Le retour de vacances est difficile - mais je n'oublie pas que pour beaucoup les dites vacances ont été réduites à leur plus simple expression - et les combats à mener sont nombreux. Hier soir, je participais au Cercle de silence qui se réunit tous les derniers mardis du mois, à Bordeaux, place Pey-Berland, depuis plus de deux ans, maintenant. Et pour une fois, le silence a été rompu pour lire l'appel de la Ligue des Droits de l'homme à manifester le 4 septembre contre les menaces que font courir à l'idée même de république ceux qui sont censés la servir.
Si seulement on pouvait se contenter de dénoncer, comme Laurent Fabius, une "présidence gesticulatoire" ! il ne fait pas que gesticuler, "notre" président, il casse, aussi, beaucoup de choses, et menace d'en casser davantage encore et, derrière un apparent désordre, la politique qu'il mène s'obstine bien dans une direction précise : détruire tout ce qui fut, au cours de longs combats, édifié pour rendre notre société un peu plus juste, un peu moins dure aux pauvres.
La question reste toujours la même depuis Kant, depuis Lénine : Que faire ? d'abord, une chose qui me paraît essentielle : cesser, pour les gens qui se disent de gauche, de tirer contre leur propre camp et d'apporter leur contribution au tir de barrage qui s'élève de partout dès qu'il semble avoir quelque chance de l'emporter.( Cf les articles qui ont accompagné l'Université d'été du PS ; cf la violence incroyablement haineuse qui s'exprime dans les commentaires des articles parus sur la page d'accueil d'Orange) ; si l'unité s'affiche chez les dirigeants du PS, ce n'est guère le cas chez ceux qui jouent le fâcheux rôle de seconds couteaux et qui continuent, comme si de rien n'était, de poignarder les rivaux de leur patron(ne)... Ensuite, il faut faire circuler l'information, sans relâche, avec, quand cela est nécessaire, les références aux analyses qui permettent de décrypter les discours et l'idéologie qui les anime. Il faut enfin s'élever au-dessus des revendications particulières, si justifiées soient-elles, pour adopter un point de vue plus général sur ce contre quoi nous avons à lutter - et qui n'est pas simplement Sarkosy, ou Woerth, ou Chatel... Sinon, nous risquons de tout perdre ou, ce qui serait pire encore, nous risquons de gagner et de ne rien changer à ce qui est mis en place, à part quelques détails.