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Billet de blog 11 mars 2020

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L’écologie politique, sera participative ou ne sera pas.

Une analyse du désastre EELV à Montpellier symptomatique de ce qui fait de EELV toute entière une machine à perdre électorale. Et aussi une note d'espoir, ou plutôt une bouteille à la mer, les Doomers, ceux qui pensent que tout est foutu, deviendront-ils des Bloomers, ceux qui feront refleurir l'avenir ?

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La planète brûle et EELV se trouve bien dans son petit coin d’opposant ! à Paris 13 % dans les sondages et EELV se félicite de son score... A Montpellier, 3 listes pour une défaite annoncée : Il va falloir se réveiller !

Le problème EELV est culturel... ceux qui se sont engagés dans l’écologie dans les années 70 et 80 l’ont fait pour être opposants.

Aucun ne veut gouverner !

La cause de ce désastre et je te tutoie, car moi aussi je milite pour l’écologie, je vais te la décrire sans détour : Si tu gagnes une élection, tu te retrouves à faire de l’écologie, c’est-à-dire : le contraire de ce que ce système néo-libéral fait…

  • Tu augmentes le prix des transports polluants, avion, bus, voiture... et la consommation futile.
  • ET tu ralentis l’économie, renonce aux accords multilatéraux de libre échanges comme le CETA.
  • Tu fais payer plus d’impôts, pour subventionner les agriculteurs et les faire passer à l’agriculture durable et biologique...
  • Tu augmentes les aides sociales, les bas salaires, pour compenser la hausse des prix que tu as provoquée.

Et tu... te trouves un ministre de l’économie qui a une baguette magique pour faire les comptes. Parce que tu défends l’Europe, mais c’est Bruxelles qui te fout dehors avec tes 10 points de déficit budgétaire !

Les années 1981 - 1983 de Mitterrand étaient de la guimauve comparée à ce que nous devons mettre en place. Alors du coup, tu hésites, confortablement installé dans tes certitudes d'opposant, sans te donner les moyens d'appliquer la seule politique qui pourrait nous sauver. 

Tu as fait d'EELV une machine à perdre, alors qu'aujourd’hui une majorité de Français font de l’écologie leur priorité. Ils veulent un gouvernement qui réponde à l'urgence du dérèglement climatique, à l'effondrement du vivant, ils veulent un avenir pour leurs enfants.

Je me souviens avec amertume de la campagne d'Éva Joly, à qui les marketeurs politiques ont imposé de changer de couleur de lunettes en pleine campagne et de sa chute dans les sondages. Je me souviens  d'une conversation avec Danny, où je lui demandais s'il faisait exprès de si mal soutenir la candidate EELV aux législatives en 2012 que nous accompagnons à un meeting, pour l’entendre me répondre que la France n’était pas assez mûre pour l’écologie politique et que le rôle d’EELV c’était d’éviter un 21 Avril 2002 bis.

Au niveau local, à Montpellier, quand je vois Coralie Mantion tête de liste EELV faire campagne Bobo chic, en mode pub année 90 pour un yoghourt à boire et dire le pouce l’air et avec un beau sourire dents blanches : « l’écologie c’est positif »... j’ai mal pour elle. J'ai mal pour l'écologie.

Quand je vois Clotilde Ollier l’autre candidate au logo EELV de la même ville dont elle a remporté la primaire, faire une campagne violente et agressive pour porter des mesures sociales radicales cachées sous un vernis vert. Cette candidate que vous avez déclarée traitre aux valeurs de l'écologie quelques semaines après l'avoir confirmée devant la Gare de Montpellier avec la venue de Yannick Jadot. Je suis paumé. 

Quand je vois Jean-Louis Roumegas qui a perdu la primaire qu’il a lui-même organisée, monter quand même sa liste contre EELV au lendemain de sa défaite, et faire semblant de pouvoir concilier collapsologie et sociale démocratie. Je suis trahi. 

Je ne suis qu'un adhérent et je sais que nous mentons aux électeurs comme nous nous mentons à nous-même. Chacune de ces trois listes est responsable de cette explosion de l’écologie politique locale à Montpellier. En février 2020 Sandra Regol, descendue de Paris nous chaperonner et interdir aux adhérents locaux de s’écouter de se dire leurs ressentis pour trouver une solution locale, n'a rien résolu. Pendant cette AG catastrophique, j’entendis justifier le retrait du soutien EELV à la candidate Ollier alors qu'elle était donnée gagnante aux élections municipales d'après tous les sondages par le fait qu'elle était : « trop à gauche et qu'il faut préparer les présidentielles ! » par des caciques locaux.

A cette occasion, j’ai compris que EELV n’est là que pour perdre et se contenter des confortables sièges de l’opposition politique.

Il est temps de dire la douloureuse vérité aux électeurs, l’écologie politique demandera aux citoyens de faire des sacrifices, il faut vivre autrement et si nous n’arrivons pas à mettre l’écologie au pouvoir, dès aujourd'hui, alors les citoyens de ce pays subiront l'avenir dans lequel nous emmène cette société ivre de croissance. Au niveau municipal, nous devons inventer demain, mettre en pratique un nouveau quotidien, préparer les villes aux chocs des canicules, des inondations et porter des projets alternatifs, financer des expérimentations pour faire éclore une nouvelle économie.

Sinon, nous ne ferons que subir et famines, guerres, déplacement de populations, s'enchaîneront jusqu'à ce que l’économie toute entière s'effondre. Ne vendons pas du rêve, les électeurs méritent mieux que des joueurs de pipeau.

Pour arriver au pouvoir et agir,  il faut que l’écologie soit portée par un mouvement citoyen participatif seul capable de fédérer les électeurs dans une démarche partagée. Sinon nous serons confronté et nous perdrons face à des mouvements d’opposition à nos mesures de sauvegarde de ce qu'il reste de notre planète.

Si EELV ne change pas de logiciel, il faudra inventer une nouvelle alternative écologique, prendre ce risque de division, car nous ne pouvons pas rester dans l’impasse, quand la biodiversité s’effondre, quand le changement climatique s’extrême.

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