Petit glossaire rapide des termes musulmans dévoyés par C.News et Compagnie
Est-ce par paresse, par ignorance ou en toute conscience ? Toujours est-il qu'il ne se passe pas quelques minutes sur les ondes, dans l'audio-visuel, sans que des femmes et hommes politiques, ainsi que des journalistes, utilisent, à tord et à travers, des termes arabes liés à la religion musulmane en leur donnant des significations très largement fausses.
En voici quelques exemples :
la charia : ne signifie en rien la « loi islamique » mais « la source », très précisément d'ailleurs : « la source d'eau qui affleure dans le désert », c'est à dire le corpus des textes qui va donner la matière pour préciser les préceptes de l'Islam.
Par ailleurs, dire que les musulmans voudraient imposer la charia en France est une ineptie puisque les concepts issus de la charia ne concernent que les musulmans (pour rappel à peu près 5% de la population française se dit proche de l'Islam).
la fatwa : ne signifie pas « arrêt de mort », ou « jugement » mais « réponse » ou « éclairage », il s'agit d'un conseil religieux suite à la demande de certains musulmans sur des conduites à tenir permettant de respecter au mieux la religion. Les fatwas sont indicatives et n'impliquent pas d'être suivies de façon automatique. Par exemple, la religion musulmane interdit l'usure et donc de demander des prêts. Toutefois, pour acheter une maison, le conseil européen de la fatwa admet qu'il est possible de solliciter un prêt bancaire si aucune autre possibilité n'existe pour un achat immobilier.
Ceci étant dit, chaque croyant fera comme il voudra avec cette fatwa.
Le djihad : ne signifie pas la « guerre sainte » mais se traduit par « l'effort », il s'agit là de toutes les luttes (souvent intérieures) que le musulman va mener pour être le meilleur être humain possible.
Certes, le « djihad guerrier » peut exister, mais dans des conditions particulières et très essentiellement pour défendre son pays.
Le salafisme : ce concept ne signifie rien pour les musulmans quelque peu instruits de leur religion puisque « salaf » veut dire « prédécesseurs » ou «ancêtres» et désigne les trois premières générations des musulmans, dans lesquelles sont surtout mis en avant les compagnonnes et les compagnons c'est à dire celles ou ceux qui ont rencontré le Prophète de l'Islam.
Tous les musulmans sont évidemment totalement concernés par la période prophétique et ne peuvent être que « salafistes », sinon ils ne seraient pas musulmans. C'est un peu comme si, pour les chrétiens, on appelait certains d'entre eux « les apôtristes », mais quel chrétien va refuser le rôle des compagnons du Christ ?
De fait, ce terme, donc largement dévoyé, désigne dans la langue politico/médiatique une façon littéraliste, rigoriste de comprendre et de pratiquer l'Islam qui conduirait au terrorisme. Cela est très loin d'être vrai puisque la plupart des terroristes sont à peu près illettrés en religion1.
Allah Akbar : n'est pas un cri de guerre poussé par un assassin après un crime, mais signifie « Dieu est grand ». C'est la formule prononcée au début de la prière musulmane et qui en ponctue ensuite les différentes étapes.
La oumma : terme généralement employé pour nommer la communauté musulmane qui serait un ensemble cohérent et puissant. En réalité la « oumma » est, en France, traversée de courants plus ou moins antagonistes et ses capacités de peser sur les décisions politiques sont faibles. A noter qu'à l'origine, la oumma regroupait les musulmans et les tribus juives de Médine qui avaient ensembles conclu un accord.
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On peut ajouter à ce petit glossaire de mots arabes dévoyés de leurs sens réels, quelques termes français répétés à l'infini dont la signification reste obscure dés qu'on prend quelques secondes de réflexion.
Le séparatisme : semble signifier que si vous n'êtes pas d'accord avec Le Figaro, C News ou Macron vous êtes alors anti-républicain et séparatiste.
L'islamo/gauchisme : se référer à la définition du séparatisme ci-dessus.
l’État islamique : nomme un groupe de gens à la fois violents, sadiques, sûrement suicidaires et désespérés qui ne sont ni un État, ni islamiques.
La laïcité :
pour Mme Schiappa c'est un concept permettant de surveiller et de punir les croyants qui parleraient trop (surtout les musulmans),
pour le père de Mme Schiappa c'est une loi permettant la liberté de conscience : c'est à dire le droit de croire, de ne pas croire, de changer de religion et d'exprimer sa religion en public ou en privé (ce qui correspond aux droits humains fondamentaux). Si, par hasard vous êtes invité chez les Schiappa au dîner familial, prétextez d'être cas contact, c'est plus sûr.
loi qui ne s'applique pas sur l'ensemble de la métropole (l'Alsace et la Moselle) et non plus dans certains départements ultramarins (Guyane, La Réunion, Mayotte). Ces territoires perdus de laïcité semblent d'ailleurs ne pas être pressés de bénéficier de ce concept si français que le monde entier ne nous envie pas au vu de son opacité polysémique.
A suivre...
1Voir Thomas Guénolé « L'Islamopsychose » (Édition Fayard) : « l’analyse par Associated Press de plus de trois mille documents internes de l’organisation État islamique indique que 70 % des recrues ont une connaissance à peine basique des notions clés de l’islam, que 24 % en ont une connaissance tout juste moyenne, et que, parmi les 16% restants, seuls 5 % peuvent être considérés comme des «étudiants avancés». Symbole éloquent : selon Associated Press, deux recrues britanniques auraient commandé « Le Coran pour les nuls » et « L’Islam pour les nuls » sur
Amazon avant de partir combattre en tant que jihadistes ! ».