Le Léviathan européen

      De nombreux commentateurs, analystes et « experts » aiment à qualifier l’Union européenne de construction sui generis, c’est-à-dire de quelque chose de nouveau et tout à fait inédit dans l’histoire humaine. Un « objet politique non identifié » pour reprendre les mots de Jacques Delors. Effectivement, cette idée si stimulante qu’on était en train de fabriquer progressivement du nouveau a garanti pendant longtemps à la construction européenne un dynamisme entretenu et une sorte d’attraction irrésistible auprès de la majorité des citoyens en quête de changement, d’un « autre chose ». On pouvait en être parfois déçu et se dire qu’elle avait ça ou là fait de mauvais choix. Mais la déception ne durait pas. Le rêve et l’espoir reprenait le dessus. On se disait : « Ça va marcher ! ».

Cependant, au vu de ce qui se passe actuellement avec la Grèce, cette illusion vient de prendre sérieusement du plomb dans l’aile. Tout d’un coup le rêve européiste s’écroule sur ses fondations. Horreur, ce qu’on appelle communément et à tort « l’Europe » (comme s’il n’y avait pas d’autres formes de coopérations entre pays en dehors du cadre de l’UE) se montre sous un tout autre visage. Non, ce n’est plus le Pays des merveilles où tout le monde est heureux et gentil et conciliant. Non, ce n’est plus le manège enchanté tant acclamé par le commentariat eurogaga dans les médias de masse. Non, l’Europe n’est pas ce havre de paix où on agit concrètement pour la solidarité des peuples. Bien au contraire, l’affrontement avec la Grèce montre une chose : l’Union européenne est un lieu de puissance et de dominations. Comme tout lieu de ce genre, elle entend bien défendre cette puissance et la déployer le plus loin possible, y compris en écrasant ceux qui s’opposeraient à elle.

 

La zone euro : une volonté de puissance

Lorsque Hobbes écrit Le Léviathan en 1651, il s’attache à trouver ce qui pousse les êtres humains à vivre en société. Supposant que l’individu préexiste à la société (ce qui est très contestable), Hobbes en vient à défendre l’idée que les individus ne s’associent que par crainte de mourir et qu’afin de sortir de l’état de nature de guerre de tous contre tous. Dans cette optique, seul un Etat doté d’un pouvoir absolu sur tous les individus peut maintenir l’ordre social et éviter le retour de l’état de nature. Cet Etat, ce Léviathan comme Hobbes le nomme, définit seul ce qui caractérise cet ordre social. C’est-à-dire que l’Etat définit et impose à tous une certaine vision de l’ordre social : déterminer ce qui est acceptable ou non, tolérable ou pas, discutable et indiscutable. Que faire alors des individus qui ne s’y reconnaissent pas et qui estiment que cet ordre social est injuste ou arbitraire ? Hobbes déclare : « De même aussi, un homme […] que l’obstination de ses passions ne permet pas de corriger, doit être laissé de côté ou rejeté hors de la société à laquelle il fait obstruction ». En clair : que ceux qui ne se soumettent pas au Léviathan dégagent.

Etrangement (ou pas), on pourrait appliquer exactement la même formule à la zone euro (et plus globalement à l’UE) au vu du traitement qu’elle réserve à la Grèce : la moindre remise en question, sur quelque point que ce soit, équivaut à être marqué au fer rouge et désigné comme un ennemi. Il suffit de voir Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne, déclarer « Il n’y a pas de choix démocratiques possibles contre les traités européens », pour comprendre quelle idéologie commande l’action des institutions européennes : soit on accepte tout et on reste membre du groupe, soit on sort.

Le gouvernement grec de Tsipras a pourtant multiplié les concessions, allant jusqu’à revenir largement sur le programme de Syriza et sur les « lignes rouges » que le parti a fixé au cours des négociations. Mais rien n’y a fait. Les créanciers ont refusé chaque nouvelle proposition du gouvernement grec, en maintenant toujours les mêmes exigences : réformes « structurelles » (comprendre : tailler dans les retraites, libéraliser le marché du travail), hausse de la TVA et refus catégorique de toute discussion sur la dette. Les créanciers veulent imposer les mêmes recettes que celles qui ont été pratiquées pendant 5 ans dans le pays, avec le résultat désastreux qu’on connaît : baisse de 25% du PIB, chute de 45% du niveau moyen des pensions de retraites, explosion du chômage et de la pauvreté. Tout le monde, à commencer par les administrations de l’UE ou du FMI elles-mêmes, reconnaissent dans leurs rapports que l’austérité n’est pas une solution, mais aggrave au contraire la situation. Alors pourquoi vouloir continuer à la pratiquer ?

C’est que nous sommes confrontés à un dogme. Une idée simple et autoritaire, qui est qu’il n’y a pas d’alternative possible à la politique des créanciers. Remettre en cause le dogme, comme tente de le faire (timidement) Syriza, c’est remettre en cause les intérêts matériels qui soutiennent et qui construisent ce dogme. On en revient à l’idée esquissée au début de l’article : l’UE, et plus particulièrement la zone euro, est un lieu de puissance et de rapports de domination. En l’occurrence, l’euro, en tant que monnaie, est un excellent révélateur de ces rapports de puissance. Car la monnaie n’est pas un simple intermédiaire dans les échanges. La monnaie n’est pas neutre. Elle est un rapport social, fruit d’une confrontation entre plusieurs visions. L’euro, de par ses caractéristiques, correspond parfaitement à la vision allemande de la monnaie : l’ordolibéralisme, c’est-à-dire la volonté d’extraire l’économie des choix politiques. En tant que tel, l’euro est à la fois le reflet, la conséquence et l’instrument de domination de l’Allemagne dans la zone euro et au sein de l’UE. Il suffit d’entendre les déclarations d’Angela Merkel et de Wolfgang Schaüble pour en être convaincu.

On découvre donc quelque chose de très surprenant : la zone euro n’est pas un espace de solidarité horizontale, mais une construction sociale congénitalement capitaliste, et donc appelée à en suivre les logiques intrinsèques. Dans une société capitaliste, il n’y a pas d’égalité dans le pouvoir économique, pas plus que dans le pouvoir politique, du fait de rapports sociaux de production inégaux et d’un régime de la propriété privée des outils de production. Dans la zone euro, c’est pareil : l’Allemagne a imposé SA vision de la monnaie à tous, faisant de l’euro un deutschemark bis qui la met en position d’hégémonie dominant ses « partenaires » (avec bien entendu leur consentement, à commencer par la France). C’est donc elle qui mène la danse et fait la pluie et le beau temps. Et il n’est pas question pour l’Allemagne d’abandonner cette position dominante, ni d’accepter toute remise en cause de l’euro et de ses règles, car cela équivaudrait à remettre en cause sa propre puissance.

La cruelle réalité est donc que, comme le Léviathan hobbesien, la zone euro (et l’UE plus généralement) a défini un cadre de manière absolue et désormais non négociable : soit on accepte de rester bien docilement à l’intérieur du bac à sable, soit on le conteste. Si le système européen identifie un germe de contestation, aussi faible soit-il, il le considère immédiatement comme un danger mortel à stopper et éliminer avant qu’il ne s’étend. C’est le cas pour Syriza. Ce n’est pas seulement un accord sur des mesures économiques ou techniques que souhaitent les créanciers. Ils recherchent une capitulation et une humiliation : il faut pouvoir montrer qu’on ne peut pas sortir du cadre défini et porter une alternative qui n’aura pas été adoubée par l’UE, et plus particulièrement par l’Allemagne.

 

La « démocratie » du Léviathan européen

La question fondamentale de toute communauté politique est la question de la souveraineté : qui décide et sur quel territoire ? Le pouvoir de décider repose alors sur une certaine légitimité. Le pouvoir s’appuie et se déploie à partir d’une certaine source, de telle sorte qu’il est accepté par ceux sur lesquels il s’exerce. Dans une démocratie, la souveraineté est populaire : le peuple est celui qui décide et celui qui légitime toute prise de décision pour la communauté. Dans une démocratie, les citoyens se saisissent collectivement de la capacité à définir et redéfinir à tout moment leur destin collectif. Il y a un espace permanent de délibération. En va-t-il de même pour l’Union européenne ?

Dans une démocratie, ce qui définit un peuple est la capacité à avoir du commun surpassant les divergences. En l’occurrence, à définir un cadre de discussion et de délibération : voilà ce qui peut être discuté et ce qui est indiscutable. Cet indiscutable provient en grande partie de l’Histoire même et des expériences historiques concrètes et matérielles qui ont façonné des rapports collectifs à certaines choses. Par exemple, l’Histoire de la France a façonné un certain rapport collectif à la chose religieuse ou à la République qu’on ne retrouve pas en Allemagne ou en Pologne. De même, du fait de l’expérience récente du nazisme, les Allemands n’ont pas collectivement le même rapport à l’inflation et à la monnaie que les Français. Dire cela n’est pas dresser une barrière indépassable ni une essentialisation des cultures nationales. Les nations sont des constructions sociales destinées à évoluer, voire sûrement à disparaître. Mais cela ne se fait pas sur du temps court. Bien au contraire. La confrontation collective à des expériences historiques crée des identifications subjectives partagées et transpartisanes. Elle crée aussi une certaine vision des choses qui se déploie sur le temps long et qui prend du temps à évoluer, surtout quand lesdites expériences sont très marquantes.

Or, parler de démocratie européenne reviendrait à parler d’un peuple européen. Peuple qui aujourd’hui n’existe pas, parce que l’idée de représentations communes et consensuelles partagées par l’ensemble des Européens ne domine pas des représentations nationales divergentes. Pour dire les choses autrement, une démocratie européenne serait prête à accepter la loi de la majorité : les Allemands (qui ne le seraient plus, au moins au sens de peuple souverain distinct des autres peuples européens) accepteraient d’être mis en minorité sur telle ou telle chose, par exemple sur la question monétaire ou sur celle des transferts de richesse. En France, un système de péréquation permet aux régions les plus pauvres de pouvoir recevoir de l’argent des régions les plus riches, dans un souci de solidarité nationale et pour corriger des différentiels de compétitivité entre les régions. Ces transferts en France ne font pas l’objet de contestation dans leur principe même. Posons alors la question : un tel transfert pratiqué au niveau européen serait-il accepté à horizon raisonnable par les Allemands, les Finlandais ou les Autrichiens ? Au niveau de la religion, quid de la question de la laïcité et du financement du culte, qui n’est pas du tout traitée de la même façon en France et en Grèce ? Quid de la sécurité sociale et des systèmes de retraite à promouvoir ? Pa répartition ou capitalisation ? Il n’est pas exclu que d’ici deux cents ans on ait trouvé des réponses consensuelles au niveau européen à ces questions. Mais à court ou moyen terme, la chose est inenvisageable. Et pour reprendre la formule de Keynes : « A long terme, nous serons tous morts ». Il faut donc accepter de partir du réel et de ce qui, à horizon raisonnable, peut être envisageable ou pas. Les appels à « l’Europe sociale » font malheureusement l’impasse sur cette question du temps et des conditions matérielles de possibilité.

Au-delà même de cette question, l’idée de démocratie européenne vient de se fracasser contre le mur de la réalité. La réaction des « Européens » (c’est-à-dire des dirigeants, y compris « socialistes », et défenseurs du système européen actuel) à l’annonce par Tsipras de la tenue d’un référendum est révélatrice. Le fait que Tsipras fasse intervenir le peuple dans un choix politique (ce qui est le propre de la démocratie) est décrié par les uns et moqué ou méprisé par les autres. Nicolas Sarkozy et Eric Woerth parlent de « populisme », eux qui se sont royalement assis sur le résultat du référendum sur le TCE de 2005 rejeté par plus de 55% des Français. D’autres, comme François Hollande, Matteo Renzi ou Angela Merkel, transforment la question du référendum afin de faire peur aux Grecs : si vous votez « non », alors vous sortirez de la zone euro !

Les « Européens » ne peuvent voir que d’un mauvais œil le fait de demander au peuple son avis, car c’est là le plus sûr moyen de faire à nouveau discuter de choses que le Léviathan européen a tenté de rendre indiscutables, à commencer par la question monétaire. Là où les traités européens ont gravé dans le marbre nombre d’éléments de politique économique (possibilité de financement direct de l’Etat par la Banque centrale, possibilité de dévaluer la monnaie…) les ôtant ainsi du champ de la délibération démocratique normale, le recours au peuple risque de rabattre les cartes et de rendre ces éléments à nouveau discutables. Faire cela, c’est menacer directement tout le système et ceux qui le dominent, à commencer par l’Allemagne.

 

En sortir pour reconstruire

Face à cela, Syriza et Tsipras ont dès le départ opté pour le choix aujourd’hui majoritairement partagé par la gauche radicale européenne : tenter de faire changer les choses au sein de l’UE en imposant un rapport de force interne qui permettra de négocier avantageusement. Cet objectif s’appuyait sur une stratégie de division du bloc hégémonique européen en générant des contradictions entre ceux qui dominent la zone euro. Ainsi, Tsipras a tenté d’isoler l’Allemagne et ses plus proches alliés (Finlande, Autriche, Lettonie…) et obtenir le soutien, au moins tacite, de pays comme la France et l’Italie. Mais cette stratégie souffrait deux importantes limites.

Premièrement, Tsipras a cru pouvoir trouver un soutien auprès des sociaux-démocrates européens, d’où ses tentatives de rapprochement avec la France de François Hollande et l’Italie de Matteo Renzi. Mais il aurait dû s’apercevoir que la social-démocratie européenne est la copie conforme du parti socialiste grec, le Pasok (qui gravite désormais à 4%) : les socialistes au niveau européen ont totalement accepté le cadre néolibéral de l’UE et ne comptent pas le remettre en cause. Au nom de « l’Europe », ils ont accepté (et même parfois initié comme Mitterrand et Delors) les traités qui ont renforcé les fondements libéraux de l’UE et de l’euro. Même lorsqu’ils se sont trouvés ultra-majoritaires, gouvernant 13 des 15 Etats de l’UE à la fin des années 1990, ils n’ont entamé aucun changement en direction d’une « autre Europe ». La social-démocratie n’est pas un allié sur la scène européenne, mais fait partie intégrante du système soutenant le bloc hégémonique actuel. Pas étonnant donc que les sociaux-démocrates multiplient les tirs dans le dos, à l’image du Président du Parlement européen Martin Schultz souhaitant « un gouvernement de technocrates » à Athènes…

En second lieu, Tsipras et Syriza se sont imposés avant les élections de janvier dernier, donc avant les négociations, une limite et un obstacle : ils ont posé comme point indépassable le maintien de la Grèce dans la zone euro, quoiqu’il arrive. Le fait de refuser d’envisager possiblement une sortie en cas d’échec des négociations réduit considérablement un pouvoir de négociation déjà bien faible au regard de la position dominante du Léviathan européen. Refuser de discuter de la possibilité de sortir de la zone euro, c’est faire le choix in fine, si les négociations échouent, de rester dans le cadre libéral plutôt que d’appliquer son programme alternatif. Je ne dis pas que Syriza aurait dû prôner la sortie immédiate de la Grèce de la zone euro dès le départ, même si je suis d’avis que ce serait la meilleure chose à faire. Mais face à un tel bloc hégémonique, il faut être clair : à choisir entrer rester dans un cadre inchangeable ou appliquer son programme, c’est la seconde option qu’il faut choisir, quitte à sortir de l’euro (et même de l’UE). Car, si les négociations échouent, si, comme le gouvernement grec en fait actuellement l’expérience, on se heurte à un mur de refus, que gagne-t-on à rester dans un système qui ne marche pas et qu’on ne peut changer ?

Mais, dira-t-on, la France n’est pas la Grèce. La France pèse 18% du PIB européen là où la Grèce en pèse 3%. Les deux pays n’ont donc pas le même poids et un gouvernement d’alternative en France aura bien plus de marges de manœuvres que Tsipras pour « changer l’Europe ». Certes, mais changer quoi ? Car il ne faut pas oublier une chose : Syriza ne remet pas en cause les traités européens actuels, c’est-à-dire que Syriza ne cherche pas à rediscuter des fondements libéraux du système actuel. Syriza parle-t-il de stopper le libre-échange ou de remettre ne place un contrôle des mouvements de capitaux avec l’étranger ? Syriza parle-t-il de financer directement l’Etat par la Banque centrale, de casser la règle d’or budgétaire des 3% ou de ne plus rendre compte à Bruxelles des réformes envisagées avant de les soumettre au Parlement représentant le peuple souverain ? Syriza appelle-t-il dans ses négociations actuelles à enfin avoir une véritable démocratie européenne ? Non, Syriza demande une restructuration de la dette et est prêt à accepter en échange beaucoup de mesures économiques pas franchement « à gauche ». Si un gouvernement français d’alternative aura plus de poids pour négocier, il aura aussi bien plus à remettre en cause pour vraiment changer le cadre. Encore une fois, la question est, reste et demeure : que peut-on espérer obtenir à horizon raisonnable ?

C’est pourquoi il est impératif qu’un parti ayant l’ambition de vraiment changer les choses adopte une stratégie claire : le but est désormais de rétablir la souveraineté des gens, de leur permettre de décider à nouveau et en clair qu’ils aient leur mot à dire. Ceci bien évidemment dans une optique de transformation sociale et écologique de la société incompatible avec les dogmes libéraux. Pour ce faire, il faut obtenir du peuple un mandat clair : le parti et ses candidats seront élus pour appliquer un programme, et cela quoiqu’il arrive. Il faut donc poser dès le départ que tous les scénarios sont possibles vis-à-vis de l’UE : on peut et on doit commencer par tenter de négocier, mais en disant dès le départ que si les négociations échouent nous n’hésiterons pas à quitter l’euro et l’UE. De ce fait, les négociations ne doivent pas s’éterniser, car au vu du rapport de force cela ne peut qu’affaiblir notre position. Le bloc hégémonique n’hésitera pas, comme il le fait actuellement en Grèce, à utiliser tous les moyens nécessaires pour déstabiliser le pays et son gouvernement. Les médias multiplieront les mensonges et les annonces de capitulation (pour ensuite les démentir) afin de décrédibiliser la parole du gouvernement. Les « partenaires » européens multiplieront les messages tantôt d’alerte, tantôt de menace à peine voilée, afin d’apeurer les citoyens. Le système bancaire et financier sera utilisé afin d’étouffer l’économie pour ensuite en faire porter la responsabilité au gouvernement. Nous n’aurons donc aucun intérêt à faire durer les négociations pendant des lustres : soit ils sont disposés à renégocier, soit ils ne le sont pas. Mais que les choses soient claires.

La sortie de l’euro et de l’UE ne sera pas une fin en soi. Elle peut être un excellent point de départ pour tout recommencer et tout refaire à zéro. En prenant cette fois le temps, en tenant compte du réel et de ce qui est possible. On peut parfaitement sortir de l’UE et rester dans des coopérations comme Erasmus, Ariane ou la CEDH. On peut sortir de l’euro et immédiatement proposer à ceux qui le souhaitent la création d’une monnaie commune avec possibilité de dévaluations entre monnaies nationales selon les circonstances. La sortie entraînera immédiatement une excellente chose : nous retrouverons notre souveraineté sur l’ensemble de notre politique économique et sociale. Nous pourrons alors discuter de la pertinence de continuer à délocaliser les emplois, à importer tel produit anti-écologique, à interdire tel produit financier néfaste pour l’économie réelle, à mener une politique de transition écologique. En sortir pour reconstruire, voilà ce qui pourrait être un bon mot d’ordre.

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