retour de vacances

Pas toujours évident de se connecter à internet dans le fond d'une vallée pyrénéenne, en dépit du maillage du territoire que vantent les professionnels ! mais ce n'est finalement pas si mal que ça, on prend un peu de recul et puis c'est l'occasion de se remettre à lire la presse écrite et de vérifier qu'il y a quand même un os de ce côté-là : cet unanimisme béat qui se voit tant dans les couvertures des hebdos que dans leurs enquêtes, dans les jugements portés, dans la presse quotidienne, sur le sens politique de S., sur l'inexistence d'une opposition, sur les performances ou les contreperformances de nos athlètes, sur les chances d'Obama qui se changent comme par miracle en la défaite annoncée d'Obama, sur la respnsabilité de Miterrand dans l'actuelle retour de fortune de Tapie, etc. - pas de différences fondamentales entre l'ex-journal de référence et celui qui fut son concurrent et le journal local. Cette pauvreté des analyses. Terrifiant.

Du coup, c'est une joie de retrouver Mediapart. Côté journal, des enquêtes qu'on ne trouve pas ailleurs, des domaines bien maitrisés, un ton de liberté qui devient chose rare. Côté club, ça discute toujours autant, pour ce que j'en peux voir. Dans le désordre, la répétition, la suspicion, parfois. Mais aussi dans le sérieux, l'imagination, l'humour, la volonté de faire avancer les débats. C'est pour ça que l'idée d'un modérateur ne me plait personnellement qu'à moitié ; mais c'est vrai que l'autorégulation comme l'autogestion sont des idéaux difficiles à concrétiser et que les efforts des bloggeurs "pédagogues", il y en a, pour ramener certaines intervenants dans la voie raisonnable de l'argumentation discursive, ne sont pas toujours couronnés de succès. Il parait que c'est une loi des échanges sur le net qu'on y tire aussi vite son insulte que d'autres leur flingue dans l'Ouest américain. Je ne m'y résouds pas pour ma part et continue de penser que la civilité a quelque chose à voir avec la citoyenneté (cf.a contrario le registre habituel de S.) Je crains cependant que l'intervention d'un modérateur ait pour effet de créer des martyrs qui crieront à la censure, au mépris, en des termes d'ailleurs le plus souvent fort méprisants. Je me demande si la meilleure manière de traiter les provocateurs n'est pas de laisser leur intervention sans réponse, de ne pas entrer dans une discussion qui ne débouche sur rien parce qu'ils n'ont rien à foutre des discussions et veulent seulement qu'on parle d'eux. Il y a mieux à faire qu'à perdre son temps à des ratiocinations sans fin, il y a des questions plus urgentes à aborder.

On parle beaucoup des classements des blogs, l'idée au départ était bonne de vouloir aider le lecteur à circuler dans ce labyrinthe. Je ne suis pas sûr que le résultat soit convaincant. J'avais jadis proposé que l'on ne tienne pas compte des commentaires trop courts, dont l'intérêt n'est pas toujours évident et qui seraient, me semble-t-il, mieux à leur place dans les messages privés. Proposition non retenue. Tant pis. L'expérience de l'avalanche de commentaires suscités par "test" - et c'était drôle ce délire tout d'un coup - montre, par l'absurde, qu'il faudrait peut-être attacher plus d'importance au contenu, que celui-ci soit mieux identifié, qu'on puisse mieux regrouper ou retrouver les blogs qui approchent le même type de thématique, une meilleure confrontation de positions différentes pourrait s'en suivre.

En fait, je me laisse peu guider par ces recommandations et préfère pratiquer une lecture qui s'apparente plus à du butinage. Je vais un peu au hasard en suivant quelques fils qui m'intriguent ; je vais voir ce que certains de mes contacts ont écrit, mais je ne le fais pas régulièrement, je me réjouis de les retrouver comme des copains qu'on n'a pas vus depuis longtemps, je me fais une raison de ne pas intervenir à tout moment et sur des sujets auxquels je ne connais rien. Mais, voilà, c'est comme ça, je n'ai pas envie de passer des heures devant mon écran.

Il faut quand même reconnaitre, en dépit de toute l'estime que j'ai pour les journalistes, que, de temps en temps, la lecture du Club est plus excitante et rigolote que celle du journal ; mais que, de temps en temps, ce qui s'écrit dans le Club est intolérable d'intolérance, insuffisant de suffisance, ce qui n'est évidemment pas le cas du journal.

 

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