L'organisation de l'extrême précarité dans la recherche française

Moi-même chercheur au CNRS, je vois la jeune ou moins jeune génération souffrir terriblement de la misère matérielle et du néant d'idées nouvelles fortes dans lequel est en train de sombrer la recherche française. Je publie ce texte de Kevon Trublet (qu'il me pardonne), et j'ajoute pour ma part ce témoignage d'une amie doctorante de Brest en ethnologie, Isabelle N. , qui m'a envoyé ce courrier il y a huit jours. J'ai par ailleurs vécu l'arrivée ronflante de l'ANR (agence nationale de la recherche) contre laquelle nous avons été nombreux au CNRS a nous battre (fin de la recherche fondamentale, fin de la recherche non rentable - particulièrement en sciences humaines- alors a la pointe au plan international, privatisation de la recherche, etc) qui nous amène directement aux drames d'aujourd'hui, absolument prévisibles.

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lettre d'Isabelle N.

Chers amis,

Vous me connaissez depuis longtemps, vous savez ce que j'ai traversé, vous avez connu mes heures de gloire peut-être, aujourd'hui vous savez que je suis dans la détresse.

Depuis quatre ans maintenant, Z., ma fille,  et moi vivons avec les Assedic (21,45€ par jour) et 105€ par mois d'allocations familiales pour Z. Ce qui fait environ 750 € par mois. C'est en-dessous du seuil de pauvreté. Nous allons à la banque alimentaire tous les mois et comme nous sommes très entourées, (G., et O.  le papa de Z.), nous avons toujours de quoi manger.

Depuis quatre ans, j'ai été secrétaire dans une école en emploi aidé, j'ai distribué des prospectus, été vendeuse, j'ai gardé des enfants, fait des ménages, fait des vide greniers. 

Doctorante à Brest, sans bourse de l'Université, sans allocations chômage, je travaille quand je peux à ma thèse. Sur le marché du travail je suis senior. A l'âge que j'ai la plupart des gens pensent à la retraite. Moi, j'essaie de survivre avec ma fille de 15 ans. Je postule à toutes les annonces auxquelles il me semble que je pourrais être compétente, administratrice (je l'ai été chez un architecte célèbre), chargée de communication (idem), secrétaire, assistante, vendeuse, commis de cuisine, éplucheuse... 

L'été dernier, j'ai été hospitalisée à cause d'une hernie discale, je ne peux plus porter de charges lourdes et il y a certaines choses qu'il m'est recommandé de ne plus faire pour ne pas prendre le risque d'être à nouveau hospitalisée.

C'est vrai que je ne postule pas en usine, ni comme serveuse, (ni comme chauffeur routier comme me l'a suggéré Pôle Emploi), parce que je ne pense pas être capable de le supporter physiquement. Le rhumatologue de l'hôpital m'a dit que j'avais de la chance de ne pas être sur un fauteuil roulant. Je ne veux pas prendre ce risque, cela n'arrangerait personne.

Je ne demande pas l'aumône, je demande de l'aide, pour retrouver du travail, retrouver un statut social, une vie décente.

Je fais appel à vous aujourd'hui pour mettre la pression sur ma banque, parce que toute seule, je n'y arrive pas.

Je vous demande d'adresser un mail a la Banque ** à Lorient, (je vous propose un texte type mais vous pouvez changer mes mots), en lui demandant de m'accorder un découvert de 1000 € et de cesser de rejeter les prélèvements qui se présentent parce que ça occasionne des frais que je ne peux pas payer. Ca, c'est l'urgence de ce mois de décembre, à quelques jours de Noël.

 

Je vous demande aussi de penser à moi quand vous entendez parler d'un travail. Je suis disposée à quitter la Bretagne si c'est un vrai travail, près d'un lycée pour Z., avec un logement décent.

 

Je ne vous écris pas pour faire pleurer dans les chaumières, ni pour mendier, simplement parce qu'ensemble on est plus fort. Ce dont j'ai besoin aujourd'hui c'est de votre soutien. Je suis très démunie face à mon banquier qui ne me prend pas au sérieux, je me suis imaginée que s'il recevait des mails d'un peu partout, ça le ferait un peu réagir.

 

J'ai deux projets de pétition dont je vous parlerai plus tard: 

- la première pour qu'on interdise  à cette banque l'utilisation des termes "social" et "solidaire" et que l'utilisation de ces termes par les banques soit soumise à agrément, comme l'est l'appellation "bio". Qu'il soit interdit d'utiliser ces termes mensongers à des fins de marketing.

 

- la deuxième pétition pour qu'on interdise aux banques  de prélever des frais de fonctionnement et agios aux personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

Je vous tiendrai au courant de l'avancement de ces projets. Merci mille fois!

 

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lettre qu' Isabelle N. propose à ses amis d'envoyer a la banque :

 

Parmi vos clients il y a quelqu'un que nous connaissons personnellement, Isabelle N . Cette personne est dans une situation de grande précarité et elle nécessite un soutien de la part de votre établissement.Votre banque s'appuie, pour développer sa notoriété, sur les notions "social et solidaire" et nous pensons que c'est le moment de mettre en action vos principes.

Nous vous demandons de bien vouloir accorder à Isabelle N. un découvert de 1000€, de ne pas lui facturer de frais d'agios ni de frais de gestion, de ne pas refuser les prélèvements qui se présentent dans la limite des 1000€ de découvert, enfin de veiller à ne pas alourdir sa situation par des frais inopportuns, et ce pour une durée illimitée, le temps qu'elle retrouve une situation professionnelle décente.

Nous sommes convaincus que vous aurez à coeur d'honorer les principes développés par votre banque qui "place l'humain au coeur de l'économie".

Comptant sur votre compréhension et votre diligence, nous vous prions de croire, Monsieur, en l'expression de nos meilleures salutations.

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J'ai moi même, P. Prado, écrit  à cette banque, cependant pas plus "méchante" qu'une autre :

 

Monsieur, je rajoute ces mots à la lettre d'Isabelle N. Celle-ci  n'est pas  une clocharde, mais prépare une thèse d'Etat sur  un village breton du Morbihan pour la Faculté de Brest. Elle a evidemment peu de temps a lui  consacrer, surtout si vous lui en enlevez avec vos sanctions économiquement argumentées. Je compte sur vos références sociales  et solidaires pour ne pas l'accabler plus. Avec mes remerciements anticipés.

 

Bien a vous.  PP

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Le texte de Kévin Trublet :

 

Quand la nouvelle génération de chercheurs français passe son temps à Pôle emploi et en contrats précaires

 

 

La France compte environ 60 000 doctorants : de jeunes chercheurs qui travaillent pendant plusieurs années à une thèse, en biologie, en sciences politiques, en mathématiques ou en droit. Mais leur avenir et celui de leur travail de recherche sont compromis : une grande précarité règne. Nombre d’entre-eux s’inscrivent à Pôle emploi pour terminer leur thèse, d’autres enchaînent des vacations sous-payées. Certains deviennent même auto-entrepreneurs et quelques uns rejoignent des laboratoires de recherche à l’étranger… Une situation qui handicape lourdement la qualité de la recherche et de l’innovation française. Rencontre avec ces forçats de la science.

 

« Ma situation est cauchemardesque », lâche Marie [1], en guise d’avertissement, dès le début de l’entretien. Après une thèse en sciences humaines qui s’est étalée sur dix ans, Marie est aujourd’hui au chômage depuis près d’un an et touche l’équivalent du RSA=.. Une situation qu’elle vit très mal : « Ce sont mes parents qui me logent. À 35 ans, c’est l’horreur, c’est humiliant ! »

 

Pour comprendre sa situation, il faut revenir sur le fonctionnement du recrutement des enseignants-chercheurs, véritable « parcours du combattant ». Chaque année, au début du printemps, une campagne de recrutement est organisée. Elle est ouverte à tous les docteurs qui ont reçu la qualification du Conseil national des universités (CNU), une qualification valable quatre ans. « En science politique, chaque année le CNU qualifie entre 100 et 150 docteurs. Sur quatre ans, cela représente plus de 500 personnes qui peuvent prétendre à un poste d’enseignant-chercheur pour une moyenne de 10 à 12 offres d’emploi… », résume Camille, chercheur lui aussi, pour illustrer l’ampleur de la concurrence.

« En biologie, il est conseillé de travailler aux États-Unis ou au Canada »

 

Camille a 35 ans. Il a terminé sa thèse il y a quatre ans. Comme beaucoup, il enchaîne les CDD dans la recherche, appelés « post-doc », en espérant finir par décrocher une titularisation. Il n’a jamais obtenu un contrat supérieur à un an et a connu plusieurs périodes de chômage. Quand il travaille, Camille gagne entre 1600 et 2000 euros nets. Entre deux CDD, Pôle emploi prend le relais. Selon une étude parue en 2010 [2], 70% des docteurs non-titulaires ont connu au moins trois contrats sur les cinq dernières années et un quart a connu une période de chômage de plus d’un an.

 

Cette multiplication des contrats courts entraîne une instabilité géographique et freine la possibilité de se projeter. « Généralement, cela signifie changer de ville voire de pays, explique Léa qui a étudié la virologie et préféré ne pas poursuivre dans l’enseignement supérieur et la recherche après son doctorat. En biologie, il est conseillé de travailler aux États-Unis ou au Canada après sa thèse. Mon compagnon avait un CDI dans le sud de la France. Dès lors, deux possibilités se présentaient : accepter de ne plus se voir pendant de longues périodes ou que mon conjoint abandonne son CDI pour me suivre. À 25 ans, j’ai fait le choix de me poser. »

« Un tiers de mon temps de chercheur à postuler à des offres »

 

La généralisation des emplois précaires à travers la multiplication des « post-doc » s’explique par la manière dont est financée la recherche depuis une dizaine d’années. Créée en 2005, l’Agence nationale de la recherche (ANR) est chargée du financement des laboratoires à travers des appels à projets. Finis les budgets constants, place à la compétition scientifique. Les financements deviennent incertains et si financement il y a, le recrutement se fait par CDD, le temps du projet. Un modèle censé créer de l’émulation entre laboratoires et chercheurs mais qui handicape la recherche à cause de l’incertitude qu’il provoque. « Lorsque je suis sur un contrat précaire, je peux passer un tiers de mon temps à postuler à des offres, témoigne Julien, docteur en anthropologie. Être précaire dans l’enseignement supérieur, signifie postuler à tout, partout et tout le temps. »

 

Héloïse, elle, a terminé sa thèse en science politique il y a dix mois et cherche actuellement du travail. En parallèle, elle écrit des publications pour des revues scientifiques. « J’ai du mal à avancer, à me concentrer. Cette situation me stresse. Parfois, je me réveille avec la boule au ventre. » Héloïse vit avec son compagnon qui fait une thèse et a un petit boulot à côté. Comme il gagne un peu plus de 600 euros, elle n’a pas le droit au RSA. Avec les aides au logement, ils vivent à deux avec 1000 euros par mois. Leur loyer leur coûte 600 euros pour 20 m² !

 

La publication sur laquelle elle planche ne lui rapporte pas un centime. En France, ce travail n’est jamais rémunéré autrement que par une mention sur le CV. « Mais c’est fondamental, explique Héloïse. C’est là-dessus que les candidats pour des postes dans la recherche sont évalués. » Un système qui peut encourager à faire du « remplissage de CV » selon Camille. « Il arrive que des chercheurs envoient des articles pas terribles à des revues pas terribles dans le but de rajouter une ligne sur leur CV et d’élargir leur domaine de compétence. »

« Cela pousse au conformisme dans le choix des sujets de thèse »

 

Pour Sophie Duchesne-Guilluy, directrice de recherche au CNRS, cet état de fait est catastrophique pour la recherche : « Cela limite la prise de risque et pousse au conformisme dans le choix des sujets de thèse, alors qu’au contraire, il faudrait encourager l’audace car c’est cela qui amène des résultats. » Si la situation se détériore depuis une quinzaine d’années, de l’avis de tous, aucune évolution n’a eu lieu durant le dernier quinquennat. Le pouvoir s’est peu préoccupé du manque de moyens dans l’enseignement supérieur et la recherche, si ce n’est une hausse prévue de 850 millions d’euros dans le budget de l’État pour 2017, hausse bienvenue mais jugée insuffisante.

 

Dans de nombreux cas, la précarité se présente bien avant la fin du doctorat. Un financement de thèse, pour ceux qui arrivent à en obtenir un, dure trois ans. Dans les faits, c’est insuffisant, notamment dans les sciences humaines où finir en trois ans peut même être mal vu par un jury. La moyenne se situe entre cinq et sept ans comme cela a été le cas pour Héloïse (toutes sciences confondues, la moyenne pour réaliser une thèse se situe entre quatre et cinq ans). Sa thèse a duré cinq ans dont deux en touchant l’allocation chômage « avec toutes les incertitudes que cela amène car officiellement j’avais le statut d’étudiante ».

De la case Pôle emploi à la case enseignement à temps partiel

 

Une pratique très courante et même encouragée : « Je me souviens d’un professeur qui disait qu’en règle générale, un doctorat, c’était trois ans de financement, deux ans de chômage payés par Pôle emploi et deux ans en tant qu’Ater », résume Marie. Ater, pour attaché temporaire d’enseignement et de recherche. Parfois à temps partiel, de plus en plus souvent à plein temps, ce statut permet à des doctorants, qui ne sont pas ou plus financés, d’enseigner quelques heures par semaine, en échange d’un salaire. L’avantage est double : laisser du temps pour avancer sur la thèse et tenter une première expérience dans l’enseignement. Mais les contreparties sont parfois lourdes.

 

Si les postes à temps partiels sont officiellement recommandés par le ministère pour les doctorants [3], ils sont de plus en plus remplacés par des postes à temps-plein par les universités. Marie a ainsi été Ater à temps-plein pendant deux ans et n’a quasiment pas pu travailler sa thèse durant cette période. « Entre les cours qu’il faut donner, leur préparation, les réponses aux étudiants, la correction des copies, cela laisse peu de temps pour travailler efficacement sa thèse. Sauf à dormir quatre heures par nuit et à travailler sept jours sur sept », raconte-t-elle. Pour que ses étudiants puissent pleinement bénéficier de ses cours, elle s’est arrangée pour organiser l’examen final sur un autre créneau horaire. Résultat : des heures supplémentaires, non payées car officiellement interdites pour les Ater.

De la case vacation à la case auto-entrepreneur

 

Cette nécessité de décrocher un poste comme Ater, par obligation financière, peut même avoir des conséquences néfastes sur l’enseignement. Il n’est ainsi pas rare de rencontrer des professeurs chargés d’un cours très éloigné de leur domaine de compétence. Malgré ces défauts, ce statut reste le plus avantageux mais est limité à deux ans. La plupart des docteurs ayant utilisé cette possibilité durant leur doctorat, une fois leur diplôme obtenu, il faut passer par la case vacation.

 

Une vacation, c’est une mission payée à l’heure ou à la journée de travail. Normalement prévue pour faire face à un besoin ponctuel, les universités en ont fait un instrument de compression de leur masse salariale. Pas de congés payés, pas de chômage, pas d’assurance-maladie : la vacation est tellement peu protectrice qu’officiellement, il faut pouvoir prétendre à une autre source de revenus pour en effectuer. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, la gruge devient un système. « Il suffit d’avoir un chef d’entreprise dans sa famille et il vous fait un faux contrat de travail, c’est courant », explique Camille. Autre solution, légale cette fois-ci : être auto-entrepreneur depuis au moins 3 ans.

Payé avec un an de retard

 

Ce qui n’est pas le cas de Marie. « Aujourd’hui, j’en suis réduite à chercher presque n’importe quel travail pour pouvoir effectuer des vacations. » Une situation qui la fait enrager : « Je sais qu’il existe aussi une possibilité d’être embauchée comme enseignant contractuel en CDD mais les universités font comme si elles n’étaient pas au courant et pratiquent massivement la vacation. » Une pratique illégale selon Mohamed Boukheloua, avocat en droit administratif : « Les vacations existent pour des missions ponctuelles. Si elles sont amenées à durer, elles doivent être requalifiées en contrat à durée déterminée. Dans un arrêt datant du 15 janvier 1997, le Conseil d’État a requalifié l’emploi d’un agent vacataire qui occupait en réalité un emploi permanent d’agent contractuel. » Mais comment aller devant la justice quand cela revient à se « faire griller dans le milieu », pointent plusieurs docteurs précaires qui reconnaissent « s’écraser pour avoir du travail ».

 

Le collectif des travailleurs précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, né au printemps dernier, estime que les heures de vacations représentent l’équivalent de 12 000 postes à temps plein en prenant aussi en compte le personnel administratif et technique. Chiffre impossible à vérifier faute de données précises et disponibles. Ce qui est certain, c’est que leur nombre a explosé ces dernières années, afin de faire face à l’afflux toujours croissant d’étudiants, tout en limitant l’embauche de personnel supplémentaire.

 

Camille, lui, a toujours fait des vacations en parallèle de ses CDD. « C’est un plus, on n’en vit pas », précise-t-il. Surtout, il faut être patient, car le paiement intervient souvent après plusieurs mois, voire après un an, tellement le processus administratif est engorgé. Ainsi, pour les 8 à 10 heures de cours qu’il donne actuellement par semaine, Camille ne s’attend pas à être payé avant octobre 2017. « Là aussi il s’agit d’une situation anormale, déclare Mohamed Boukheloua. Il n’y a aucune raison qu’un établissement public ne paie pas son agent à l’issue du service rendu, et ce, de manière mensuelle. »

Se réorienter ? « Un doctorat n’est pas reconnu »

 

Dans ces conditions, certains cherchent à travailler ailleurs, mais se réorienter n’est pas une mince affaire. Après sa thèse, Marie a voulu sortir du milieu universitaire. Elle s’est tournée vers le privé et a décroché plusieurs entretiens d’embauche qui lui laissent un souvenir amer. « Les recruteurs faisaient comme si je n’avais aucune compétence. Et si je les mettais en avant, on me trouvait hautaine. Un doctorant, ça évoque la méfiance », conclut-elle. Plusieurs docteurs l’affirment, en France, « le doctorat n’est pas valorisé, il n’est même pas reconnu, surtout en sciences humaines et sociales ».

 

Dans les sciences dîtes « dures », la situation est un peu meilleure du fait que certaines recherches permettent des applications directement commercialisables. La recherche privée y est plus développée. Des débouchés que nuance Léa qui a fait sa thèse en virologie avant de se réorienter : « En biologie, il y a des opportunités dans les start-ups mais cela reste précaire. Sinon, il y a l’industrie pharmaceutique mais cela dépend du sujet que vous avez étudié. » Selon elle, les entreprises ont même plutôt tendance à recruter des titulaires d’un master de recherche, sortant d’écoles d’ingénieurs par exemple, que de titulaires d’un doctorat. Depuis sa soutenance de thèse, il y a 14 mois, Léa est toujours au chômage.

 

Kévin Trublet

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