Le silence des "gauches"

                                 Depuis des semaines, je suis avec attention les réactions des profs de philo et des profs de français aux modalités ubuesques du bac 2021. Elles sont variées et dépendent pour une large part des positionnements politiques des uns et des autres - cela va d'une volonté de radicalisation à une prudence toute aristotélicienne. Peu importe, le prétendu "corps professoral" n'est pas uniforme, ce n'est pas une découverte. Certains défendent "la philosophie" alors que d'autres défendent "le métier de prof de philo". Cela mériterait une très longue analyse. Certains défendent le bac tel qu'il était (jadis ? récemment ?), d'autres s'inquiètent d'une mutation dans les modes de transmission. Certains rêvent d'une révolution alors que d'autres ont encore confiance en la capacité de réformer la réforme. Il y a les "révoltés", les "réalistes", les "indifférents" - les guillemets sont là pour montrer que ces catégories mériteraient sans doute d'être questionnées -

                               Il a fallu se bagarrer pour que quelques medias rendent compte de ces combats. Et ce n'est pas gagné.

                              Mais le plus inquiétant, à mes yeux, c'est le silence de ceux qui, à gauche,  avaient l'habitude de défendre l'école publique républicaine. Le silence des responsables politiques de gauche. devant une entreprise, celle de Blanquer, qui consiste bien à détruire un certain nombre de fondements de cette école, qui du même coup creuse un peu plus les inégalités que l'Ecole était censée réduire. Ils se focalisent sur des débats stériles à propos de laïcité sans voir que le danger le plus grave n'est pas là, ils s'engluent dans de vieux schémas théoriques alors que c'est le bateau lui-même qui est en train de couler. Il est pourtant évident qu'il n'y aura de sortie de cette crise que politique et que les dits responsables seraient bien inspirés de comprendre qu'il y a là un terrain de luttes à partir duquel ils pourraient réveiller ceux qui se laissent bercer par l'enfumage que le ministre et ses relais médiatiques pratiquent systématiquement. Le mépris dans lequel ces derniers tiennent les profs en dit long sur ce qu'ils pensent de la culture et de sa transmission.

                             Vous les avez entendus, vous ? Il est possible qu'un tweet m'ait échappé, qu'un message facebook ou whatsApp n'est pas été suffisamment relayé...., il est possible qu'avec l'âge mon ouïe s'affaiblisse, que ma détestation de la TV m'ait privé d'assister à un de ces débats qui tout d'un coup remet les pendules à l'heure. Bref, si vous avez des informations, je suis preneur......

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