Robespierre ou Napoléon, lequel est le génocidaire ?

Ce matin encore, France Inter dans son émission du 7/9 nous a refait le commentaire satirique en chronique, à propos de ce personnage historique, l’incorruptible Robespierre, à qui on lui attribut trop souvent l’entière responsabilité de la période sanglante de la Terreur.

Henri Guillemin explique Robespierre et la révolution française (1/2) © MrCappuche

Ce matin encore, France Inter dans son émission du 7/9 nous a refait le commentaire satirique en chronique, à propos de ce personnage historique, l’incorruptible Robespierre, à qui on lui attribut trop souvent l’entière responsabilité de la période sanglante de la Terreur. La chaîne radio publique a ainsi rappelé que la gauche, du PC et du FG, était restée toujours fidèle à cet homme et grand penseur, le défenseur des minorités. Et pour tenter de nous en convaincre en amusement, d’y opposer deux chansons, l’une de Jean Ferrat à l’autre de Michel Sardou.  

La mémoire courte et l’art chirurgicale à la française, le séquençage de l’histoire, l’expression et le radotage de ne retenir que les faits historiques qui conviennent le mieux à l’air du temps présent. Les binaires historiens radiophoniques sont ainsi, comme si le principe si franco-français de l’homme providentiel devait être jugé également à son opposé. Des binaires

Ce que les commentateurs, devraient pourtant ne pas oublier, à l’aube d’une réforme souhaitée par François Hollande, et annoncée tout à coup à l’agenda des débats par Jean Marc Ayrault, le droit de vote pour les élections locales pour les populations dites issues de l’immigration *. Une pirouette intuitive afin de rendre un peu de vif au rose trop pale de ce début de  mandature. Pourtant, cette réforme ne risque pas d’aboutir, car la modification de la constitution qu’impose cette réforme, devra être validée par les 3/5e des deux chambres, les Sénateurs et Députés. Alors, pourquoi ce changement de changement, si ce n’est que de couvrir l’incapacité de respecter ce que l’on offrait au peuple, pour se poser à l’Elysée. (*Rajout le 6.8.13 : une idée coulée par le fond)

Rappelons à ce sujet , que Robespierre l’avait déjà inscrit dans son programme, l’élu député du Tiers état lors des Etats généraux de 1789, qui devient par la suite  la figure emblématique des démocrates de la fin de ce siècle tourmenté. Un pays dirigé depuis trop longtemps par les Monarchies décadentes, un pays mis  en faillite par les guerres successives d’un Louis XIV, ce que «  Louis de Capet », un réformateur qui tentera d’ apporter des corrections fiscales, une tache herculéenne impossible pour ce libéral Monarque. Des réformes qui  butèrent principalement sur l'hostilité des privilégiés, la noblesse du Parlement de Paris. Nous savons ce qu’il adviendra par la suite, quand les uns pleins aux as, refusent de redistribuer ce qu’ils ont que de trop. Il y a de la ressemblance, à cette période, les Pigeons et la taxe à 75%, les délocalisés fiscaux, et l'objectif principal des oligarchies et eurocrates des chancelleries Européennes, leur intention première de mettre un terme au contrat social issu des idéaux du Conseil National de la Résistance.  

Nous lui devons aussi, l’abolition de l’esclavage, de la peine de mort, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou encore des comédiens. Les spéculations en bourse étaient également de son combat, en règlementant sévèrement l’activité boursière, mettant un frein à l’ennemi invisible, le mutant permanent montré du doigt par le comédien technocrate Hollandais lors du meeting annonciateur du « Changement, c’est maintenant ». (cf Billet du jour: Les députés découvrent.*.) .

Napoléon, l’opportuniste, lui se chargera de tout démonter par la suite, de l’esclavage à la bérézina, de   l’alliance traite des banquiers suisses pour la création de la fausse Banque de France. La BCE avant l’heure qui pratiquait l’usure en offrant le service  de l’argent à des taux confiscatoires pour les travaux et les investissements du bien commun. De l’usure pour financer ses guerres Napoléoniennes, la puissance dépensière pour étendre sa domination sur tout le continent. L’ensemble de tous ces conflits fit un total de morts compris entre 3,5 et 6.5 millions !

Ainsi, et toujours, son audace belliqueuse vantée par les élites de cette république bananière, ou le passe droit et le pantouflage sont devenus la règle. Les indéboulonnables des corps des Mines (cf article de Martine Orange **). Les adorateurs bonapartistes, de Villepin à Couard, de tous ces historiens académiques réécrivant sans cesse les délires enjolivés de son Empire et des stratégies innovatrices durant ses guerres européennes. La première grande guerre mondiale et puisqu’il ne faut retenir que le principal.

C'est ce qu’il à fait et ainsi de semer les germes des futures guerres industrielles du XXéme ! Car si les commentateurs n’ont pas de mémoire, il n’en est rien de la collective, la mémoire en souffrance  des peuples, et des rancoeurs attisées opportunément par ces élites imbibées de certitude, les serviteurs d’un ordre figé et réactionnaire. 

Le résumé historique est une imbécilité dangereuse.

En défense du fantôme de Robespierre

Chronique | 22 mai 2013 | 3:31 | Edwy Plenel // Sous le choc moral qui ébranle notre République, voici que certains brandissent le fantôme de Robespierre en repoussoir pour conjurer les périls de la transparence [ http://www.mediapart.fr/journal/ecouter/308859?track=1 ]

 *  http://www.mediapart.fr/journal/france/310113/banques-les-deputes-decouvrent-une-reforme-minuscule 

 ** http://www.mediapart.fr/journal/france/280113/eads-la-republique-des-intouchables

Modifié 3.2.13 une grossière erreur, une coquille 3/5e et non 2/3e

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