Dans le cadre de la consultation citoyenne qui a débuté ce 15 septembre 2014, trois enquêtes publiques simultanées sont ouvertes au public concernant un projet d’une centrale électrique à cycle combiné gaz (CCCG) de 422 MW à Landivisiau. L’UDB, membre fondateur du Collectif Gaspare, rappelle son opposition à ce projet.
Lors du vote du Conseil Régional sur le "Pacte Électrique Breton" en janvier 2011, intervenu plusieurs semaines après sa signature (!), les élus de l'UDB avaient dit leur plein soutien au développement des énergies renouvelables et à la maîtrise des consommations électriques en Bretagne, mais s'étaient fermement opposé à la partie relative à la "sécurisation" de l’approvisionnement électrique en Bretagne car elle contenait l’implantation d’une centrale électrique à gaz. Or le projet d'une CCCG de 422 MW sur la commune de Landivisiau est la conséquence du "pacte électrique breton"..
L’UDB considère objectivement que ce projet accentuerait la dépendance énergétique de la Bretagne envers des fournisseurs d’énergie fossile internationaux, dans un contexte géopolitique aggravé ou les conflits armés ne sont jamais éloignés des lieux de pompage de ces ressources. Elle conteste le choix technique du rajout d’une unité de production d’électricité alimentée en énergie primaire gaz, qui se traduit par un gaspillage de 45 à 50 % de l'énergie primaire consommée. Elle souligne les conséquences aggravantes en termes de pollution et d’excès de CO2 provoquées par cette unité en projet. Elle pointe la contradiction de l’État français qui doit accueillir la Conférence Climat à Paris en 2015.
Par ailleurs, l'UDB condamne ouvertement les tentatives de l’administration d'État de maintenir secrètes les prospectives initiées par RTE concernant une interconnexion entre l'Irlande et la Bretagne. Elle rappelle les écrits de Philippe Deslandes, président de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), au sujet du rejet de la demande d'un débat public formulée par le collectif GASPARE : "La Commission a saisi le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement de cette question. La Commission rappelle qu’elle considère par ailleurs que le projet d’une centrale à cycle combiné gaz et les projets des réseaux d’alimentation en gaz et de transports d’électricité qui lui sont liés sont artificiellement scindés."
L'UDB fait observer que le projet CCCG est en totale contradiction avec la loi sur la transition énergétique qui a été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale ce mardi 14 octobre 2014, notamment au chapitre "Objectifs sur les gaz à effet de serre et la dépense énergétique" qui prévoit 50 % de nucléaire en 2025 dans la production d’électricité (contre 75 % aujourd’hui) ; division par deux de la consommation d’énergie d’ici 2050 et création d’une étape intermédiaire en 2030 visant à la réduire de 20 % ; baisse de 30 % de la dépense en énergies fossiles en 2030 ; enfin, atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans la production d’énergie en 2030 et baisser de 40 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990), et les diviser par quatre en 2050...." Or, la CCCG, si elle est construite et livrée en 2016, n'aura que 14 ans en 2030 ! Les artisans du bâtiment en Bretagne engagés dans le Plan bâtiment durable breton, et les propriétaires ou locataires de "passoires énergétiques" (précaires énergétiques ou en voie de le devenir), attendent la facilitation et l'accélération de l'accès aux financements, aux tiers investisseurs et aux aides pour un vrai plan de rénovation thermique des bâtiments publics ou privés.
C'est vers là que doivent être prioritairement fléchés les fonds publics, pour éviter que la fracture énergétique ne s'élargisse et vienne augmenter les fractures sociales et territoriales.
L’UDB se félicite de la motion votée par le conseil municipal de Locmélar au terme d'un débat démocratique initié par son maire Pierre-Yves Moal. Cette leçon de démocratie doit inspirer les autres collectivités de Bretagne.
L'UDB appuie cette position pour :
- une réactualisation des données du Pacte Électrique Breton, constatant que les perspectives d'augmentation des consommations d'électricité en Bretagne ont été démenties par les faits,
- l'organisation d'un débat public, équilibré et argumenté, à l’échelle de la Communauté de communes de Landivisiau,
- le refus du projet de CCCG à Landivisiau.
Plus que jamais, la démocratie énergétique est à construire.
Pour la Fédération, le responsable fédéral, Bernard LE MAO Le 15 octobre 2014