"L'Avenir est notre poubelle", c'est le titre d'un petit livre corrosif de Jean-Luc Coudray, paru aux éditions Sulliver. Il est sous-titré :" l'alternative de la décroissance". Il ne faut pas s'attendre à des démonstrations abstraites - ce n'est pas le genre de Jean-Luc Coudray - ses connaissances en économie sont celles de tout un chacun. (il a pourtant de bonnes lectures, il a lu Ellul, il a lu Bernard Charbonneau, Simon Charbonneau et quelques autres - j'en reste aux penseurs bordelais si longtemps et injustement ce monde pollué et fliqué, ce monde appauvri et vulgaire, ce monde inculte et intraitable pour tous ceux qui en ignorent ou en refusent les règles. Ce monde où "l'intrusion marchande pervertit notre rapport sujectif au [réel]."

Il le fait au travers de textes brefs, faussement décalés, qui semblent s'interroger naïvement sur les feux rouges, la télévision, les marques etc, mais nous donnent en réalité l'esquisse d'une autre manière de vivre qui renoue avec la beauté, la poésie, la rencontre d'autrui, la lenteur. La décroissance ? viendra, et sans doute plus vite qu'on ne le pense, un moment où elle s'imposera à nous. Mieux vaudrait nous y préparer dès maintenant !

Quand, en 2007, Coudray se présentait aux législatives sous les couleurs d'un parti pour la décroissance, personne ne le prenait au sérieux. Deux ans après, les événements lui donnent chaque jour un peu plus raison.

 

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