Le Sénégal à HEC !

L'association des anciens élèves du groupe HEC recevait lundi 5 octobre Mbagnick Diop, conseiller de la République du Sénégal et président du Meds, l'équivalent du Médef, afin de dresser les opportunités d'investissement au pays de Senghor.

Mbagnick Diop sur le campus de HEC lors de sa conférence du 5 octobre. Mbagnick Diop sur le campus de HEC lors de sa conférence du 5 octobre.
Le Sénégal est plus que jamais dans la course ! Il est d’attaque pour "une croissance retrouvée en associant tous les acteurs de la vie économique et politique pour dès 2021 une croissance affichée à 5.20 ; 2022 à 7.20  et en 2023 pour une croissance à deux chiffres dont l’objectif est de 13%". C'est ce qu'est revenu rappeler à Paris le patron des patrons sénégalais devant un parterre d'investisseurs et d'universitaires à HEC Paris, lors de la soirée : « Sénégal 2025 : l’accélération d’une transformation économique et sociétale. » Dans l'assistance, on a pu notamment croiser Philippe Oster, le Directeur des Affaires Internationales de HEC Paris, la directrice d'HEC Alumni, Marguerite Galand ou Pierre Ives Carpentier, le Président du Club Développement International. sans compter les milliers de participants en ligne.

Mbagnick Diop a rappelé au préalable que le Sénégal et l'Afrique résistaient bien à la Covid. "Par son expérience des épidémies, par la jeunesse de sa population et les mesures préventives précoces, se montre résiliente et combative, a-t-il indiqué. Artisan et défenseur d'une Afrique en forme, il a rappelé qu'avec "seulement 365 milliards $", la dette africaine ne représente, en effet, que 2 % du volume de la dette mondiale et que 'l’Afrique affiche régulièrement des taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale". Il a dressé un panorama rassurant, invitant son auditoire à poser un nouveau regard sur l’Afrique et les Africains. Et pour cause : à l'instar de la Chine qui planifie son économie sur les prochaines décennies et, dans une certaine mesure la France qui nomme François Bayrou à la tête d'une commission du Plan, il a indiqué que son pays et le président Mack Sall regardaient déjà vers 2035 ! Le PSE repose sur des projets prioritaires dont l’exécution va changer fondamentalement le visage économique du Sénégal pour le projeter dans le peloton des pays émergents. D’ailleurs, depuis le début de la mise en œuvre du PSE, le petit pays d'Afrique de l'Ouest a renoué avec le progrès économique et affiche, depuis 6 ans, un taux de croissance annuel de 6.5% que beaucoup de pays européens pourraient lui envier.

D'autant que d’importants gisements d’hydrocarbures (Gaz et Pétrole) dont l’exploitation effective devrait commencer à partir de 2023 viennent d'être découverts ! Avec des réserves de pétrole estimées à 2.300 millions de barils tandis que les réserves de gaz naturel pourraient s'élever à 520 milliards de m3. De quoi donner des ailes au pays. Pour exploiter au mieux ces ressources, l'Etat sénégalais a signé plusieurs conventions avec des majors (Total, BP, Petrotim Limited, Kosmos Energy, Timis Corporation, Cairn Energy). Il a souligné les liens forts entre la compagnie française et son pays qui ont conclu deux contrats de recherche et de partage de production d’hydrocarbures sur les blocs Rufisque offshore profond et l’ultra deep offshore dont Total SA sera opérateur à 90% aux cotés de la société nationale des pétroles du Sénégal (PETROSEN) qui détiendra les 10% restants.

Sous l'impulsion du président Macky Sall, le Sénégal, a-t-il assuré, se réforme :
- réforme constitutionnelle adoptée par voie référendaire le 20 mars 2016 ;
- achèvement des réformes du code minier ;
- élaboration en cours du code pétrolier ;
- élaboration en cours d’une loi d’orientation ;
mise en place du Comité d’Orientation Stratégique sur le Pétrole et le Gaz (COS/PETROGAZ) dont le rôle est d’assister le Président de la République dans les grands choix stratégiques ;
la création de l’Institut National du Pétrole et du Gaz (INPG) dont la vocation est de former le capital humain nécessaire au développement du secteur pétrolier et gazier;
adoption du modèle partage/production pour la gestion de la production ;
enfin, il convient de signaler que l’Etat Sénégalais compte particulièrement sur l’investissement étranger en partenariat avec les entreprises sénégalaises pour l’exploitation de nos ressources naturelles.
Le Sénégal veut rester dans cette dynamique avec la Phase II du Plan Sénégal Emergent sur la séquence 2019-2023. Le groupe Eiffage a aussi de son coté, remporté l’appel d’offres pour la création de l’ile artificielle située à Saint-Louis du Sénégal. 250 entreprises françaises sont dans ce sillage et ont crée 30 000 emplois.

Quand Sénégal rime avec digital

Le Sénégal vient d’adopter un programme ambitieux de promotion de l’économie numérique qui offre des opportunités importantes d’amélioration de nos systèmes de production et de gestion. Pour cela il peut s'appuyer notamment sur un système de télécommunications performant avec toutes les commodités à des coûts concurrentiels. Le Sénégal est le premier pays en Afrique en termes de contribution de l’Internet au produit intérieur brut (PIB). Les enjeux de la stratégie Sénégal Numérique 2025 (SN 2025) visent 35.000 emplois directs et 105.000 emplois indirects. La stratégie sénégalaise a rappelé celui qui a l'oreille du président Sall, repose sur trois prérequis (cadre juridique et institutionnel, le capital humain et la confiance numérique) et quatre axes stratégiques : un accès ouvert et abordable au réseau et service numérique, une administration connectée, la promotion d’une industrie du numérique et la diffusion du numérique dans les secteurs économiques prioritaires. Une stratégie par des ressources humaines de qualité et d’installations de standard international dans ce secteur. Ce renforcement de nouvelles technologies, s’est accompagné d’un développement important du secteur des énergies, notamment du sous-secteur de l’électricité. De 2012 à nos jours, le Sénégal a plus que doublé sa puissance installée d’électricité, ce qui permet aujourd’hui aux entreprises d’accéder à l’énergie à tout moment.

Un capital humain enviable

Dans sa politique de développement du capital humain, le Sénégal accorde une grande priorité à l’Education, à la Formation et à la Recherche. Le Gouvernement du Sénégal a renforcé les moyens et les capacités des universités et établissements d’enseignement supérieur, créé de nouvelles filières d’enseignement technique et professionnel et de nouvelles universités dotées d’équipements modernes d’apprentissage. On verra ainsi prochainement de nouveaux Instituts d’Enseignement Supérieur Professionnel (ISEP), avec des spécialités liées aux nouvelles technologies, sont créés dans toutes les régions.

Des infrastructures modernes

Le patron du Meds a résumé la révolution en cours dans son pays :

- la construction d’un aéroport moderne de classe internationale ;
- la construction de nouvelles autoroutes et d’autoroutes à péage ;
- la mise en place d’un réseau moderne de transports terrestres ;
- la restauration du réseau routier des principales villes du Sénégal avec la réalisation d’autoponts et de ponts ;
- le nouveau réseau pour relier Dakar aux principales capitales régionales. Bref, l’économie sénégalaise est en plein bouillonnement et offre de larges opportunités d’investissement dans tous les secteurs.

Un Sénégal vert

Les énergies nouvelles et renouvelables représentent aujourd’hui près de 20 % du bilan énergétique du pays. Le Sénégal est aussi en train de réaliser le projet de la grande muraille verte qui prévoit de planter, à terme, 20 millions d’arbres. Et de citer le président Sall : « Plus qu’une économie verte, le Sénégal propose l’avènement d’une véritable gouvernance verte ; une gouvernance articulée autour des politiques économiques et sociales équilibrées et adossées à des technologies et des modes de production écologiquement rationnels. La raison nous y engage. » C’est pourquoi les bases d’une économie verte au Sénégal se fondent visiblement sur des politiques et programmes qui visent à redresser ces niveaux vers une tendance baissière, surtout dans les grands secteurs émetteurs que sont l’énergie et l’agriculture. Dans ce domaine crucial, il s’agira de donner la priorité à la souveraineté alimentaire (agriculture, élevage et pêche), pharmaceutique et sanitaire. En 2025, le Sénégal a-t-il assuré sous les applaudissements, se portera mieux, même si les étapes qui restent à franchir constituent de véritables défis à relever !

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