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Billet de blog 16 mai 2011

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LES CHIENS......

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

"Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens, l'honneur d'un homme...."

Va-t-il falloir poursuivre la citation de François Mittrerrand aux obsèques de Pierre Bérégovoy, "...et finalement sa vie...", pour que les chiens que nous sommes tous soient enfin rassasiés ?

Ayant commis ici il y a quelques jours un blog "DSK, meilleur candidat... de la droite !", tout entier consacré à une analyse politique -et exclusivement politique- de la candidature putative du Président du FMI aux Présidentielles de 2012, je m'autorise aujourd'hui ce plaidoyer en faveur du présumé innocent, victime depuis 48H et selon les mots exacts de Jean-Pierre Chevènement, d'un "effroyable lynchage planétaire".

Ce que je sais de cette affaire sur le fond, c'est que je ne sais rien, absolument rien.

Mais ce que je vois sur la forme et à ce stade de la procédure amérikkkaine enclenchée par les flics du New York Police Department (NYPD), c'est un historique et mondial déni de justice (dans sa lettre la plus élémentaire), déversé sur la tête de DSK et répété, amplifié à un niveau jamais atteint, par les mille et un moyens de communication et diffusion du monde entier.

Comme "l'unique cordeau des trompettes marines", nous n'avons entendu depuis l'aube de dimanche, qu'un seul et unique son, une seule et unique version des faits supposés et accusatoires, intervenus dans la suite VIP de l'hotel Sofitel à Neew York: celui d'une obscure femme de ménage "bien sous tout rapport" -nous dit-on- se déclarant victime des faits par elle rapportés et par voie de conséquence devenus virtuellement exacts dans l'imaginaire collectif de milliards d'êtres humains, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, blogueurs de la planète bleue.

En d'autres termes, la justice mondiale ne se décline depuis deux jours, que sur le mode accusatoire, donc anglo-saxon et en l'espèce étatsunien. On peut, pour le moins, parler "d'offensive judiciaire impérialiste" toute entière accueillie à bras ouvert par la foultitude des médias des pays envahis (dont le notre), quelque soit leur propre système judiciaire, leur propre Droit, leur propre culture (en ce qui concerne la France, le mode inquisitoire instruisant à charge et à décharge).

Ah... "décharge" ! Un mot honni (physiologiquement aussi...) et un concept ignoré au pays des cowboys, de la peine de mort, des armes en libre circulation, du "in God we trust" et des armes de destruction massive de Saddam Hussein.

"Coupable, forcément coupable..." est le message d'outre atlantique qui balaye le monde comme un gigantesque tsunami, appuyé sur une "culture" puritano-parpaillotte dont la duplicité -en matière de moeurs- n'a d'égal que celle en oeuvre au royaume wahabite intégriste musulman saoudien.

Reste qu'au moment où j'écris ces lignes, DSK est pendu haut et court sans avoir pu dire un seul mot pour sa défense, sans avoir pu tenter de se disculper à la face du monde, sans pouvoir donner tout simplement sa version des faits qui vaudra bien le moment venu, celle de son accusatrice.

A ce moment, et à ce moment seulement, pourra débuter la procédure de jugement (y compris celle de l'opinion), d'évaluation des faits, de mise en opposition des scenarii, bref de ce que nous appelons en France l'instruction à charge et à décharge (que voulait supprimer sarkozy en supprimant le juge d'instruction !).

Mais pour le moment et compte tenu du formidable déni de justice dont DSK est victime à ce stade de l'affaire (non de la part de son accusatrice, mais du système flicard, judiciaire, médiatique étatsunien tout entier et son cortège de collabos étrangers) nous ne pouvons que dire:

"Non coupable, forcément non coupable" !

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