PAS DE VIANDE EN CANTINE SCOLAIRE A LYON

Curieuse polémique entretenue par nos politiciens que celle inspirée par l'absence de viande décidée par la Mairie de Lyon pour les cantines scolaires dont l'alimentation offerte est, au demeurant, parfaitement équilibrée.

Curieuse polémique entretenue par nos politiciens que celle inspirée par l'absence de viande décidée par la Mairie de Lyon pour les cantines scolaires dont l'alimentation offerte est, au demeurant, parfaitement équilibrée.

Après la maladie de la vache folle, une infection dégénérative du système nerveux transmissible à l'homme par l'ingestion de viande bovine, qui a marqué les années 1986 à 2000 en Angleterre et en France; après la grippe aviaire qui a contraint à l'abattage de  millions de poulets en Asie au milieu des années 2000; après la peste porcine  qui a contraint un pays comme la Chine à abattre la moitié de son cheptel en 2019; enfin, à l'heure du Covid 19, transmis à l'homme par un animal, il y a encore des voix qui s'élèvent en faveur de la consommation de viande.

 Toutes les grandes pandémies viennent de l'animal et il faut s'attendre à un futur encore plus sombre si un frein n'est pas imposé à la dizaine de grands groupes industriels qui dominent le marché de la viande (bovins, porcs, chèvres, poulets). Il ne s'agit plus d'agriculture. Il faut visiter les " fermes " d'élevage de porcs à Guainang, en Chine, où les porcs sont confinés dans des édifices de neuf étages hors sol et douze étages en sous-sol, sans jamais voir la lumière du jour, pour s'en rendre compte. Il s'agit d'une industrie curieusement assujettie aux règles plus laxistes de la production agricole. Une industrie polluante et dangereuse (80% des antibiotiques consommés aux Etats-Unis sont destinés à l'élevage et à la pisciculture, une consommation qui réduit l'efficacité des traitements antibiotiques pour l'homme), dégradante (un cinquième de l'Amazonie détruite en moins de cinquante ans par l'extension des cultures du soja et du maïs destinées à l'alimentation du bétail; une zone marine de 10 000km2 dans le golfe de Mexico déclarée morte en raison des déchets agricoles transportés par le Mississipi), dénaturant nos campagnes, sans égards envers les animaux traités et abattus en fonction des lois du marché dans des conditions déplorables ( 700 000 porcs gazés par jour en 2020 dans l'Etat du Iowa en raison de mévente; 17 millions de visons gazés au Danemark en 2020 en raison alléguée de leur dangerosité dans la propagation du Covid 19).

L'impact de cet élevage bovin, porcin et ovin sur le plan sanitaire a été étudié par les meilleures universités et institutions de médecine; l'ingestion de viandes augmente les risques de  maladies cardio-vasculaires, de cancers, d'arthrose, de diabète. Les études menées dans le cadre des travaux menés par les universités d'Oxford et de Cornell en Chine (Oxford-Cornell-China Study) sur les bienfaits d'une alimentation à base de plantes (grains, fruits, légumes) est sans appel. Il est grand temps que la consommation de viande des ménages baisse: il s'agit d'un impératif sanitaire et environnemental. Le lobby manifesté par des membres du gouvernement en faveur de l'industrie de la viande dont on présume qu'il s'agit d'une démarche électorale  destinée à rallier les producteurs locaux est d'autant plus captieuse que des traités de libre échange sont signés parallèlement avec les plus grands exportateurs de viande (Brésil, Argentine, Canada, Etats-Unis).

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