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Billet de blog 13 janvier 2010

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Le ministre et la Constitution

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Fabuleux, le culot de ces gens qui nous gouvernent ! On pouvait s'attendre à ce qu'ils ne soient pas très contents du rappel à la loi fondatrice de notre République par ceux dont la fonction est justement de veiller à ce que le travail du législatif soit en conformité avec elle - un camouflet, certes, mais à qui la faute si,dans leur hâte à satisfaire aux desiderata de leur maître, les députés de la majorité en oublient d'exercer ce pour quoi ils sont élus : la rédaction de lois qui prennent en considération l'intérêt général ! donc le Conseil Constitutionnel a retoqué les textes sur la taxe carbonne.

Voici donc qu'un ministre de la République se permet de se lancer dans une charge violente contre le Conseil Constitutionnel. Pas n'importe lequel, Devidjan, dont on sait qu'il s'occupe d'un ministère essentiel (euh! j'en ai oublié l'intitulé, faut croire que ce n'était pas si important que ça...), dont on sait qu'il a été proche de NS, qu'il l'est moins, dont on devine qu'il voit là peut-être une manière de revenir en grâce auprès du Tout-Puissant. Qu'est-ce que c'est que ces gens qui prennent leur boulot au sérieux, dit-il, au point de souligner les incohérences graves de certains textes législatifs ? qui rappellent des principes fondamentaux - principes fondamentaux, mon cul, aurait dit Zazie, tant qu'ils ne m'empêchent pas de faire ce que je veux, d'accord, mais, sinon, faut quand même pas oublier qui commande dans ce pays ! Or tout le monde sait que, dans ce pays, il n'y en a qu'un qui commande - quand les députés ne votent pas comme il faut, on les fait tout bonnement revoter et ils revotent, convenablement. L'air outré de monsieur Devidjan devant les mauvaises manières que le Conseil ferait à la Représentation nationale ne trompe personne. Il dit, à la place de qui vous savez, la rage du pouvoir de se voir contré.

Petit cadeau pour les étrennes de ce monsieur, une formule de Victor Hugo, elle date de juillet 1849 :

"Préférer la consigne à la conscience ? Non !"

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