Besson , EU et CCCG 450 MW à Landivisiau

Gaspare à Landivisiau: Et de 5 CCCG 450MW ! © Squapad

Projet de centrale électrique à gaz à Landivisiau :
une décision archaïque à contre-courant de l'Europe,
changeons de « triskell » !

Le hasard du calendrier a voulu que la décision rendue publique, le 29 février, par le ministre Besson soit intervenue au lendemain d'un vote très important au Parlement européen. Examinant le projet de « directive européenne sur l'efficacité énergétique et les économies d'énergie», la commission industrie-recherche-énergie a décidé de rendre obligatoire pour les Etats membres une baisse de 20% de leur consommation d'énergie d'ici 2020. Ce rapport a été voté par les députés écologistes mais aussi socialistes et de droite (groupe PPE) et sera donc très probablement confirmé lors de la plénière d'avril.

Sur un sujet qui relève du pouvoir de codécision du Parlement européen la commission parlementaire a voté des objectifs précis : chaque année une baisse de 1,5% de la consommation d'énergie dans tous les secteurs d'utilisation finale et la rénovation thermique de 2,5% des bâtiments du secteur public.

Pour atteindre ces objectifs la commission du Parlement européen préconise des mesures d'application :
l'installation gratuite de compteurs intelligents chez les particuliers,
des audits énergétiques mis à disposition des PME, financés par des abattements fiscaux ou des subventions.

Pour financer ces mesures les députés européens préconisent de recourir aux fonds existants (fonds structurels : FEDER, FSE...) et aux instruments financiers disponibles (Banque européenne d'investissement, emprunts obligataires...).

Les députés européens ont calculé que cette politique innovante permettra à l'Union européenne de créer 2 millions d'emplois, d'économiser 200 milliards d'euros par an et d'alléger la facture énergétique des ménages de 1.000 euros par an en moyenne.

Le « pacte électrique breton », signé en décembre 2010, apparaît déjà dépassé par cette nouvelle politique européenne puisqu'il a été construit sur un scénario d'augmentation des consommations d'énergie en Région Bretagne qui venait, selon ses partisans, justifier la construction d'une centrale électrique à gaz dans l'attente du déploiement des énergies renouvelables, marines notamment. Les évolutions démographiques légèrement différentes de la Région Bretagne (+0,7% par an) et de l'Union européenne (+0,3% par an) ne sauraient justifier que la Bretagne se mette en marge de la nouvelle politique énergétique de l'Union européenne qui va donner la priorité à la sobriété et à l'efficacité.

Le projet de centrale électrique à gaz à Landivisiau est déjà un projet du passé, un projet dépassé. Tournons-nous vers l'avenir, vers un « triskell » durable : sobriété, efficacité, énergies renouvelables locales.

Christian Guyonvarc'h
conseiller régional de Bretagne / kuzulier-rannvro Breizh

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