Les malheurs du pouvoir avec le Tiel

                       Décidément, le pouvoir n'a pas de chances avec le Tiel - dernier recours, pourtant, quand les choses vont de mal en pis -. Il y eut d'abord l'interminable feuilleton du "présentiel" et du "distanciel" - avec ses déchirements entre partisans farouches de la spécificité  de l'enseignement qui réside dans le face à face entre l'enseignant et l'enseigné et défenseurs tout aussi farouches des progrès que les technologies informatiques permettaient d'accomplir en cassant le modèle ringard des cours magistraux.

                       Il y eut ensuite  "exponentiel", qualificatif peu usuel censé avertir les citoyens que nous sommes que le pire était en train d'arriver et que viendrait un moment où plus personne ne pourrait échapper au virus qui galope - une avalanche de chiffres plus ou moins fiables s'abattit alors sur les écrans des chaînes télévisées dont je persiste à croire qu'elles font infiniment plus de mort par décérébration que le pire des virus.

                       Et voici, maintenant "essentiel" et 'non essentiel". On atteint ici aux hauteurs de l'abstraction philosophique - il y va de l'essence de l'homme, de ce que l'homme est en tant qu'homme - un être qui ne pense qu'à bouffer ou un être qui ne vit que par sa fréquentation assidue des sommets auxquels parvient, essoufflée parfois, la pensée ? On en débat encore et les avis sont tragiquement opposés. Pourquoi, diable (si j'ose dire), le gouvernement se montre-t-il si maladroit dans le choix des mots qu'il emploie ? j'ai ma petite idée là-dessus - il est clair que le Tiel s'est détourné de lui pour le ramener au niveau du cambouis "existentiel" dans lequel il faut bien mettre les mains et que nul gel ne permet de nettoyer.

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