Quo vadis, covid ?

                    Où vas-tu, covid ? il court, il court le virus ; mais plus encore que lui court la peur - la peur entretenue par des médias nécrophiles, incapables de s'interroger sur la manière dont cette pandémie aura par eux été traitée. Peur à géométrie variable, d'ailleurs, puisque le climat est alourdi par les décisions contradictoires des gouvernants - masques, pas masques, n'importe lequel d'ailleurs, en torchon, en tissus pas biodégradables...-, et des gouvernements (confinement, pas confinement, déconfinement rapide ou pas).

                    Même pas peur, chez bien des patrons qui continuent à penser que tout doit reprendre comme avant, que ces feignants de travailleurs qui ont été au chômage technique,  chômage partiel ou  chômage tout court doivent revenir dare-dare et se remettre au boulot, et après tout c'était des vacances pour eux, cette période, alors on peut rogner sur leurs congés avant de rogner sur leurs salaires - il faut des sacrifices, tout le monde doit s'y mettre. Sauf les très riches, pas question dit Monsieur le ministre Bruno Le Maire, de reprendre cette foutue question de l'ISF - c'est fait, c'est fait ; quand il y en avait, ça ne servait à rien ; pas question, dit le Président du Sénat, d'écouter ceux qui vont seriner les mêmes rengaines - nationalisations, partage du travail etc... : non, il préfère lui, seriner ses rengaines à lui, qui ont l'avantage d'être dans la droite ligne du néolibéralisme : aider les entreprises, alléger les impôts, les charges, baisser le nombre des fonctionnaires...

                     L'urgence n'est jamais une bonne chose - même si on comprend que lorsque rien n'a été anticipé, que les alertes lancées depuis des années par quelques hommes et femmes lucides n'ont pas été entendues, il faut bien se débrouiller avec les moyens du bord -, et l'état d'urgence, pas davantage - état d'urgence,  étrange expression qui allie deux termes au  sens opposé : l'état qui dit la stabilité (cf l'étymologie latine, le verbe stare, se tenir) et l'urgence qui dit ce qui déstabilise. Cette situation contradictoire ne saurait durer. Sinon, il y aura urgence à sortir de l 'état d'urgence et personne ne sait à quoi cela peut aboutir.

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