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Billet de blog 5 mai 2017

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LE LEURRE D'UNE EXTREME-DROITE «PROCHE DU PEUPLE»

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C’est un leurre ! De longue date, le plus grossier du paysage politique français ! Le leurre d’un FN qui serait proche du peuple, des ouvriers, des oubliés. Ce grand tour de passe-passe de la dynastie prestidigitatrice du FN -père, fille, nièce et compagnons- , doit être dénoncé.Ces prestidigitateurs de circonstance, uniques pourfendeurs, selon eux, du "mondialisme économique et financier" et du "mondialisme jihadiste"...

Faire peur pour diviser, diviser pour mieux régner, mais surtout, faire croire pour mieux berner. Marine Le Pen et ses compères l’ont bien compris, le FN doit avancer masqué sinon personne, ou presque, n’en voudrait.

Ce masque du bien qui permet au FN de conquérir les cœurs des plus précaires, de faire sauter le verrou du discours tabou, démontre son efficacité jusque dans la fonction publique hospitalière où la thèse de « l’immigration sanitaire » y trouve un crédit inespéré.

Mais qu’est-ce que c’est au juste ce FN qui nous veut tant de bien ? Que fait-il là où il compte des élus aux affaires ?

Pour tout vous dire, pas grand-chose de bon, si ce n’est rien de bon du tout.

Premier constat : les plus faibles en paient le prix.

Il y a ce maire FN du Pontet, dans le Vaucluse, où la gratuité de la cantine pour les plus démunis a été supprimée, tout comme à Hayange, en Moselle où cet autre maire a également délogé de ses locaux l’institution qu’est le Secours Populaire Français et l’a privée de subvention. Il y a le Maire de Béziers  qui prive les enfants dont les parents n’ont pas d’emploi, d’accueil avant l’école le matin. Rappelons que dans cette ville qui est la 9ème plus pauvre de France, 33 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Ou encore le Sénateur-Maire de Fréjus, David Racheline, qui a jugé utile et pertinent de faire des économies en réduisant les subventions aux centres sociaux.

Tiens, parlons-en de ce dernier qu’il ne m’est jamais arrivé de croiser dans l’hémicycle, pas plus que son confrère, Stéphane Ravier, Sénateur-Maire du 7ème arrondissement de Marseille, car inexistants.

Ces deux-là illustrent à eux seuls l’incompétence et les idées d’un parti qui se dit proche du peuple.

Ils nous permettent de dresser un second constat : faire croire qu'ils sont de tous les combats alors qu’ils ne sont nulle part.

Absents lors de chacun des débats sur le Projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2016 et 2017, ces « représentants du peuple » ont validé par défaut les coupes budgétaires imposées aux hôpitaux et à l’Assurance Maladie, les 25 milliards d’exonérations des cotisations sociales accordées essentiellement aux grandes entreprises, la remise en cause de l’universalité des prestations familiales, l’amendement voté à l’époque par la droite reportant à 69 ans l’âge de la retraite à taux plein, les difficultés rencontrées par les salarié(e)s et les associations d’aide à domicile et l’augmentation du taux de CSG pour 460 000 retraités. Les « classes populaires » apprécieront.

En grattant un peu, on trouvera sous le vernis brillant du FN, les quelques amendements déposés lors de l’examen de la loi Travail et visant à contourner les syndicats, à libéraliser le marché du travail, à supprimer le compte pénibilité ou encore de réduire à 2 mois, la durée de difficultés économiques nécessaires pour autoriser les licenciements économiques.

Les quelques interventions à mettre à leur actif n’ont consisté qu’à diviser, à promouvoir la haine de l’autre, à agiter les peurs. Rien ou presque sur les droits des travailleurs, l’évasion fiscale, la défense du droit du travail.

Tout cela en dit long sur les aspirations d’un parti qui n’a pour objectif que de mettre à mal la République, ses valeurs fondamentales et la cohésion qu’elle prône et défend.Lors des élections présidentielles de 2017, la campagne menée par Marine Le Pen, jonchée de mensonges et d’inepties, consiste en un véritable exercice de désinformation de masse, de contrôle de l’information pour construire une politique de la méfiance, du rejet, de la haine et de l’indifférence. L’indifférence, comme celle dans laquelle opèrent ces élus FN qui ne s’oublient pas : plusieurs d’entre eux ont d’ores et déjà augmenté leurs indemnités, n’hésitant pas à franchir la ligne de l’indécence : l’un d’entre eux, ce maire du Pontet que je citais un peu plus tôt, a tenté une augmentation de 44%.

Heureusement refusée par le tribunal Administratif…

Disons les choses clairement : aujourd'hui le vote Macron s'impose ! Ce n'est pas un vote d'adhésion au programme du candidat d'En Marche!. Il s'agit bel et bien d'assumer notre responsabilité, celle de sauver la République lorsque ses valeurs sont menacées.

L'enjeu actuel dépasse de loin les désaccords, bien que considérables, qui ont animé les débats de la campagne du premier tour.

Le débat d'entre deux tours qui s'est tenu le 3 mai nous a montré a quel point la candidate de l'extrême droite jongle entre erreurs, manipulations, mensonges et approximations, en particuliers dans des dossiers centraux comme l'Europe et l'euro.

Le danger est là, il a un visage, il porte un nom, il nous incombe de l'éloigner des clés du pouvoir.

Le 7 mai, prenons nos responsabilités et votons MACRON.

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