Juppé tient un blog. Normal. Moderne. Il y a fait entendre, parfois, une musique un peu différente de celle qui se jouait dans les cercles du pouvoir sarkoziste. Il est maintenant le ministre qu'on sait, numéro deux de ce gouvernement qui s'affole à l'approche des élections et il essaie une autre partition, avec un bonheur qu'on pourra juger : dans un grand élan de lyrisme, il voit NS "comme une vague puissante sans cesse renouvelée qui apporte chaque jour son lot d'idées neuves" et par opposition- appréciez la finesse de l'image - Hollande n'est que " le galet, roulé dans le ressac, qui tente d'exister. Différence avec le galet, il s'use vite." Je pourrais dauber sur la flagornerie courtisane de ces phrases. Mais, c'est sans importance.
C'est l'image même qui m'intrigue. Comparer NS à une vague c'est un peu ...vague et l'observation de Juppé est assez courte. Vague "puissante" ? Lame de fond ? Tsunami ? Mer agitée ? Houle destructrice ? Répétition monotone des mêmes mouvements, plutôt, et qui apporte du large bien des débris, bien des déchets, bien des cadavres - la pollution habituelle de cet océan devenu poubelle. Mais, dans ce mouvement de va et vient, ce qui a été apporté aujourd'hui est remporté demain et sur la plage nettoyée, la seule chose qui reste c'est... le galet. Beaucoup d'agitations, beaucoup de gesticulations à côté de quoi l'obstination tranquille du galet apparaît gagnante !
Une critique subliminale ? un retour du refoulé ? quelques mots pour rien ?