Michel Le Bris

                           Je lis l'annonce de la mort de Michel Le Bris. RIP, qu'il repose en paix. Bien sûr. Les hommages vont se multiplier. Je me demande si quelqu'un rappellera que cet ancien membre de la GP (Gauche prolétarienne, pour ceux qui ont oublié), ce co-fondateur de la Cause du Peuple, co-fondateur de Libération et créateur du Festival Etonnants voyageurs fut condamné pour avoir plagié, dans son livre D'or, de rêve et de sang, l'épopée de la flibuste, 1494_1588, le travail de l'universitaire Mickaël Augeron Coligny et les Espagnols, à travers la course (1560-1572) : une politique maritime au service de la cause protestante. Il s'en était défendu avec ces arguments minables qu'utilisent les plagiaires - normal d'écrire les mêmes choses quand on travaille sur un même sujet, ou encore ce n'est pas de ma faute, j'ai oublié les guillemets... ; il avait sans doute partagé les propos définitifs de son collègue en contrefaçon, Alain Minc, qui déclarait qu'il n'aimait pas les mentalités de notaire, visant sans doute par ces termes censés être méprisants ceux qui comptent les lignes volées pour parvenir à faire condamner leur voleur !

                           Quand quelqu'un meurt, on se garde généralement de faire mention de ses "faiblesses". Mais, de son vivant, cela n'a pas davantage choqué qui que ce soit. Qui aurait songé à critiquer quelqu'un qui pouvait l'inviter à passer quelques jours au bord de la mer ? qui aurait pu manger le morceau dans un milieu où, comme dans tout "milieu", tout le monde tient tout le monde dans un réseau serré de services donnés/rendus. ? Sur ce point aussi les analyses de Laurent Mauduit continuent d'être d'une lucidité parfaite.

                          Allons, tout ceci est peut-être dérisoire. Mais la flibuste  a de nombreux beaux jours devant elle.

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