ELLE ME DISAIT... (épisode 11)

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Elle a l’air de ne pas être là mais quand elle vous regarde, elle est terriblement présente. Elle se tourne vers vous, yeux bleus, yeux vert-clair, vous hésiterez toujours pour repérer leur couleur. Ses yeux changent avec les affres du ciel. C’est qu’elle a un rapport céleste avec les éléments.

L’état du Monde, les états du monde (ajoutons-y le minéral, le souterrain, le climatique, l’aquatique même) influent sur ses états d’âme.Ses paroles dévalent du haut des sommets, stagnent dans les plaines, paressent dans les méandres intimes de ceux qui l’écoutent. Quand la rivière s’assèche, on découvre, sur le limon, la trace de ses mots un peu rudes.

Elle ne se soucie guère de savoir si ce qu’elle dit (paroles déjà vouées à l’effacement) ont ou non une quelconque portée, une quelconque profondeur. 

Le lecteur est embarqué dans son Dire avant toute connaissance de ce qui lui arrive. Et chacun de s’apercevoir dans la houle et dans les vents, mi-étourdi, mi-assuré, qu’il est, en cette lecture, acteur obligé.

Voilà ce lieu particulier dans lequel Elle vous a entraîné : théâtre intra-muros où s’actent sa bravoure, son intrépidité, sa détermination, sa sensibilité. Ecoutez-la dès le lever de rideau. Ecoutez ses murmures à deux dizaines.

Elle disait : «Beau le ciel quand les dieux l’ont déserté. Beau le ciel avant qu’ils n’y retournent».

Elle disait : «La prose en déferlante qui vous vient en bordure du sommeil et que la nuit effacera à tout jamais».

Elle disait : «Au silence des riches dans les pièces du Château, je préfère le tohu-bohu des pauvres dans les Cafés du Port». (...)

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