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Billet de blog 7 mars 2016

Crise à EDF : Machiavel aux commandes

Rapide analyse d'un dossier de financement doublant la dette d'une entreprise en mauvaise santé, ou comment privatiser EDF

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Si nous imaginons que ce projet voit le jour, il sera nécessaire de la financer. Hors c'est par la dette que ce projet verra le jour. Les banques seront donc interrogées pour un financement de projet de 23 à 30 milliards d'euros avec les conditions suivantes:

    Doublement de la dette globale de l'entreprise dont la santé financière est obérée

    A priori un collatéral sur les constructions et les installations

     Pas de garantie sur la dette

Mon expérience sur ce genre de sujets me laisse à penser qu'une banque "normale" refuserait ce dossier, même dans le cas d'une faible participation à une syndication.

Seul élément positif l'actionnariat de l'entreprise, à savoir le souverain France. Et c'est là que Machiavel entre en piste. Les banques acceptent le financement compte tenu de la signature de l'actionnaire. Ensuite le projet prend l'eau et entraine avec lui EDF (ce sera la version officielle si le reste des activités nucléaires finissent également par la couler). EDF n'aura pas les fonds propres suffisants pour absorber les pertes et les banques se retourneront alors vers l'actionnaire pour réclamer leur du. Mais rigueur budgétaire oblige l'actionnaire, représenté par les hauts fonctionnaires et ministres en charge du dossier refusera de mettre le moins euro. et oui ils auront l'argument ultime : ne pas faire payer à nous, pauvres contribuable la gabegie d'une gestion hors norme et les trop grands risques pris. Alors que faire? Démanteler et privatiser. Mais qui profitera de cette privatisation? Les banques assurément qui lorgnent depuis des décennies sur cette perle qu'est EDF et qui n'hésiterons pas à la détruire pour ne garder que les secteurs qui rapportent. Ah oui j'oubliais, le nucléaire ne sera pas privatisé. Au nom de la transition énergétique une structure ad hoc sera créée pour assurer le démantèlement de ce parc si coûteux. Et qui payera, vous et moi. 

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