Pauline Carnet
Abonné·e de Mediapart

6 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 juil. 2013

Les indignés espagnols manifestent à Londres contre Trillo, ambassadeur soupçonné de corruption

Munis de casse-croutes de chorizo, les Indignés espagnols de Londres ont manifesté ce jeudi 18 Juillet contre l’ambassadeur Federico Trillo. Celui-ci est soupçonné d’avoir reçu jusqu’à 128 413 euros via la caisse B du Parti Populaire (PP) – caisse financée illégalement par des entreprises du secteur de la construction.

Pauline Carnet
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Munis de casse-croutes de chorizo, les Indignés espagnols de Londres ont manifesté ce jeudi 18 Juillet contre l’ambassadeur Federico Trillo. Celui-ci est soupçonné d’avoir reçu jusqu’à 128 413 euros via la caisse B du Parti Populaire (PP) – caisse financée illégalement par des entreprises du secteur de la construction.

Le chorizo n’est pas seulement ce mets espagnol bien connu : en argot, il signifie également « voleur » ou « voyou ». Et Trillo, ex ministre de la Défense et actuel ambassadeur à Londres,  a tout l’air d’un chorizo. Entre 2003 et 2006, il aurait reçu 51 000 euros des mains de Luis Bárcenas, ex trésorier du PP (droite). Cette somme, selon les déclarations de Bárcenas au juge Pablo Ruz, aurait servi à payer les avocats des militaires imputés dans le crash du Yak-42, où 13 soldats espagnols de retour de mission en Afghanistan avaient trouvé la mort. Trillo aurait également touché 77 413 euros entre 2000 et 2001, afin de « compenser » sa perte de salaire lorsqu’il est passé de Président du Congrès (1996-2000) à ministre de la Défense (2000-2004).

Scandalisé par les affaires de corruption à répétition et par l’impunité dont bénéficient nombre de ceux qui y sont impliqués, le siège londonien du mouvement 15M avait donc convoqué « Un barbecue de chorizo » devant l’ambassade espagnole. Faute de charbon, du pain et du chorizo ont été offerts de bon cœur et savourés avec plaisir.

Parmi les manifestants, plusieurs générations sont représentées. Les jeunes ne sont en effet pas les seuls à émigrer. Maria, géologue de 45 ans, a décidé d’émigrer au Royaume-Uni avec son mari après avoir perdu son emploi et avant, dit-elle, de tomber dans la dépression. Maria n’est pas seulement révoltée, elle est écœurée : « Je ne supporte plus de voir tant de gens souffrir et de voir que certaines personnes, qui ont des postes politiques importants, se remplissent les poches, volent à pleines mains et en toute impunité en plus, c’est ça le pire. ». Son mari renchérit : «  Ce monde, il faut le changer (…) les pays démocratiques doivent être véritablement démocratiques, gouvernés par le peuple et pour le peuple ».

En colère, les manifestants ont hué, sifflé et insulté chaque nouvelle personne qui entrait dans l’ambassade. Il ont également scander les classiques du 15M : « Il n’y a pas assez du pain pour tant de chorizo ! » « Ils ne nous représentent pas ! », « Sans vergogne ! », mais aussi « Trillo, que te pillo ! » (Trillo, attends que je t’attrape !).

Une assemblée s’est ensuite organisée afin que chacun puisse s’exprimer sur la situation politique espagnole et sur les futures actions à mener. Certains montraient des signes de désenchantement, constatant qu’en dépit de plusieurs années de mobilisations, des corrompus étaient toujours au pouvoir. D’autres se déclaraient confiants, signalant même qu’il n’y a pas si longtemps, juste avant le printemps arabe, beaucoup pensaient également que rien ne changerait. Et pourtant…

En attendant la Spanish Revolution, tous sont déterminés à poursuivre les manifestations. Les indignés espagnols s’organisent à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du royaume. En mai dernier est ainsi née la Marea Granate, « marée grenat », de la couleur du passeport espagnol. L’objectif est de créer un réseau d’assemblées internationales doté d’une capacité de coordination. Les émigrés espagnols, jeunes et moins jeunes, veulent ainsi signaler que s’ils ont quitté le pays, ils n’ont pas pour autant abandonné la lutte.

Le 18 Juillet, des « barbecues de chorizos » contre la corruption ont été organisés un peu partout en Espagne devant les sièges du PP, ainsi qu’à l’étranger, devant les ambassades et consulats espagnols, comme à Toulouse, Paris, Bruxelles, Vienne, Stockholm, Montevideo ou Mexico DF. A Madrid, un millier de personnes ont réclamé la démission de Mariano Rajoy, Premier ministre et chef du PP.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Climat
Face au chaos climatique, le séparatisme des riches
Alors que des milliers de Français sont évacués à cause des incendies, que d’autres sont privés d’eau potable voire meurent au travail à cause de la chaleur, les ultrariches se déplacent en jet privé, bénéficient de dérogations pour pouvoir jouer au golf et accumulent les profits grâce aux énergies fossiles. Un sécessionnisme des riches que le gouvernement acte en perpétuant le statu quo climatique.
par Mickaël Correia
Journal
Climat : un été aux airs d’apocalypse
Record de sécheresse sur toute la France, feux gigantesques en Gironde, dans le sud de l’Europe et en Californie, mercure dépassant la normale partout sur le globe… Mediapart raconte en images le désastre climatique qui frappe le monde de plein fouet. Ce portfolio sera mis à jour tout au long de l’été.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Proche-Orient
À l’hôpital al-Shifa de Gaza, les blessés racontent les bombardements
La bande de Gaza ressort épuisée de cet énième round de violences meurtrières entre Israël et le Djihad islamique palestinien. Malgré la trêve entrée en vigueur dimanche soir, les habitants pleurent leurs morts, les destructions sont importantes, et des centaines de blessés sont toujours à l’hôpital, désespérés par la situation et par les pénuries de médicaments. « J’ai vraiment cru qu’on allait tous mourir, enterrés vivants », raconte un rescapé.
par Alice Froussard
Journal
En Ukraine, les organisations internationales en mal de confiance
Depuis le début du conflit, la société civile ukrainienne s’est massivement mobilisée pour faire face à l’offensive russe. Alors que les organisations internationales sont critiquées, comme on l’a vu encore récemment avec Amnesty International, la plupart de l’aide humanitaire sur le terrain est fournie par des volontaires à bout de ressources.
par Clara Marchaud

La sélection du Club

Billet de blog
par carlita vallhintes
Billet de blog
Cornichon
Si mal jugé.
par C’est Nabum
Billet de blog
Avec mes potes, sur la dernière barricade
Avec les potes, on a tout ce qu’il faut pour (re)faire un monde. Et on se battra jusqu’à la dernière barricade, même si « la révolution n’est plus synonyme de barricades. Elle est un tout autre sujet, bien plus essentiel : elle implique de réorganiser la vie tout entière de la société ». Ce à quoi on s’emploie. Faire les cons, tout en faisant la révolution : ça va être grandiose. Ça l’est déjà.
par Mačko Dràgàn
Billet de blog
Iel
De la nécessité d'écrire inclusif-ve...
par La Plume de Simone