Paul Isambert

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Billet de blog 21 janvier 2026

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Triangle 3 – Labyrinthe

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J’entends régulièrement le monstre et je peux parfois sentir son odeur quand il erre dans un couloir proche de celui où je me trouve ; ses pas raclent le sol comme s’il était trop fatigué pour lever les pieds et sa respiration est lourde ; je me fige, je retiens mon souffle, mes muscles se crispent, je ferme parfois les yeux mais les rouvre aussitôt. Quand je ne l’entends plus, j’expire lentement et je me force à inspirer doucement. Puis, les mains tremblantes, je reprends le relevé au milieu duquel je me trouve généralement quand il approche.

Son odeur est celle d’un gros animal, une odeur chaude d’étable, avec des lambeaux de pestilence, comme si à la paille étaient restés accrochés des morceaux de chair en décomposition, une flaque de sang séché, un reste de sacrifice, un prêtre essuyant son couteau sur sa robe, le regard perdu au sol. Ce n’est pas une odeur désagréable, peut-être comme on peut parfois aimer l’odeur de sa propre merde.

Ma mère n’aurait pas manqué de me frapper pour un tel mot, mais le labyrinthe n’a pas de lieux d’aisance, et je croise souvent mes déjections ; j’ai même pensé les utiliser pour marquer mon relevé, mais elles ne sont pas fiables, toujours changeantes et se ressemblant pourtant toutes. Le monstre, lui, ne semble pas en laisser, ou alors je les confonds avec les miennes. Je n’ai pas vraiment examiné la question, et je n’en ressens pas l’envie.

Si je m’applique à comprendre le labyrinthe, c’est pour en sortir, mais surtout pour m’occuper. Le désœuvrement me mènerait à la folie, et j’ai ainsi effectué diverses études (j’appelle cela mes travaux ou mes études) : examiner la composition des murs (un matériau, dur, granuleux, humide, qui laisse parfois une marque rouge quand je le touche mais qui ne s’effrite pas), mesurer la largeur des couloirs (constante), leur longueur moyenne avant un tournant (difficile à établir, il ne semble pas y avoir deux longueurs identiques), étudier la composition du sol (un sable épais que je ne saurais vraiment distinguer d’un autre), analyser la nourriture que je trouve régulièrement à divers endroits (des pommes, presque toujours). J’ai pensé m’intéresser aux sons, mais à part ceux que je produis et les bruits occasionnels du monstre, le labyrinthe est totalement silencieux.

Il arrive que je passe des jours dans l’hébétude. Je revois la maison où j’ai grandi, au pied d’une montagne dont les roches affleuraient entre les oliviers. Je revois les menaces de ma mère, je revois mon père, toujours lointain, dont un sourire pouvait lever en moi un poids dont j’ignorais sinon la présence. Nous, les enfants de ma mère, nous étions une gêne à son activité incessante, et elle préférait nous voir disparaître la plupart du temps, ce que nous faisions volontiers. Mais dans les moments où chacun devait être présent, il fallait obéir à des règles strictes, arbitraires et différentes d’un jour à l’autre. La seule règle véritablement constante était de ne pas faire de bruit, que ce fût en parlant ou en mangeant, en se déplaçant ou en saisissant un objet. Ma mère pouvait hurler si on brisait le silence, même par le plus léger frottement d’étoffe.

Je marche à une allure constante en comptant mes pas, avant de revenir en arrière et de noter dans le sable le nombre de segments rectilignes, leur direction, leurs positions relatives et leur longueur. J’acquiers ainsi une certaine connaissance du labyrinthe autour de ce que j’appelle ma maison, un bout de couloir sans distinction sinon mes marques au sol. Il m’arrive de perdre ma maison : il me faut parfois marcher longtemps avant de trouver à manger, et la distance et le vertige que me donne la faim m’empêchent de revenir à mon point de départ. Je dois m’installer ailleurs, et recommencer un plan des environs.

J’ai parfois l’impression qu’un couloir revient sur un autre et ne le croise pourtant pas, comme si l’autre disparaissait. C’est impossible, et mes sens sont sans doute émoussés par la monotonie de mon environnement. Le labyrinthe me surprend souvent par ses géométries incongrues, et je dirais irrationnelles, si je mesurais toute chose, comme le philosophe, à l’aune de la raison humaine. En revanche, je ne m’étonne pas de l’allure du monstre, puisque je ne l’ai jamais vu. Je l’appelle monstre par facilité.

Nous étions régulièrement punis ; ma mère n’avait pas besoin de prétexte ; son humeur suffisait. Elle nous réunissait tous dans la cour, désignait un ou plusieurs coupables et procédait elle-même au châtiment, parfois sous le regard humiliant des esclaves dont les tâches étaient suspendues pour l’occasion. Il nous était interdit de détourner les yeux, et tout comportement inadapté valait à son auteur de rejoindre la ligne des châtiés, si bien que l’entreprise pouvait prendre un certain temps si nous nous sentions l’âme rebelle. Mon père apparaissait parfois dans une embrasure, restait silencieux, se retirait vite.

Dans la nature environnante, les arbres semblaient porter autant d’instruments pour notre punition, assombrissant notre humeur même quand nos jeux étaient innocents. Il est vrai qu’il m’est arrivé de provoquer délibérément ma mère ; je me rappelle ces moments où je sentais naître en moi la terreur de l’acte que j’envisageais, sans doute bien anodin mais suffisant pour marquer ma rébellion, et comment cette opposition soudaine et obstinée m’apparaissait alors comme intensément désirable, malgré la punition qui s’ensuivait inévitablement. Il arrivait aussi que, redoublant l’affront, je refuse d’obtempérer quand ma mère exigeait que je reçoive la correction méritée. Elle se mettait à me poursuivre, mon regard d’enfant la rendant plus grande et plus imposante qu’elle ne l’était vraiment, ce qui ne m’empêchait pas de la fuir de pièce en pièce. C’était la lutte d’une mère lente et vieillie détenant un résidu de force contre son enfant, plus rapide et plus agile. Elle finissait toujours par me piéger, et ce défi fait à son autorité aggravait la punition. En contrepartie, je la trouvais diminuée et je gagnais en assurance.

Ma situation actuelle peut sembler désespérée, mais elle a au moins l’avantage d’être constante. Je ne crains aucun arbitraire sinon les allées et venues irrégulières du monstre, qui constitue une menace certaine mais qui ne m’a fait jusqu’à présent aucun mal. Je sens même grandir en moi l’audace de l’affronter. Je m’imagine lui faire face et, par je ne sais quel mouvement, l’abattre sans subir aucun dommage. Dans ces moments où j’envisage ma libération, mon ventre prend une consistance étrange qui me rappelle le sentiment que j’éprouvais quand je défiais ma mère, ou ce que l’on ressent quand on saute d’une certaine hauteur, un mélange de terreur et d’exaltation, de désespoir et de liberté, jusqu’à ce que l’eau vous ramène à la réalité, menace de vous noyer, puis vous porte tranquillement à sa surface où l’on constate que le monde alentour est resté identique : les mêmes arbres, les mêmes roches, les mêmes enfants qui s’apprêtent à plonger.

Ma mère était en permanence suivie d’un jeune esclave qui servait à toutes les tâches. J’ai toujours ignoré son sexe et son âge, et il me semble que son apparence n’a jamais changé depuis mes premiers souvenirs, comme si nous vieillissions tous alors que l’esclave ne grandissait pas, n’acquérait aucune des formes qui marquent l’âge adulte et l’appartenance à l’un des deux sexes, restait dans cet état d’enfance où ces différences importent peu.

L’esclave dormait dans la cuisine, où ma mère pouvait toujours l’avoir sous la main, le jour comme la nuit, pendant les périodes d’activité quotidienne ou pendant les insomnies qu’elle trompait en accomplissant des tâches inutiles et peut-être imaginaires avant de s’allonger et garder le lit toute la matinée, nous offrant un peu de liberté si nous évitions le moindre bruit près de sa chambre et nous retenions de crier tant que la maison n’était pas cachée par un flanc de colline aride.

J’entends parfois, et souvent cela me réveille, un mugissement lointain et malheureux. Il me serre l’estomac et je ressens brièvement de la compassion pour les bêtes que l’on traque, pour les animaux blessés, pour l’oiseau tombé du nid, et même pour l’arbre qui saigne sous la cognée et les blés que l’on fauche. Puis je me rendors ou me remets à mes études, l’esprit légèrement obscurci comme par une trace de doigt.

L’un de nos jeux favoris consistait à envoyer l’esclave chercher divers objets sous n’importe quel prétexte ; nous nous cachions avant son retour puis lui tombions dessus pour lui reprocher de ne pas avoir accompli sa mission, de ne pas nous avoir suffisamment cherchés, d’avoir trahi son devoir par paresse. Cela nous donnait une illusion de pouvoir, sans doute, mais je ne me rappelle pas avoir vu la moindre larme sur son visage dont l’air légèrement effrayé semblait fixé comme un masque et ne révélait aucune émotion véritable. Son impassibilité était sa meilleure défense, car nous nous lassions vite.

Mes études ne me mènent à rien. Ma cartographie toujours éphémère ne m’a fait découvrir aucune issue ; ni les murs, ni le sol, ni le ciel ne me permettront de m’échapper. Aujourd’hui, j’envisage même d’affronter le monstre. Si je perds, la mort sera au moins la fin de mon tourment. J’ai épuisé les possibilités du labyrinthe, étudiant chacune jusqu’au dégoût, et j’ai ainsi enfoui sous une frénésie stérile ce que je savais sourdement : seule la confrontation me permettra de sortir.

J’aimerais me préparer, mais il n’y a ici aucune arme. Ma nourriture est trop rare pour servir de projectile ; une poignée de sable, peut-être, pourrait m’être utile, mais il est futile de la préparer. Je pourrais exercer mon corps pour le rendre plus fort, mais cela ne ferait que repousser l’échéance.

Une guerre a déchiré notre province durant toute mon enfance ; deux factions se harcelaient mutuellement et s’affrontaient à chaque occasion. Il arrivait qu’un combattant blessé et désorienté trouve le chemin de notre maison et y demande un peu de nourriture ou de soins. Nous n’étions pas autorisés à leur adresser la parole, mais nul ne pouvait nous empêcher de les voir arriver quand nous jouions dans la campagne alentour, et nous avions tout le loisir de les observer avant qu’on nous mette à l’abri. L’impression durable que j’en ai retirée est que la guerre n’est pas une affaire de héros mais de malheureux déguenillés et sanguinolents dont le visage exprimait plus de tristesse que je n’ai eu l’occasion d’en voir ailleurs.

Ma mère, dans ces moments, était plus brusque qu’à l’accoutumée, mais elle avait aussi beaucoup moins l’occasion de s’en prendre à nous. Nous pouvions faire un peu plus de bruit, puisque personne n’avait le temps de nous le reprocher. Après le départ d’un de ces visiteurs (ou peut-être, je m’en rends compte aujourd’hui, après leur mort), ma mère était plus épuisée qu’à l’habitude et elle pouvait s’enfermer plusieurs jours dans sa chambre. Mon père faisait aussi des apparitions plus fréquentes.

Je me tiens contre un mur à attendre ses pas et son odeur. Je sens ma détermination qui s’effrite et je m’invente des raisons nouvelles de reprendre calmement mes études. Après tout, le monstre et moi avons jusqu’à maintenant cohabité sans incident. L’affronter revient à m’imposer un danger inutile, voire une mort certaine, et la mort me paraît moins attrayante à mesure que j’y pense. Ma situation est-elle désespérée ? On me nourrit, on ne m’impose pas de travaux avilissants, on ne m’empêche pas de dormir. En admettant que je domine le monstre, qu’aurai-je gagné ? Ai-je vraiment la certitude que cela me permettra de sortir du labyrinthe ? Et si oui, que trouverai-je à l’extérieur ? Rien ne me garantit qu’on ne me réduira pas en esclavage, qu’on ne me harcèlera pas de dettes qui se seront accumulées en mon absence, qu’on ne me reprochera pas ma fuite.

Il est certain que la solitude et l’ennui m’empêchent de voir les avantages de ma situation. Je dois envisager que les chicaneries des êtres humains et l’envahissement des tâches que l’on recommence chaque jour ne me seront pas nécessairement plus agréables à supporter que la sécurité solitaire du labyrinthe.

Aujourd’hui que tous ces soldats me reviennent en mémoire, cette impression générale de désolation me terrifie, et me revient aussi l’image confuse des corps que nous avons parfois trouvés par hasard, les cadavres de ceux qui n’avaient pas eu la force d’atteindre notre maison. J’imagine mon propre corps pareillement désarticulé ou dépecé par endroits si le monstre se révèle plus fort que moi.

J’ai rêvé, ce qui m’arrive très rarement. J’errais dans le labyrinthe quand j’entends les pas du monstre ; aucun recoin ne semble offrir de protection, le monstre ne semble cesser de se rapprocher, et parfois je sens son souffle sur ma nuque ; je crois lui échapper à plusieurs reprises, jusqu’à ce que je me retrouve dos à un mur qui ne me permet plus aucun mouvement, mon regard fixé sur le bout du couloir où je sais qu’il surgira ; je le sens pourtant encore dans mon dos, au-dessus de moi, à mes pieds, mais mon regard reste figé malgré moi sur le sable vide ; c’est là qu’il apparaît enfin, un corps humain qui devient à partir des épaules une masse informe dont émerge une infinité de visages, ceux de ma famille, ceux d’hommes et de femmes que j’ai peut-être connus, le mien ; il reste là, comme s’il n’avait pas conscience de moi, pendant que je pousse contre le mur pour essayer de reculer encore ; ce face-à-face dure jusqu’à ce le mur cède et que je me retrouve dans un autre couloir, vide ; j’ai beau tourner sur moi-même, le monstre n’est nulle part, et je me réveille.

Il est important de comprendre ses rêves, mais celui-ci ne m’apprend rien : il ne fait qu’illustrer la menace que le monstre fait peser sur moi et ma peur de le rencontrer. Comme j’ignore son apparence, je lui prête divers visages connus. Comme les rêves sont souvent incohérents, c’est un mur qui cède pour me permettre de m’échapper. Si mon esprit avait été dans une disposition légèrement différente, je ne doute pas que c’est le monstre qui se serait soudainement évanoui pour mettre fin au rêve.

Ma mère ne parlait essentiellement que pour donner des ordres ou des réprimandes, mais elle racontait ses rêves à l’envi. Elle effectuait ses tâches en détaillant les histoires étranges qu’elle avait vécues pendant la nuit, s’adressant à quiconque était à portée de voix, un esclave ou un enfant dont elle n’exigeait aucune attention particulière. On pouvait toujours s’éloigner si une occupation le demandait, elle continuait à parler sur le même ton. Le récit de ses rêves ne subissait aucune censure et les détails les plus intimes et les activités les moins avouables y apparaissaient librement, sans même une variation du débit ou de l’intonation pour en atténuer la portée, comme si le songe était constitué d’une matière uniforme qu’on ne pouvait dérouler que sur une seule note. Nous avons ainsi pu imaginer notre mère nue, ou s’accouplant à un soldat, ou tuant notre père.

Cela fait si longtemps que je n’ai pas vu mes propres traits que je ne peux affirmer que le visage que je me rappelle soit vraiment le mien. Il n’y a dans le labyrinthe ni miroir ni calme étendue d’eau pure où se refléter. Je ne me reconnais plus que du bout des doigts, et peut-être ai-je déjà oublié à quoi je ressemble. Reste intacte, du moins il me semble, l’image de ma mère, de mon père, de l’esclave, et de certains de mes frères et sœurs.

Peut-être les rêves étaient-ils pour ma mère une manière d’échapper à sa situation, et c’est pourquoi elle se les répétait ainsi. Elle ne sortait jamais de la maison, les esclaves s’occupant de l’approvisionnement ; elle refusait toutes les invitations, prétextant toujours une quelconque indisposition ; et quand elle n’était pas enfermée dans sa chambre, elle était occupée à quelque chose, et on la voyait s’agiter d’une pièce à l’autre, traversant la cour avec une énergie excessive.

J’entends le monstre et mon estomac se lève. Je me redresse, regarde frénétiquement de tous les côtés en essayant de me rappeler la géographie des environs. Ses pas semblent venir de la droite puis soudainement de derrière moi, comme s’il se déplaçait dans un espace libre, sans labyrinthe, et son odeur sature l’air. Je ne sais vers où me diriger, mais que je veuille fuir ou que je veuille le trouver, je ne peux qu’emprunter des couloirs au hasard, la terreur culminant à chaque tournant.

Ma détermination à en finir est sans doute plus forte que ma terreur. Je me retrouve soudain sans l’avoir décidé dans un couloir où, à plusieurs dizaines de pas devant moi, je le vois enfin : c’est un corps humain nu, puissant et fatigué, où je ne distingue au-dessus du torse aucun trait qui me permettrait de le décrire.

Je crois que mon père haïssait ma mère mais était trop faible pour oser l’exprimer. Il était plus proche de nous, ses enfants, que d’elle, et lui était pareillement soumis. Il ne lui manquait que de jouer à nos jeux et de parcourir la campagne à en perdre haleine.

Immobile, les poings serrés, je comprends que je vois le monstre de dos et qu’il s’éloigne de moi, lentement, ses pieds traînant dans le sable, son odeur emplissant le couloir. Je ne peux douter qu’il ait entendu mon arrivée agitée, ma respiration trop forte, ma terreur qui bat irrégulièrement, et j’attends qu’il se retourne, mais il continue de son pas lourd, comme recru de fatigue, avec parfois un tressaillement de l’épaule ou de la cuisse. Le couloir fait un coude et il disparaît. Oubliant toute crainte, je me précipite à sa suite. Je m’arrête quand je l’aperçois de nouveau qui s’éloigne, puis je marche dans ses pas, essayant de garder une distance constante, accélérant quand il disparaît dans un tournant pour m’assurer de ne pas le perdre, ralentissant à nouveau avant d’adopter son allure abattue.

Quand nous trouvions dans la campagne environnante un animal sauvage blessé ou enivré par une baie, nous arrivions parfois à dominer notre peur et à l’observer calmement, à l’approcher, à le toucher, élaborant des plans pour lui venir en aide ou l’achever et en arborer triomphalement le corps et apporter un démenti à toutes les mises en garde des adultes qui répétaient de se tenir à distance des bêtes sauvages, illustrant leurs avertissements par le récit des mésaventures d’untel qui avait désobéi.

Je parcours des couloirs qui me semblent nouveaux. La qualité de la lumière y est différente, plus claire et plus granuleuse. Le monstre ne se retourne pas, ne se retournera jamais. Il est seul dans son labyrinthe comme il l’a toujours été, traînant son ennui, sans chercher une issue qu’il connaît déjà.

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