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Billet de blog 17 janv. 2013

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Uranium 2013: fin des livraisons Russes aux USA

Mise à jour 22.1.13-7h30 : Les consommations d'uranium pour les quelques 440 * réacteurs nucléaires en fonctionnement actuellement dans le monde, nécessitent 70 000 tonnes par an. La production mondiale issue des mines et gissements de par le monde qui fournissaient de 40 à 45000 tonnes par an jusqu’en 2009, avait culminé à 50 000 tonnes en 2010. Il ne suffit pas d'annoncer à force de publicité « Nucléaire contre effet serre », ce qui a pour conséquence selon les recherches de « 2000Watts » d’augmenter considérablement les besoins de ces extractions et traitements qu’ils nécessitent. Surtout que la Chine qui consomme depuis 2010,  autant d'uranium que le groupe français EDF (15% de la production mondiale).

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Mise à jour 22.1.13-7h30 : Les consommations d'uranium pour les quelques 440 * réacteurs nucléaires en fonctionnement actuellement dans le monde, nécessitent 70 000 tonnes par an. La production mondiale issue des mines et gissements de par le monde qui fournissaient de 40 à 45000 tonnes par an jusqu’en 2009, avait culminé à 50 000 tonnes en 2010. Il ne suffit pas d'annoncer à force de publicité « Nucléaire contre effet serre », ce qui a pour conséquence selon les recherches de « 2000Watts » d’augmenter considérablement les besoins de ces extractions et traitements qu’ils nécessitent. Surtout que la Chine qui consomme depuis 2010,  autant d'uranium que le groupe français EDF (15% de la production mondiale).

* Notes 1- 2 AIEA (Un chiffre au quel il faut déduire les réacteurs qui sont à l’arrêt au Japon depuis 2011- déduire ou non l )

Tension extrême pour 2.5% de l’énergie primaire mondiale

Un réacteur nucléaire qui produit 1 Gwatt /an, consomme 180 T/an. Les démarrages et mises en service des nouveaux réacteurs, nécessitent eux 500 tonnes, par le principe du chargement complet de la machine et de 180 tonnes d’uranium pour les déchargements chargements par tiers à la suite durant son exploitation. Ce qui multiplie les besoins par trois en cas de renouvellement des réacteurs, ou dans le cadre de programme ambitieux, le rève des lobbys, consistant à mettre en chantier des milliers de ces engins. Le parc mondial actuel fournissant à ce jour 2.5% de l’énergie primaire mondiale.

Un besoin annuel de 70 000 T, pour une production minière de 50 000 tonnes, sauf accidents nucléaires ou interventions militaires et/ou humanitaires, ce différentiel de 20 000 tonnes pour la production d'électricité , est compensé par l'apport des stocks militaires issus de la guerre froide, pour la plus grande partie. Des stocks qui seraient évalués et  estimés à 500 000 tonnes en réserve, répartis comme suit : 300 000 en Russie et 200 000 pour les USA. Ainsi de ces quelques 20 000 tonnes de complément aux extractions d’uranium, ces produits militaires sont transportés par les routes maritimes ou terrestres, dont peu connaisse les itinéraires, et forcément. « Sécurity »

A ce sujet en marge de l’actualité africaine et française dans le Sahara, ce qu'il faut souligner, c'est que la Russie vend et livre 10 000 tonnes/an de ses stocks militaires. Un marché qui perdure depuis de nombreuse années, des exportations à destination des anciens ennemis capitalistes, pour nourrir les réacteurs US. Un contrat qui prendra fin en cette année 2013, c'est à dire aujourd'hui. De fait les USA sont à la recherche d’autres ressources et de fournisseurs pour alimenter 50% de leur parc de centrales qui compte quelques 104 réacteurs en fonctionnement, à produire 10% des besoins en électricité aux USA.

Le chemin le plus court

Les circuits courts qui sont souvent décriés quand ils sont revendiqués par les mouvements écologiques, deviennent aussi la règle quand la pénurie guette et la crise l'obligeant. Les perspectives pour ce gros consommateur (10 000 tonnes pour 10% de sa production d’électricité), des milliers de tonnes acheminées depuis le Canada,  l'un des plus gros producteur au monde d’uranium (carte ci-dessus) , un allié de poids et si proche voisin. De plus le programme annoncé en construction de plus de trente réacteurs en Chine (50% des prévisions de l’AIEA), risque dans les années qui viennent de tarir les ressources qui lui sont les plus proches. Notamment la réserve du sixième continent, l'Australie et potentiellement depuis le Kazakhstan en Asie centrale. Pourtant, ce pays avec lequel la France a noué des contacts par l’intermédiaire du groupe  AREVA, stagne en production depuis plusieurs années déjà. La situation géographique de ce pays sous influence géopolitique de la Russie est évidente, et une réserve que le Tsar Poutine ne voudrait pas voir être délocalisée, un pro nucléaire aux ambitions à mener son Empire Russe au rang d’hyper puissance, aussi riche de gaz et également d’uranium, à portée dans cette dictature. Un pays en clavé lui aussi qui ne se risquera pas à faire front à son grand frère de l’ex URSS. Une revanche ou retournement historique en matière d’énergie, du pain bénit  pour cet ex officier du KGB.

Recyclage et Mox

Les ressources, issues depuis le recyclage et retraitement (Mox), ne représentant en réalité que des quantités assez insignifiantes en volume ; de 1-2- voir 3000 tonnes /an, qui sont à comparer des 70 000 tonnes consommées annuellement. Pourtant, ces procédés à mélanger l’uranium usé avec du plutonium, la matière la plus toxique au monde,  pose de sérieux problèmes aux ingénieurs des centrales d’EDF, de TEPCO au Japon. AREVA qui se vante souvent des mérites à poursuivre dans cette voie, osant faire sa publicité d'un procédé qui serait économique et écologiquement durable et propre ! Des recyclages dangereux et peu fiables,  qui fragilisent les gainages des assemblages en barres du combustible. 3000 tonnes   qui ne risquent pas d'influencer sur la pénurie uranium.

Les USA  seront servis, la Russie est déjà servie, tout au moins pour quelques années encore. Et l’Europe dans tout ça ? Un continent qui dans sa partie occidentale, compte plus de 130 réacteurs nucléaires en fonctionnement, 42% localisés dans notre beau pays de France. Une situation critique suspendue à ces évolutions et les tensions qui ne manqueront pas d'apparaitre sur le marché mondiale de l’uranium. Avec le risque de devoir supporter dans un avenir proche des ruptures de livraison.

L’Europe frileuse à faire la guerre en Afrique !

On comprend mieux depuis cette analyse des ressources uranium disponibles, réalisée par ce groupement d'étude « 2000Watts », de  la position prudente de l’Allemagne, d’une part d’avoir prit la décision d’arrêter son programme nucléaire et d'autre part à s’engager ouvertement dans un conflit militaire sur le continent africain, là ou elle n'a pas d'intéret immédiat. Une guerre couverte par les médias et vendue à l'opinion française, sans images ni de véritables reportages,  l'opération Serval , ou la bonne volonté humanitaire. Si l'on s’étonne encore que l’Europe de la défense est inopérante, une évidence depuis plus de 30 ans, il est aussi aisé de constater qu’elle l’est tout autant pour ce qui est de la cohérence dans la politique européenne de l’énergie, le moteur de toute la vie économique. Chacun fait ce qu'il lui plait.

La Chine et les EPR, un contrat réalisé signé par l’ex président Sarkozy, le marché de deux réacteurs pour un montant de 8 milliards €,  compris le combustible prêt à l’emploi fournit jusqu’en 2026, le bonus transfert de technologie, toute cette matière grise vendue à bas coûts, la hantise des  syndicalistes de la Cfdt d’AREVA. Un packaging nucléaire à la française de 8 milliards €  vendu à la Chine, quand par ailleurs l’électricien national annonce de son coté, sa facture réactualisée de 8.5 milliards € pour un unique réacteur EPR sur le chantier de Flamanville !

Pour qu’elle raison, l’Empire du Milieu s’opposerait-il à cette guerre éclaire, pour quelle raison perdrait-il du temps et de l’argent ? Si son serviteur fauché comme les blés, est dans l'obligation de réaliser jusqu’au bout ce contrat, clause d'obligation de résultat et inévitablement couvert par des pénalités de retard ou d'abandon de chantier. Une opération perdue d'avance par les français, pour le contribuable à qui l'on demande l'amende, ce qui  permettra aux chinois d'avancer à moindre cout dans leur programme atomique, à des fins de pouvoir être maître de produire son stock de tonnes de plutonium, la marge à produire selon les estimations, tout juste  3% de son électricité.

  • Pour aller plus loin

Les richesses du Mali, ce que l'on ne nous dit pas.

France Culture & l'émission  "Terre à Terre" qui est diffusée le samedi de 7h à 8h,  a choisit au mois d'octobre le thème du nucléaire

6 octobre 2012 : Exploitation de la mine d'uranium de Faléa au Mali, avec Many Camara

http://blogs.mediapart.fr/blog/patrig-k/021012/les-richesses-du-mali-ce-que-lon-ne-nous-dit-pas

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Produire localement ses propres besoins d'énergie:

PDF joint : Article du quotidien Ouest France,  l'expérience de la Communauté de Communes du Mené, dans le centre des Cotes d'Armor.

Produire local pour son autonomie, ou aller de continents en continents, de déserts en déserts, de dictatures en dictatures, pour tenter d'y mettre la main sur des ressources qui ne nous appartiennent pas, engendrent conflits, de plus produisent des déchets pour des milliers d'année. Sans oublier les risques de catastrophes et des conflits atomiques.

Source: http://www.2000watts.org/

En 2010 et pour la 1ère fois, la Chine a consommé autant d’Uranium que l'entreprise française EDF, soit le 15% de la demande mondiale. Avec l'achat par Pékin de la quasi totalité des futures nouvelles mines exploitées par AREVA au Niger pour un tarif bloqué pendant 25 ans à 73$ la livre, la tendance ne va pas s'inverser.

De son côté, le Kazakhstan est devenu en l'espace de quelques années, l'Arabie Saoudite de l'Uranium. Mais où se trouve les réserves d'Uranium dans le monde? Ci-dessous, la carte des réserves.

Selon l'Uranium Resources and Nuclear Energy du Energy Watch Group (2006-12), une pénurie d’uranium pourrait se produire dès 2015. (voir la vidéo ci-dessous).

De son côté, le Lobby nucléaire estime qu’il reste de 70 à 90 ans de réserves mondiales (au rythme d’exploitation actuell). Cette estimation n'explique pas comment les 40% qui proviennent actuellement du recyclage des armes nucléaires de la Russie, vont être remplacé.

Selon d’autres indications de l’Organisation de coopération et de développement économiques – OCDE, les réserves d’uranium connues et exploitables à un prix de 130 dollars le kilo pourraient suffire, au rythme de consommation actuel, pendant encore 100 ans. Mais ce point de vue n'est de loin pas partagé par les responsables boursiers qui parient sur la forte hausse de l'uranium. Depuis juin 2010, cette matière première a presque doublé montrant sa raréfaction de plus en plus évidente.

Le recyclage de l'armement nucléaire représente le 40% de la production d'uranium pour les centrales nucléaires et n'est pas indiquée sur cette carte. La production d'uranium provenant de l'armée devrait se terminer en 2023.

20 Février 2011

Note AIEA 1 http://www.mediapart.fr/journal/international/170113/laiea-acte-larret-virtuel-du-nucleaire-japonais

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vient de classer 47 réacteurs nucléaires japonais dans la catégorie « en arrêt à long terme », alors qu’ils étaient jusqu’ici dans la catégorie « en activité ».

Ce changement de statut est acté dans la base de données de l’AIEA, PRIS (Power reactor information system) : le nombre total de réacteurs en activité dans le monde passe de 437 à 390, nombre qui n’avait pas été aussi bas depuis 1986, l’année de Tchernobyl. Le site indépendant World nuclear industry status report note que c’est la première fois que l’AIEA « reconnaît dans ses statistiques officielles la réalité industrielle du Japon » après Fukushima.

Note AIEA 2 : Nucléaire japonais : revirement de l’AIEA 21 janvier 2013 | Par Michel de Praconta

http://www.mediapart.fr/journal/international/210113/nucleaire-japonais-revirement-de-l-aiea

En un spectaculaire pas de deux, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a reclassé « en activité » 47 réacteurs nucléaires japonais qu’elle venait d’inscrire dans la catégorie « en arrêt à long terme ». De ce fait, le nombre total de réacteurs répertoriés comme en activité dans la base de données PRIS de l’AIEA remonte d’un coup de 390 à 437, après être descendu de 437 à 390 le 16 janvier. Dans un communiqué, l’AIEA justifie ce jeu de yo-yo en indiquant « qu’à la demande du Japon, le statut des 47 réacteurs a été rétabli dans la catégorie “en activité” dans la base PRIS ».

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