COUP D’ETAT CONTRE DILMA ROUSSEFF : HEURES SOMBRES DE LA JEUNE DEMOCRATIE BRESILIENNE

Neuf mois de crise institutionnelle et de « coups bas » pour aboutir à ce qu’il faut bien appeler un coup d’état en bonne et due forme.

Le verdict du procès à l’encontre de Dilma Rousseff ne laissait guère la place au doute quant au sort de la présidente réélue en 2014 par 54.5 millions de brésiliens. La chambre haute a voté ce 31 août, par 61 voix contre 20, sa destitution définitive.

Tous les prétextes sont bons pour évincer une gauche démocratiquement élue depuis quatorze ans et pour détruire par l’austérité et la rigueur 14 années d’une politique sociale qui aura permis à 40 millions de brésiliennes et brésiliens de sortir de la pauvreté.

Cependant absolument aucune preuve n’a été présentée pour corroborer les accusations concernant les faits de corruption qui lui sont reprochés. Dilma Rousseff n’est mise en cause dans aucune des innombrables affaires de corruption qui touchent la classe politique brésilienne.

Le président par intérim, Michel Temer, lui-même impliqué dans plusieurs affaires de corruption, a accusé Dilma Rousseff de « crime de responsabilité ». Une commission d’enquête indépendante balayera ces accusations dans un rapport rendu au Sénat.

Ceux-là mêmes qui ont lâchement nié la démocratie en poussant Dilma Rousseff au bord du précipice sont mêlés à bien des affaires de corruption. Quelle crédibilité accorder à ces parlementaires de l’opposition de droite érigés en « juges » si ce n’est aucune ? 

La jeune démocratie brésilienne sort affaiblie de telles basses manœuvres. Un long processus d’impeachment, éreintant, pénible pour un peuple qui ne connaît le suffrage universel que depuis 1989 et la fin de la dictature.

Pour assombrir un peu plus encore le tableau, tout ceci se déroule dans la quasi indifférence de la communauté internationale. Une indifférence alimentée par le silence du gouvernement français, pourtant interpellé sur cette situation par ma collègue sénatrice Laurence Cohen.

Un appel à l’initiative de ma collègue, qui a été signé par de nombreux parlementaires de gauche dont je fais partie, a été lancé au gouvernement ainsi qu’à la communauté internationale afin de condamner fermement ce coup d’état qui contrevient totalement au respect du vote populaire et à la démocratie.

En lendemain du verdict actant la destitution de Dilma Rousseff, je dénonce avec force ce coup d’état institutionnel qui piétine la volonté de 54 millions de Brésiliennes et de Brésiliens qui ont voté en 2014 en faveur de Dilma Rousseff, dont les choix politiques ont notamment permis de sortir 40 millions de personnes de la pauvreté.

 

J’appelle toutes et tous les démocrates à apporter leur soutien à Dilma Rousseff, au camp progressiste et au peuple brésilien.

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