyme a fort dangereusement disparu du débat des Primaires, entre la majorité des lectrices et lecteurs de Médiapart.
"Mou" contre "dure", "déterminée" contre "flottant", "volontaire" contre "hésitant", "gauche" contre "centre-gauche", "homme de synthèse" contre "femme de conviction".... Les qualificatifs font rage. L'un pousse l'autre. On se les jette au visage comme des pavés sur les flics....
On oublie que Hollande et Aubry appartiennent à la même famille de pensée, au même parti socialiste, qu'ils ont adhéré l'un et l'autre au même même projet-socle-commun de gouvernement du PS.
On confond l'amont et l'aval.
On mélange "nomination" et "élection" pour le plus grand amusement de celui qui --bien que définitivement délégitimé, disqualifié, décrédibilisé dans sa fonction-- n'en demeure pas moins l'homme à abattre qui vient de s'autoriser une pseudo-leçon de Ve République à ses ennemis de gauche.
Amies et amis de Médiapart, la seule question digne d'être posée et pesée avant dimanche 16 octobre 2011, est de savoir qui, de François Hollande ou de Martine Aubry, est le plus à même de rassembler --envers et contre tout et dans 7 mois-- 50,1 % de l'électorat français, pour jeter aux poubelles de l'Histoire celui qui n'aurait jamais dû occuper la haute fonction qui est la sienne, depuis 2007.
Quant aux "différences" ressenties, alléguées, présupposées, avérées ou non entre nos deux candidats socialistes à la candidature suprême, nous verrons plus tard. Laissons les idiosyncrasies --les leurs et les nôtres--de côté.
Le seul choix est celui de l'efficacité pour atteindre notre but commun.
L'heure --grave-- n'est en aucun cas aux querelles partisanes de chapelles qui ont tant nuit au PS et à la gauche dans son ensemble.
La seule conviction qui doit --à ce stade du combat politique pré-électoral-- nous animer et nous mobiliser, c'est d'en finir avec Sarkozy et sa clique catastrophique pour la France.
Nous devons donc prendre toutes les dispositions utiles et nécessaires pour y parvenir, y compris en mettant en veilleuse nos petites préférences et attirances personnelles au profit du sauvetage collectif et impératif.
Et gageons que François Hollande ou Martine Aubry, sauront, à la tête de l'exécutif, préserver et dynamiser le débat démocratique national retrouvé et renouvelé, qui a éclos sur le terrain de ces Primaires Citoyennes et qui leur donne leur incontournable caractère historique.
Patrick Gabriel