Veuillez trouver ci-dessous une copie de l'article publié sur le site Le Monde.fr, blog "L'Elysée coté jardin le 13 septembre 2011 :
Sarkozy veut 30 000 places de prison en plus d’ici 2017
Effectuer un tour de vis sécuritaire, en se réconciliant avec les magistrats et l’administration pénitentiaire. Tel était l’objectif de Nicolas Sarkozy qui s’est rendu, mardi 13 septembre, en Seine-et-Marne, pour inaugurer un centre éducatif fermé pour jeunes délinquants à Combs-la-Ville et visiter le centre pénitentiaire de Réau. M. Sarkozy comptait effacer les propos tenus à Orléans le 3 février contre les magistrats et l’administration pénitentiaire, à propos de la jeune Laetitia Perrais assassinée et découpée par son meurtrier présumé, Tony Meilhon. Le propos avait entraîné une mobilisation sans précédent de la magistrature.
Neuf mois plus tard, M. Sarkozy s’est voulu conciliant. « Je veux dire ma confiance, ma reconnaissance et mon estime pour le travail courageux que vous effectuez », devait dire M. Sarkozy au personnel pénitentiaire, selon le texte écrit de son discours, avant de passer aux juges. « Nos magistrats font un travail remarquable, dans des conditions difficiles ; il faut que leurs décisions soient mieux appliquées », devait-il enchaîner, avant de se réconcilier avec les conseillers d’insertion et de probation, chargés de préparer la réinsertion des condamnés. Leur patron avait été limogé après l’affaire Perrais. « Il faut les soutenir », devait assurer le président dela République.
Au cours de cette visite de prison –une première pour un président depuis quarante ans, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d’accélérer l’exécution des peines prononcées. Selon lui, le nombre de peines en attente a été réduit de 15%. Mais il veut aller plus loin et, pour cela, construire 30 000 places de prisons supplémentaires d’ici à 2017. « Pour assurer une exécution normale des peines d’emprisonnement, la France a besoin de 80 000 places de détention. Cet objectif, qui figurera dans la loi de programmation, représente un effort d’équipement sans précédent qui devra être achevé en 2017 : il nous conduira à créer 30 000 places supplémentaires. Eu égard aux délais de construction, c’est dès aujourd’hui qu’il faut engager l’effort », a écrit M. Sarkozy, qui a rappelé que la France avait créé 6000 places de détention supplémentaires depuis 2007.
M. Sarkozy veut diversifier les structures : « Nous ne pouvons pas continuer à enfermer de la même manière un récidiviste et un primo délinquant condamné à quelques mois de prison. » A cet égard, le chef de l’Etat souhaite « ouvrir rapidement des prisons dédiées aux condamnés pour courtes peines, ne présentant pas de dangerosité particulière ». Le garde des sceaux, Michel Mercier, doit proposer d’utiliser des « terrains militaires ou des bâtiments laissés vacants par le ministère de la défense ».
Le deuxième axe porte sur la prévention de la récidive. La dangerosité des détenus sera donc examinée à chaque étape du parcours carcéral, à l’entrée et à la sortie. Cette évaluation était jusqu’à présent réalisée à Fresnes. Elle le sera aussi au centre pénitentiaire de Réau, que visitait M. Sarkozy. Le dispositif doit être complété par l’ouverture de 3 nouveaux centres, a annoncé le président. Au total, 1 600 détenus seront évalués par an. De même, le chef de l’Etat veut une plus grande interconnexion des informations. « Il faut organiser la connexion des outils informatiques de la police, de la gendarmerie, des juridictions, des centres de détention et des services d’insertion et de probation », devait déclarer M. Sarkozy devant Dominique Baudis, nouveau défenseur des droits.
Troisième axe, la délinquance des mineurs. M. Sarkozy a réitéré un propos qu’il tient systématiquement : « Le mineur délinquant de 2011 n’est pas celui de 1945 : il est souvent plus violent et plus jeune qu’auparavant lors du premier passage à l’acte. » Il veut donc une justice rapide. « Les mineurs qui font l’objet d’un suivi doivent être pris en charge dès la décision du juge, et non plusieurs jours, voire plusieurs semaines après, comme c’est parfois le cas », devait dire M. Sarkozy. Le président dela République a annoncé la création de vingt centres éducatifs fermés, comme ceux lancés en 2002. Enfin, le chef de l’Etat a soutenu la proposition de loi du député Eric Ciotti (UMP, Alpes-Maritimes), présent lors du déplacement et qui a proposé un service citoyen pour les jeunes délinquants, encadrés par des militaires. « Cette période au cours de laquelle ils seront soumis à une discipline stricte leur permettra de rompre avec le cycle de la délinquance », devait déclarer M. Sarkozy. Ces mesures sont censées être adoptées avant la fin de la législature.
Franck Johannes et Arnaud Leparmentier
Une analyse anglo-saxonne :
La Commission qui vérifie les dépenses des candidats à l'élection présidentielle a principalement analysé les dépenses de campagne de M. Sarkozy après sa déclaration de candidature à sa propre succession.
Dans le monde anglo-saxon ce qui compte n'est pas la date administrative (la déclaration de candidature faite par M. Sarkozy lui-même) mais la matérialité de sa candidature.
Quand M. Sarkozy parle le 13 septembre 2011 de construire 30.000 places de prison à créer, tout le monde a compris qu'il ne parle pas de la période du 13 septemebre 2011 au 6 mai 2012, mais des années 2012 - 2017.
La seule façon de tenir ses engagements pour la période 2012 - 2017 est de se déclarer candidat à sa propre succession, donc c'est une déclarartion de candiature de facto.
Précision : s'il avait dit qu'il souhaite que le candidat ou la candidate de la droite mette dans son programme la construction de 30.000 places de prison il n'y a aucun problème, mais il a dit "Je". Ce qui change tout car il parle dès ce moment de sa candidature à sa propre succession.
Conclusion dans le monde anglo-saxon :
La campagne de M. Sarkozy commence matériellement le 13 septembre 2011.
De ce point de vue, la Commission qui vérifie les dépenses des candidats analyse les dépenses de M. Sarkozy à partir de ce jour là : soit il y a des dépenses pour le fonctionnement de la Présidence en cours, soit des dépenses de campagne, soit les deux à la fois.