Un moment de "journalisme indépendant" savoureux, ce matin, sur France info. La revue de presse : on revient sur la conférence de presse de NS, on ne cite que des commentateurs admiratifs - surtout celui du Figaro qui s'ébahit devant l'intelligence du piège tendu à Dominique S-K - comment trouver des arguments de gauche quand le génial NS les a tous utilisés ? -, sur la portée de ce discours, rien. Interview d'un chercheur au CNRS, spécialiste du "story telling" : lequel, après avoir rappelé combien notre président s'inspire des techniques de com de Tony Blair et de George Bush, met le doigt sur une similitude entre"l'effet Katharina" qui avait totalement discrédité Bush, révélant la contradiction entre son discours compassionnel et sa réelle indifférence aux conséquences humaines de l'ouragan, et l'effet" qu'il propose d'appeler "tunisien" qui met en lumière, de manière bien fâcheuse, au moment où NS se pose en nouveau sauveur du monde, son indifférence, voire son hostilité, au mouvement populaire en Tunisie. Oui, mais, dit le journaliste, cette conférence de presse du président de tous les G réunis ? On passe de Kipling et Conrad (capitaine courageux) à Alice au Pays des merveilles (qui rêve d'un monde où les contraires se réconcilieraient) ; vous avez certainement, répond le chercheur, lu la presse étrangère, et donc vos auditeurs en ont entendu parler - gargouillis curieusement incompréhensible -, c'est, pour elle, un non-événement, elle n'en parle tout simplement pas ou n'en retient que le mea culpa sur l'affaire tunisienne.
Sommes-nous donc les seuls à attacher un quelconque crédit aux propos de notre président ? Oui. Ou plus précisément, les journalistes du service public sont-ils les seuls à attacher , etc. ? Oui, surtout, puisque Nicolas Poincaré s'est empressé de réexpédier son interlocuteur à ses chères études, sans lui poser d'autres questions. Fin, abrupte, de l'histoire.