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Le Club de Mediapart lun. 8 févr. 2016 8/2/2016 Dernière édition

Des différents niveaux de langue

quelques remarques à propos du concept nouveau de "diaffoiranto" inventé par jylg. Toute recherche, dans quelque domaine que ce soit, se trouve dans l'obligation de créer des concepts nouveaux pour aborder les objets nouveaux qu'elle étudie. ce qui donne naissance à des néologismes, plus ou moins heureux, dont certains tomberont vite dans l'oubli alors que d'autres feront souche dans la langue. Je ne vois pas la possibilité de faire autrement et je trouve assez démago l'argument anti)intellectualiste qui consiste à sortir d'un bouquin un passage qui parait d'autant plus compliqué qu'on ne se donne pas la peine de le comprendre.

cette histoire ne date d'ailleurs pas d'aujourd'hui et Molière s'en prend aux précieuses et aux femmes savantes - par quoi il manifeste un esprit bien conservateur - !

Lorsque jylg parle de "diaffoiranto", il ne se différencie pas des chercheurs en sciences humaines et autres philosophes ; il fait appel à une culture préalable qui est loin d'être partagée par tous : il faut se souvenir que Diaffoirus est le nom d'un médecin dans Le médecin malgré lui et comprendre le fonctionnement du mot-valise qu'il construit en télescopant Diaffoirus et Espéranto - cette langue universelle inventée au siècle dernier pour surmonter les divisions induites par la multiplicité des langues. Guère de différence avec les mots-valises qu'affectionne Derrida que jylg trouve certainement illisible !

Je suis néanmoins d'accord avec lui pour m'énerver d'un emploi inconsidéré d'un jargon technique dans des domaines où il ne fait rien d'autre que produire des effets de distinction qui sont souvent risibles. Et pour le dénoncer ainsi que ceux qui y ont recours. Tout en reconnaissant la nécessité dans laquelle se trouvent les chercheurs de créer un vocabulaire spécifique à leur domaine, je suis convaincu qu'il est possible, lorsqu'on s'adresse à un public non-initié d'utiliser une langue plus simple, sans qu'il y ait là la moindre condescendance ; c'est la fonction même de l'enseignant ou du transmetteur.

Si l'on distingue des "niveaux de langue", je suis persuadé que l'on mettra un terme à ces reproches plutôt injustes et que l'on saura mieux distinguer ce qui relève du discours savant, du discours de vulgarisation ou du discours prétentiard qui dissimule mal sous des mots ronflants et généralement utilisés à contresens une pensée inexistante.

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Un peu de philosophie pratique: la lettre d'Edgar Morin à Ségolène, Martine, Bertrand et Benoït. C'est à http:/www.amateur-idées.fr/Edgar-Morin-ecrit-a-Segolene.html .