Dans une période de grisaille, comme celle que nous vivons en ce moment - un Johnny Alité (elle n'est pas de moi, mais je la trouve géniale), un Berlusconi défiguré, un Sarkozy dépensier, une bulle spéculative qui gonfle, qui gonfle, une grippe A qui n'est pas à la hauteur des espérances, mais qui va faire, néamoins, le bonheur des actionnaires des grands groupes pharmaceutiques et j'en passe évidemment... -, il devient difficile de trouver des occasions de rire ou simplement de sourire, de jouir de purs moments de poésie ou de jeu - comme ça, pour le plaisir ; et presque héroïque de s'arracher à la morosité. Pour ces raisons, je rends grâce aux billets de Tony, de Marielle, entre autres - je suis sûr qu'il y en a d'autres qui m'échappent - qui ont illuminé mon weekend ! quelle chance pour le Club de pouvoir offrir ces billets pour le rêve et pour le délire ! du vrai bonheur !
Il ne faudrait pas pour autant que cela débouche sur un risque d'anti-théoricisme, comme on disait jadis,( un mot bien sérieux et dont je demande qu'on me pardonne l'usage et qu'on comprenne que je l'utilise avec toute la politesse possible) et c'est ce que je ressens dans le billet de Marielle. Même si la théorie est grise, même si ceux qui s'y essaient ont parfois de la peine à sortir de leurs obsessions et semblent plus pressés de régler des comptes que de faire avancer la réflexion, si d'autres continuent de croire que l'insulte et le mépris ont valeur d'argument ou de manifester la tranquille assurance d'avoir déjà tout vu, tout écrit, tout compris - preuves "éditoriales" à l'appui ! -, je reste persuadé que nous avons un besoin immense de travail de recherche, de confrontations intellectuelles, de lectures de fond, qu'il nous faut revisiter certaines analyses, certains concepts que nous avions un peu trop hâtivement jetés aux oubliettes (la pensée de Marx en fait partie) mais aussi qu'il nous faut nous interroger sur les réactions qui continuent d'être les nôtres quand sont abordés des thèmes qui nous hérissent le poil - je suis toujours étonné de la violence anticléricale ou plus encore anti-religieuse, qui éclate sur certains blogs, comme si nous vivions encore à l'époque de Voltaire ou à celle du petit Père Combes, époques où l'Eglise était une force avec laquelle il fallait compter : comment ne pas voir que l'idéologie réactionnaire de S. et de ses conseillers, dans son désir d'effacer tout ce qui a été conquis par la gauche, depuis des décennies, tente, en vain, de ressusciter des épouvantails qui ne font plus peur à personne et que n'entoure qu'une poignée de nostalgiques, de réveiller des bagarres qui n'ont plus de raison d'être, comme celle de la laïcité - encore ne faudrait-il pas lui prêter main forte en fonçant dans le panneau ! les vrais problèmes sont ailleurs, les vrais combats aussi : comment change-t-on de manière d'être au monde quand le monde sur lequel nous avons vécu est exangue ?
Faut tenir les deux bouts de la chaîne !