Indignation sélective

Nous avons tant de raisons de nous indigner

 

Je vois ici et là des commentaires indignés sur le caillasse de la façade de l'hôpital Necker. Oui il y a des raisons de s'indigner de ce geste absurde. Mais n'y en a t il pas de s'indigné de ce manifestant dont une grenade lacrymogène a explosé, coincée entre son dos et son sac à dos? Ah oui nous n'étions pas informés de cela (mis à part les lecteurs de Médiapart) et pourtant des images dignes de BFM TV existent….. tiens pourquoi n'on elles pas été montrées ? N'y a t il pas de raison de s'indigner des centaines de migrants qui continuent chaque mois à mourir noyés en Méditerranée ? Ah là nous n'avons même plus d'images et seulement quelques témoignages de temps en temps, et puis l'Europe refourgue les survivants aux turcs en échange de promesses et d'euros…. N'y a t il pas de raison de s'indigner du traitement réservé aux ouvriers immigrés qui construisent au Quatar les futurs stades de la coupe du monde 2022? là plus de son plus d'image sur ce qu'on appelle pudiquement du travail forcé, moi j'appelle cela de l'esclavagisme. Mais bon nous n'allons pas entacher la messe mondiale de 2022….. Je pourrais poursuivre quelques milliers de lignes ce triste récit. Necker nous touche parce qu'il s'agit d'enfants qui pourraient être les nôtres et cela nous fait peur. Vous voyez le raccourci, d'une façade caillassée, la magie d'une l'information sélective nous renvoie à nos peurs les plus viscérales. Pas d'enfants atteints pourtant….. Pas de médecins ou d'infirmières blessés. Mais pourtant c'est pour nous pire que cet enfant noyé sur une plage de Méditerranée.

 

Et c'est précisément cette peur que la presse aux ordres attise. Pourquoi me direz vous? Parce que la peur est incontrôlable, c'est un sentiment que nous devons évacuer par tout moyen, quelqu'en soit le sacrifice. Et c'est bien ce sacrifice que nous gouvernants recherchent, sacrifier la démocratie à l'ordre, sacrifier son temps de travail et ses conditions de vie, sacrifier sa santé et l'éducation du moment que nous n'avons plus peur. Pour cela nous serons demain prêts à nous en remettre corps et âme à une régime autoritaire du moment qu'il promet d'élimine tous ces porteurs de peur que ce même régime fabrique, utilise. La méthode est toujours la même qu'il s'agisse de religion, de gouvernement autoritaire. Un pouvoir non partagé s'appuie sur ce carburant. Alors indignons nous, oui mais indignons nous de tout sans peur.

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