La mort de la Médecine du travail, épilogue

Dernier billet sur ce thème, on n'en parlera plus. Mais en a-t-on suffisamment parlé ? Je retranscris le message qui vient de m'être adressé.

Dernier billet sur ce thème, on n'en parlera plus. Mais en a-t-on suffisamment parlé ? Je retranscris le message qui vient de m'être adressé.

            "Voilà qui clôt l'affaire...

             Donc, rien sur la Médecine du Travail, même pas citée.

             Il faut dire que presque tout le monde s'en fout. Et le gouvernement y voit une avancée sociale...

              La fiche pénibilité que les entreprises refusaient d'appliquer est supprimée.

             L'histoire des CDD renouvelables fait sourire car les entreprises en usent déjà depuis longtemps de façon illégale, mais qui les en empêchait ? Maintenant, c'est légalisé.

             Bref, BRAVO M. Rebsamen : vous pouvez vite reprendre la direction de la grande ville de Dijon: avant que la moutarde ne monte au nez des français. Mais comme d'habitude ce sera trop tard."

Et maintenant, place à la prose ministérielle, parce qu'il faut bien rire un peu. Un bel exemple de langue de bois et d'autosatisfaction. Je laisse à chacun le soin de traduire en termes concrets cette série de reculades présentées comme des progrès ; cette soumission aux voeux des entreprises présentée comme le signe d'un courage politique d'exception ; ces promesses qui ne mangent pas de pain, comme on dit, tant elles sont vagues.

                               DECISION FAVORABLE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR LA LOI

                                               RELATIVE AU DIALOGUE SOCIAL ET A L'EMPLOI

14 août 2015

                    La décision favorable du Conseil Constitutionnel sur la loi relative au dialogue social et à l'emploi ouvre la voie à une rénovation en profondeur du dialogue social dans notre pays et oeuvre en faveur de l'emploi et de l'activité.

                     François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, se félicite de la validation par le Conseil Constitutionnel de la loi relative au dialogue social et à l'emploi. [euh, je remarque que c'est la troisième fois, en trois phrases, que le Ministre de etc... emploie le même syntagme. La répétition - enfoncer le clou - est censée tuer toute possibilité de discussion.. - mettez-vous bien ça dans la tête, puisque on vous dit qu'il ya du dialogue, et de l'emploi et de l'activité..]

                       Cette loi est un progrès social.

                       Elle rénove et simplifie le dialogue social au sein de l'entreprise en renforçant la participation des salariés, en regroupant et clarifiant les obligations de consulter, et en étendant le champ de la délégation unique du personnel. [concrètement, ça veut dire quoi ?]

                      Elle fait progresser l'égalité entre les femmes et les hommes [ah! ça c'est très bien], notamment en imposant pour la première fois une obligation de représentation équilibrée sur les listes aux élections professionnelles [et pan sur ces syndicalistes machistes !!]

                     Elle améliore la prise en compte de la santé au travail en simplifiant le compte de prévention de la pénibilité (suppression de la fiche d'exposition individuelle, mise en place de référentiels de branche opposables) [ j'aimerais qu'on m'explique. La seule chose que je comprends c'est que cette histoire de pénibilité des tâches, c'était très compliqué à définir, très subjectif aussi - après tout personne ne force personne à faire un job un peu fatigant - et puis c'était de la paperasse supplémentaire et ça c'était vraiment pénible... pour les patrons] et en reconnaissant pour la première fois le syndrome d'épuisement professionnel, dit "burnout" [en anglais dans le texte ministériel, peu soucieux de défense de la langue française, mais heureux d'adresser ce petit clin d'oeil à la langue des medias - vous voyez, comme je suis attentif à parler comme vous le faites !]

                    Elle oeuvre en faveur de la création d'emplois, notamment dans les TPE et PME, en permettant un deuxième renouvellement du CDD dans le respect de la durée maximale légale, et en précisant et adaptant le cadre juridique du CDI intérim voulu par les partenaires sociaux [notez le pluriel ici employé, pour la première fois !]

                    Elle sanctuarise le régime de chômage des intermittents du spectacle et crée un mode de négociation`[quelle puissance, quelle force pour imposer ainsi ce qui n'avait jamais existé ! je suis éperdu d'admiration !] permettant une prise en compte responsable [là, y a un os - ça semble vouloir dire qu'on ne peut négocier qu'avec des gens raisonnables, c'est-à-dire aptes à comprendre et à accepter ce que les autres estiment raisonnable] de ses spécificités.

                     Elle crée [encore ! n'en jetez plus !] la prime d'activité qui, à compter de 2016 [avant 2017, donc...] permettra aux travailleurs les moins bien rémunérés, notamment les jeunes [tiens ! rien pour les PDG ? c'est pas juste,va falloir y remédier] de percevoir un complément de revenu [il n'y a pas de "s", comme c'est bien vu !] afin de valoriser la reprise d'emploi et de soutenir le pouvoir d'achat.

                   Enfin, elle introduit le compte personnel d'activité, qui sera, comme l'a dit le Président de la République [oh, alors, s'il l'a dit...], le capital de ceux qui travaillent [voilà qui est malin, tous des capitalistes, si je comprends bien. D'accord, il y aura toujours des gros et des moins gros, des qui vont en classe en Rolls et des qui y vonr à pied, mais ce n'est pas grave, on n'y peut rien de toute façon, l'essentiel est bien que nous ayons tous un capital], en réunissant leurs droits dans un compte unique et en leur donnant ainsi des moyens de prendre en main leur destin professionnel [ça doit vouloir dire quelque chose, mais présenté comme ça, moi, je n'y comprends rien..](...)"

                                          Il y a encore deux paragraphes, très intéressants aussi, mais je m'arrête là. Je ne me sens pas très bien. Un léger écoeurement. Trop de prose ministérielle nuit à la santé.

                        

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