Mélenchon: la conjuration des imbéciles

Oui, mon titre est emprunté à John Kennedy Tool dont le livre culte "A confederacy of dunces" est paru post mortem en 1980 et a fait souffler sur le monde des tartuffes de la "bienséance" et de la "bien-pensance", un ouragan qui serait bienvenu aujourd'hui dans notre hexagone étouffé sous les gaz à effet de serre du mensonge, de la duplicité et en un mot de l'imbécillité.

Tool, dont le héro est coiffé de la même chapka que Capitaine Marleau ( à croire qu'avoir la tête près du bonnet peut-être salutaire) fut inspiré par cette pensée de Jonathan Swift: "quand un véritable génie apparait en ce bas monde, on le reconnait à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui".

J'en viens maintenant au "Méluche bashing", non que le substantif "génie" dans son acception des 17e et 18e siècles ne soit ici de mise concernant le chef de la FI, mais parce que, en revanche, et du stricte point de vue politique, sa définition générique contemporaine plus élargie ne me semble pas en contradiction avec la personne de JLM: "personne qui se démarque de façon exceptionnelle, par un ou plusieurs talents".

Restons terre à terre pour simplement constater qu'en 10 ans, le socialiste en rupture de ban avec le PS en 2008, s'est imposé -qu'on l'aime ou le déteste- chef de l'opposition de gauche au pouvoir ultra-libéral à qui il donne des sueurs froides, mais aussi comme le seul et unique tribun de ce pays où le verbe est ou était roi et a toujours accompagné les grands bouleversement de son histoire.

Le, les talents de Méluche sont donc incontestables, encore une fois qu'on le porte ou non dans son coeur.

Retour à Swift et Tool en traçant deux colonnes: les imbéciles conscients et les imbéciles inconscients. Chez les conscients, c'est à dire consciemment actifs d'imbécillité, on compte dans la sphère politique du haut en bas, toutes celles et ceux que de tous temps le rouge effraye, empêche de dormir depuis des générations, et qui sont encore actuellement aux manettes de nos destinées citoyennes.

A titre d'exemple, notons au passage le cas d'imbécillité d'espèce Fillon qui, en 2008, déclarait alors qu'il était frais émoulu "collaborateur" de son petit mentor: "nous avons gagné la bataille de l'idéologie..." (sous entendu contre 68 et 36 et pourquoi pas le Conseil National de la Résistance, bref, la République sociale). La suite concernant ce pitoyable personnage n'appelle aucun commentaire

Mais on compte aussi, dans la même colonne, le quatrième pouvoir -la presse dans tous ses états et désormais les réseaux tartempion ou tartemolle...etc- celles et ceux qui y sévissent "en mission" pour, sous couvert -ainsi qu'un curé pédophile de sa soutane- d'informer, désinforment à tour de bras sur ordre consenti et exercent le savant métier stipendié de courroies de transmission des actes et pensées du et des princes.

Mais paradoxalement, car ils sont clairement identifiés pour peu que l'on se décille un peu, cette petite armada de la première colonne n'est pas -ou plus- la plus dangereuse.

La seconde colonne, celle de l'imbécillité inconsciente, c'est une autre histoire ! Elle est quasi impossible à comptabiliser ainsi que les gouttes d'eau dans un long fleuve qui sort de son lit et engloutit tout sur son passage, charriant des eaux qui se veulent pures en surface, mais fort polluées en profondeur.

Et pour y voir clair dans cette bouillasse de faux bons sentiments, de morale, de philo à deux balles, de "moraline", de "valeurs"   héritées et tenaces d'un judeo-christianisme décadent et why not d'un islamisme nouveau et intéressant à visage humain non voilé, il faut plonger dans cette eau de vaisselle. Alors plongeons...mais avec un masque d'insoumis.

Oui, l'oxygène nécessaire, en ces bas-fonds a pour noms refus de se soumettre, se rebeller, penser par soi-même et s'il le faut contre soi-même, piétiner les fausses évidences de la "révélation" pour ne s'en tenir qu'à l'immanence, à l'empirisme, à l'expérience de l'Histoire, au matérialisme de la raison -très dialectique- et trouver les mots pour le dire et les actions pour le faire.

A ce titre, le court-métrage en courts épisodes vidéo des perquisitions chez les insoumis et ce qui en a résulté, constitue une formidable leçon de choses.

Il illustre et condense une certaine idée de la Liberté, celle des Lumières, chez les victimes de cette opération policière sans précédent et hors de proportion, -mais "légale" du point de vue du droit, ce que n'ont jamais contesté JLM et ses amis-.

Mais cet épisode croquignolesque a provoqué de façon quasi épidermique un tsunami (non dans la population mais chez les squatters attitrés des télés et radios, plus quelques plumitifs qui parlent en son nom) de haut-le-coeur et haut-le-corps, de réactions faussement outrées avec à l'appui et pour l'exprimer, une consternante perte de contrôle de la réalité avec une accablante et ridicule "falsification des épithètes" comme le disait Paul Valéry parlant de la publicité.

(Un Premier ministre soi-disant boxeur a parlé de "grande violence", lui qui n'a vraisemblablement jamais ramassé une mornifle appuyée...)

Quant aux causeurs salariés des télés qui y sont, en immense majorité, allés de leurs cris et de leurs lamentations, rappelons qu'en ce qui concerne les titulaires de la carte de presse professionnel, ils sont -là encore en majorité- issus(es) de classes sociales favorisées et formatés dans des "écoles" de journalisme ou souffle ce qu'on appelait "l'idéologie dominante" qui coule inconsciemment dans leurs veines.

D'où le "fais pas ci, fais pas ça", avant édicté par le curé, le rabbin ou le mollah et maintenant par l'air du temps, les mauvais-bons sentiments très démocrates et de moins en moins républicains, toute cette lie venue d'outre-Manche et Atlantique avec le libéralisme parpaillot et ses innombrables sectes débiles et donc imbéciles qui prennent de plus en plus pied dans la patrie de St Just, Voltaire et Hugo.

"Créer c'est résister, résister c'est créer...." Cette parole d'évangile qui fait plier les imbéciles, JLM et les Insoumis la portent haut et fort, épaulés par l'Histoire de notre révolution et de notre République.

 

   

 

 

 

 

 

 

   

 

 

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