Retour sur un marathon électoral

Un peu fatigué. La chaleur, sans doute. Ca canicule sec, par chez moi. Je vais rester tranquille. Pas d'élections en perspective pour les mois à venir.

Un peu fatigué. La chaleur, sans doute. Ca canicule sec, par chez moi. Je vais rester tranquille. Pas d'élections en perspective pour les mois à venir. Il paraît, tout le monde le dit, que l'accumulation de votations - des primaires aux législatives en passant par les présidentielles- ça vous épuise un citoyen ! Drôle d'argument, dans un pays qui se veut démocratique, on aurait aussi bien pu invoquer l'extrême chaleur - les vieux, qui votent assez régulièrement,  étaient invités à rester chez eux - la tentation des bords de mer, pour les trentenaires, et les bouchons inextricables - la fonction performative des medias qui n'en finissaient pas de prédire une vague d'abstention ....Mais non, on trouve tout à fait compréhensible que les citoyens en aient marre d'être traités comme des citoyens ; ils sont fatigués, les pauvres.

Je reviens sur ce prétendu marathon. Je suis allé voter aux primaires de la droite et j'ai voté Juppé, au premier tour, pour ne pas voir revenir Sarko. Bien joué. Sarko out. Oui, mais Fillon ayant devancé Juppé, il a fallu revenir pour voter une seconde fois Juppé. Zut, mauvaise pioche; c'est Fillon qui a gagné. Je suis allé voter aux primaires de la gauche, aux deux tours, bien sûr : Hamon était mon homme, avec quelques restrictions, et je ne voulais pas de Valls. Bien joué de nouveau. Valls out. Les présidentielles sont arrivées. Mon candidat favori n'ayant pas été aidé par ses petits camarades ni par Mélenchon, il m'a fallu voter Macron pour faire barrage à une Le Pen que tout le monde disait quasi angélique et tellement intelligente (on ne disait plus la même chose après le débat où elle se révéla  diablement nulle). Je l'ai fait sans état d'âme particulier - tout en me promettant d'être vigilant. Bonne pioche. Trop bonne pioche, même, qui fait frémir les commentateurs de tout poil - qu'est-ce qu'il nous réserve, celui-là ? faudrait pas qu'il nous joue les Bonaparte, etc... Du coup aux législatives, j'ai voté socialiste, une jeune femme au beau parcours, hamoniste de surcroît qui faisait équipe avec Noël Mamère. Zut, pas de bol, elle n'arrive qu'en troisième position. Résultat, au second tour, un macroniste juppéiste et un candidat de la France Insoumise s'affrontent ; le choix est vite fait, allons-y pour un vote d'union de la gauche pour une fois qu'elle se réalise. Et là, surprise, ça marche.

J'ai trouvé passionnante cette période, avec ses moments d'écoeurement (Fillon),  d'angoisse (Le Pen), d'étonnement vaguement admiratif (la séquence du Louvre). Pour un peu, elle m'aurait réconcilié avec cette démocratie représentative qui a tant de défauts, mais  aussi le mérite de déjouer les pronostics. Période intensément politique, intensément stratégique dont je suis convaincu qu'elle ne peut ouvrir que sur un engagement renouvelé dans la vie citoyenne de notre pays. Faut reprendre son souffle, c'est sûr ; ne pas se reposer sur des lauriers pas plus d'ailleurs que sur de vieilles références qui ont fait leur temps ; être vigilant.

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