Un mois sans écrire ici , de vraies vacances ! sans cet automatisme qui fait qu'on se branche pour respirer les nouvelles du monde, pour se shooter aux commentaires multiples qu'elles suscitent. On s'aperçoit qu'on peut parfaitement vivre sans...Des vacances pour réapprendre à s'émerveiller d'un écureuil qui joue les trapézistes au sommet des pins, d'un rouge-gorge quémandeur effronté, de cette odeur de curry que dégagent les plantes qui poussent sur la dune ; pour jouer à cache-cache avec les autorités sanitaires et déguster des moules quand les huîtres sont interdites et des huîtres quand les moules le sont à leur tour - sauf que l'on apprend le lendemain que c'était tout juste l'inverse qu'on aurait dû faire - vive le principe de précaution et tant pis pour les ostréiculteurs : il est vrai que s'ils abandonnent la partie, ça s'agitera du côté des promoteurs ! Zut, même pendant les vacances, on est rattrapé par la dure loi du réel. Alors, on se réfugie dans une douce rêverie - les bateaux, les golfes clairs, tout ça, ce côté japonisant du bassin d'Arcachon, Cocteau qui venait y soigner sa tuberculose et se promenait à moitié nu et tout bronzé - les bateaux, les bateaux, j'avais oublié qu'il y en avait autant, des petits, des gros, surtout des gros, des qui bouffent plein de gaz-oil et qui font plein de bruit, des qui restent là , la quille dans l'eau, bien arrimés à leur corps-mort, qui servent à rien, quoi, à peine à jouer les signes extérieurs de richesse..., plus de bateaux que de poissons en tout cas...
Mais, voilà, il faut rentrer et retrouver tous ceux qui sont déjà rentrés depuis quelques semaines et qui ont déjà eu le temps de reprendre toutes leurs mauvaises habitudes et qui supportent mal que vous ayez plutôt bonne mine. Tous ceux qui ont repris leurs luttes, leurs chamailles, leurs bisbilles ou qui ne les ont jamais arrêtées ; ceux qui disent - ma factrice, ce matin - jusqu'où il va aller l'autre zinzin ? y aura personne pour l'arrêter ? faudrait cesser, à gauche, de s'engueuler, de réclamer que ça change et puis de rejeter avec grand mépris ceux ou celles qui proposent de changer tout ça, cette honte d'un parti tricheur, ces petits arrangements avec l'idéal.
Une rentrée, en un mot. Rentrée dans le tas ? dans le lard ? dans la mêlée ? sur la pointe des pieds ? en fanfare ? c'est toujours, chaque année la même chose, en fin de compte, on croit qu'on n'y arrivera pas, qu'on va repartir le soir même, et puis on retrouve les copains, des têtes nouvelles, des rendez-vous sont pris, des projets reprennent du poil de la bête et c'est reparti...