j'suis bloggeur, mais j'me soigne

15 jours de vacances entre Paris et Rouen. Des expos, du boulot dans une bibliothèque feutrée comme on rêverait qu'il y en ait partout, des rencontres, des réussies, des loupées et même un après-midi passé dans les locaux de Mediapart à entendre des gens fort sages dire des choses très sensées, à mettre des visages sur des noms, à tenter de réfléchir sur les moyens d'améliorer ce qui peut l'être dans le journal et surtout dans le club - puisque il n'est pas facile de gérer un espace qui est par définition libre et de mettre quelques bémols à un culte de la spontanéité beaucoup plus répandu qu'on aurait pu le penser - je me dis souvent que l'écran sur lequel nous projetons nos réactions est en même temps un masque qui nous permet de nous comporter fort différemment de ce que nous concevons comme nécessaire pour mener une existence sociale à peu près normale. Dans la vie quotidienne, je ne traite pas forcément de connard celui qui n'est pas de mon avis, à moins d'être très mal élevé ou président de la république. Sur l'écran, ces choses-là sont plus fréquentes, dirait-on...

15 jours sans ordinateur, donc sans mediapart, donc sans commentaires . Et j'entends, ce matin, que des experts, fort sérieux évidemment, pensent qu'il y a un véritable phénomène d'addiction au courriel, aux blogs. Est-ce que ça m'a personnellement manqué d'être coupé de tout lien avec le club ? oui, parce que j'aurais aimé avoir les réactions des participants et de ceux qui n'étaient pas là. Mais, pas plus que ça, pas de crise d'angoisse, pas de sueurs ni de tremblements. La preuve, c'est que j'ai attendu quarante huit heures pour faire un tour rapide sur les billets postés et que la chance a voulu que je tombe tout de suite sur celui de Gwennaël que j'ai trouvé excellent, je n'ai donc pas été ailleurs, pardon à tous mes autres contacts !!! parmi les 53 commentaires que cet article a déclenchés et que j'ai lus en diagonale, toujours la même chose, du nécessaire et de l'inutile, du touchant et de l'exaspérant - va falloir s'y réhabituer et faire le tri, chacun a ses critères de sélection, y en a que le simple nom d'un philosophe fait sortir de ses gonds, d'autres qui ne supportent pas qu'on parle politique, d'autres que les petits oiseaux ennuient profondément...., bon, on va pas en faire un plat, tout le monde a la possibilité de ne pas lire, tout le monde n'est pas obligé d'avoir un avis sur tout, tout le monde a ses antipathies et ses sympathies. Et puis, il est bon de prendre des vacances, de temps en temps, histoire de vérifier qu'il y a un monde.

Mais, quand même, à propos de cette réunion à Paris, j'ai été surpris qu'un si maigre usage ait été fait des contributions que l'on a proposées sur l'usage des blogs et que l'on se soit beaucoup focalisé sur la sélection par la rédaction des billets. J'ai trouvé cela plutôt attendrissant, tous ces gens heureux que leur petit billet ait été primé, récompensé - quantité ou qualité.... -. L'essentiel me parait ailleurs. Une réflexion sur les contenus, sur leur classification ou leur dénomination; une définition plus précise de ce que l'on veut faire du club - un club de rencontre, un forum de discussion, un défouloir, ou un lieu d'échanges qui cherchent à faire avancer la compréhension du monde dans lequel nous vivons. tant que ce point n'est pas tranché, il y aura necessairement des frictions et du temps perdu.

 

 

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