Fin de l’affaire Benalla

Il y aura bien un moment où ceux qui pensent profiter de l’affaire Benalla se rendront compte qu’ils sont en train d’accabler et finalement de martyriser un gosse de 26 ans issu des quartiers défavorisés de la République, dont l’irrésistible ascension au sein de l’Elysée a fait plus que gêner.

Il y aura bien un moment où le personnel politique engagé dans la désormais vindicte incendiaire se mettront à la place des jeunes gens qui n’ont pas encore le droit de voter à la prochaine présidentielle et qui sont eux aussi issus des dits quartiers difficiles: pour qui voteront-ils, ces gamins qui ne sont pas partis en vacances et qui ont les yeux rivés sur les News et les Fake News ? Et qu’en pensent leurs parents ? 

Il y aura bien un moment où Droite et Gauche se rendront compte que s’être attaqué au maillon faible de la « macronie » a été un acte politique insuffisamment réfléchi et qu’il va falloir procéder autrement. L’alternativité des propositions politiques pourrait-on suggérer.

L’affaire Benalla met en lumière ce qu’a entraîné l’élection d’Emmanuel Macron: un fort grincement de dents face à la réussite d’un trentenaire qui n’avait jamais exercé un mandat politique, et de la rancoeur toute humaine face à l’évidence d’un talent manifestement napoléonien. 

Nul doute que que ceux comme moi qui ne sont ni de Gauche (classique), ni de Droite (classique), ni de LaREM auront eu un haut le cœur en voyant Extrême Droite, Gauche (nouvelle, simili ou ancienne) et Droite s’entendre pour contrecarrer la marche du gouvernement.

 

Il faut savoir quitter à temps la farce de l’hystérie collective. Cela vaut aussi pour les chaînes dites d’information en continu qui n’ont toujours pas tiré les leçons de l’aspect addictif ET déflagratoire des images passées en boucle, qui ne font que semer le trouble dans l’opinion qui ne cherche qu’à comprendre. Cela vaut également pour les éditorialistes qui se sont un peu trop emballés quand ils ont reproché au président de la République d’avoir trop ouvert les portes de l’Elysée aux footballeurs dont la majorité est issue de l’histoire coloniale française, et quand ils continuent à mêler leurs voix à ceux pour qui il est difficile d’exister politiquement dans un quinquennat qui va trop vite et qui empêche de préparer lucidement le prochain. 

 

On a dit et écrit souvent que « les Français » ont en assez de la politique à l’ancienne. Voici la raison principale pour laquelle le locataire de l’Elysée y a été placé par ceux qui en avait le plus marre. Et, pour moi, il ne fait aucun doute que nous sommes en train de vivre les derniers soubresauts de l’agonie des dégagés et des perdants. 

 

Mesdames et messieurs du personnel politique soyez donc à la hauteur de la chose politique telle que ceux qui voudront voter aux prochaines présidentielles la rêve, telle que nous l’envisagerons tous à l’issue des résultats de ce présent quinquennat. Faites-nous rêver je vous prie ! Dessinez-nous plutôt une autre société, si bien sûr vous en avez le désir, la créativité et le talent. La politique est belle quand les idées et les projets se confrontent, elle s’avilit quand elle ne se résume qu’à des procès faits à des personnes. C’est d’autant plus navrant quand on s’en prend aux plus faibles.   

 

Allez... je me laisserais bien aller comme vous à l’exagération hystérique, mais juste pendant une petite seconde, le temps d’un sourire crispé puisque manifestement cela affadit la conscience : Benalla c’est pas Cahuzac et la sécurité personnelle du président c’est pas Bygmalion. Ouf!

 

Fin de l’affaire Benalla. 

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