Florence Simon est née en 1973 à Thann, en Alsace à la limite du Parc des Ballons des Vosges. Son père, originaire du coin, travaillait dans un institut qui s’occupait des enfants handicapés, alors que sa mère, qui venait elle des Pyrénées, élevait les enfants de la famille. Très vite, ses parents se séparent. Le nouveau compagnon de sa mère est chanteur et tourne dans des spectacles où il l’amène dès son plus jeune âge, la jetant dans le bain de l’animation. Au lycée, à Colmar, elle ressent le besoin de conquérir une personnalité encore en construction et se dirige vers un bac littéraire option théâtre. Comme tous les jeunes de cet âge qui osent le théâtre, elle apprend à se dépasser et à prendre confiance en elle-même. Et même si elle concède être toujours terrorisée à l’idée de prendre la parole en public, cette expérience lui sert encore aujourd’hui. Une année de psycho à Strasbourg servira à lui ôter l’envie de devenir psychiatre et fera naître celle de se tourner vers le journalisme. Entre temps, elle vient en vacances dans le Var, à Puget-sur-Argens et décide de s’y installer, emportée par la douceur de vivre qui émane de ce petit coin niché non loin du Rocher de Roquebrune. Elle étudie en alternance au CFPJ de Paris et dans une entreprise varoise. Sa vie s’inscrit dorénavant loin de son Alsace natale et pas forcément dans le journalisme non plus.
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Au sortir des études, Florence Simon crée deux entreprises comme pour répondre à deux passions. Enfant, elle ramassait des jolies pierres dans le jardin de ses grands-parents et s’en servait pour confectionner des petits bijoux. Sa première entreprise lui permet de professionnaliser le savoir qu’elle a acquis et de se mettre à vendre ses créations. C’est à ce moment, par le hasard de rencontres liées à son entreprise qu’elle découvre la vallée de la Siagne et plus particulièrement Pégomas. Son mari et elle tombent amoureux du village et se mettent en recherche d’un terrain pour construire leur maison. L’autre entreprise qu’elle développe se trouve être dans le secteur de l’événementiel, et ainsi continuer les animations sur lesquelles elle se rendait enfant. Elle gère la sonorisation, l’éclairage, propose des prestations musicales et se produit sur des événements comme la Fête du Mimosa ou l’élection de Miss Pégomas. C’est lors de ces rassemblements importants pour une petite ville qu’elle fait la rencontre de Gilbert Pibou, maire de la cité depuis 1995. Elle raconte aujourd’hui qu’il a dû sentir quelque chose chez elle, une fibre politique, puisqu’il souhaite l’intégrer à son équipe. Cela se fera en 2014, aux avant-dernières élections municipales. Florence Simon se voit nommée adjointe à la culture, avec l’idée déjà chez le vieil édile de lui passer le flambeau à la prochaine élection. Elle se laisse convaincre et emporter, l’accompagne souvent sur le terrain, apprend sur le tas. Jamais l’idée de la chose publique ne lui était venue à l’esprit et pourtant elle y prend goût, rapidement. Les six ans du mandat passés, et ayant perfectionné son approche politique, elle se prépare à se lancer dans la campagne. Nous sommes dans les derniers mois de 2019. Le soir de la déclaration d’engagement, Gilbert Pibou est censé monter sur scène avec elle pour l’adouber publiquement et la désigner comme son successeur. Et pourtant il ne le fait pas. Encore aujourd’hui, elle ne se l’explique pas. Il décide de se représenter. Elle imagine que cela a dû être trop difficile pour lui d’arrêter.
La campagne démarre tout de même, mais avec un facteur qu’elle ne pensait pas devoir prendre en compte. Une partie des anciens administrés du maire sortant part en campagne avec elle tandis qu’une autre lui reste fidèle. L’ambiance se tend au sein de la mairie mais ne pousse pas la candidate à rentrer dans une guerre d’ego où il y aura plus à perdre qu’à gagner. L’opposition, également emmenée par la candidate du Rassemblement National Nathalie Baron, l’attaque sur le fait qu’elle n’ait eu à gérer jusque-là que la culture et tente de la cataloguer aux seules fêtes. Elle avance dans la campagne alors que la rumeur d’un virus incontrôlable venu de Chine se fait de plus en plus forte, se demandant vers quoi elle se dirigeait à mesure que les jours passaient. Dans la soirée du 15 mars, au fur et à mesure du dépouillement, les assesseurs commencent à lui dire qu’elle sera peut-être élue dès le premier tour. Ce qui se confirme par la suite. La surprise l’emporte sur un moment de toute façon très particulier, avec le virus déjà très présent et qui ne permet pas de fêter la victoire ni de se prendre dans les bras. Lorsque tombe le premier confinement, moins de deux jours après, elle ne comprend pas ce qu’il se passe, toujours dans l’effervescence de la victoire. D’autant que la passation de pouvoir ne peut avoir lieu. Elle est repoussée jusqu’à ce que l’on reprenne le pas sur l’épidémie.
Ses premières journées de confinement sont également occupées par un recours déposé par la candidate du Rassemblement National qui conteste l’élection. La rancoeur de Gilbert Pibou passée, elle se voit invitée à commencer à gérer quelques dossiers avec lui, en attendant la passation. Elle lance la fabrication de masques, informe sur les commerces qui restent ouverts. Le 23 mai, Florence Simon peut enfin prendre ses fonctions. Sans la présence de l’ancien élu qui n’a pas voulu lui remettre l’écharpe de maire. Dès lors, elle commence à appliquer les axes du programme sur lequel elle a été élue. On retrouve dans ces mesures une grande part apportée à la protection des inondations et des risques majeurs. C’est un énorme travail qu’elle souhaitait lancer le plus tôt possible, ayant elle-même été touchée par les inondations de novembre 2019 durant lesquelles 65 centimètres de boue avaient envahi son domicile. Elle entend mieux accompagner les particuliers qui doivent entretenir leur terrain pour parer à ces risques naturels de plus en plus fréquents dans la région. La période du confinement a au moins eu comme effet de rapprocher, au moins un temps, les gens des circuits courts et de la façon dont était produite leur nourriture. Elle a tenté de répondre à cette nouvelle appétence en créant un marché de producteurs locaux sur la Place du Logis, qui bizarrement n’existait pas jusque-là malgré les nombreuses exploitations agricoles de la vallée. Elle souhaite aussi axer son mandat sur la sécurité, lutter contre les nombreux excès de vitesse qui causent chaque année trop d’accidents et combattre l’incivisme qu’elle perçoit de manière trop présente. Concernant les campagnes de vaccination et les ratés de la mise en place, elle confesse que les maires n’ont pas grand pouvoir dans ce qui se déroule actuellement et qui devrait être la meilleure des armes contre le virus. Florence Simon est une maire qui se concentre sur le temps présent et qui tente de ne pas se laisser entacher par les épreuves que nous traversons et qui seront d’autant plus négatives dans les prochains mois, au moins au niveau social. Elle continuera d’essayer, comme elle espère arriver, à tirer ses concitoyens vers le haut.