De toutes petites pensées politiques.

Oh ça arrive de partout... pas de grandes pensées politiques, non, juste des petits détails, des flashes qui vous éblouissent ou vous désespèrent. Vous pêchez dans n’importe quoi, n’importe où, là, sur une pulsion d’achat du mensuel La Décroissance, ici sur une pub TV ou encore tout là-bas dans le fatras d’Internet. Voici donc, en vrac C.Jouanno, Macron, les Communistes, R.Garrido, D.Kessler.

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Vous vous souvenez de Chantal Jouanno ? Début juillet, cette ex-ministre, secrétaire d’Etat à l’écologie annonçait qu’elle se retirait de la vie politique. Dans le journal L’Opinion, elle nous assurait : «Vous n’entendrez plus jamais parler de moi». Allait-elle se mettre au vert ? Hé bien, non, elle part rejoindre un grand cabinet de conseil en recrutement. Un cabinet américain of course. A la recherche certainement de billets… verts. (Source : La Décroissance).

Alain Accardo dans sa chronique de La Décroissance parle de ce que sera le Macronisme :«Qui se souvient de Félix Gouin, de Paul Ramadier, de René Pleven, de Pierre Pflimlin, Joseph Laniel, René Mayer, Henri Queuille, Felix Gaillard, Edgar Faure, Guy Mollet, qui parle encore des partis dont ils étaient les caciques ? (…) Tous étaient imbus de leur importance, tous se sentaient l’âme d’un sauveur de la République. Tous ont géré sa décomposition. Il en ira de même pour la clique macronienne (…) Le macronisme : une marche triomphale ? Non, plutôt un convoi funèbre».

Les Communistes sont donc aux côtés des pro-Jeux Olympiques Paris2024. J’entends déjà ce discours du PCF sur le Sport-Citoyen, sur le Sport-Rassembleur, le Sport-qui-rapproche-les-Pays, le Sport-facteur-de-Paix, le Sport-grande-Fête-populaire, ou encore le slogan Sportifs-de-tous-les-Pays-Unissez-Vous. Et rien sur le Sport c’est la guerre, le Sport c’est le chauvinisme, le Sport c’est l’ElDorado pour les Grandes Entreprises Privées, les Impôts populo qui augmentent, le Sport c’est la Grande Parade des Voyous-du-CIO, la Propagande Medias. Sur ce sport-là, rien, absolument rien du tout.

Je tombe sur le spot télévisé, répété jusqu’à l’overdose, pour la Citroën C4 Cactus. Une petite fille à qui on a demandé de hurler sur le siège arrière s’éxécute. Elle crie, elle crie, à croire que les enfants ne savent faire que ça. La fillette a six, sept ans. Espérons qu’avec dix ans de plus, elle descendra de la voiture et deviendra piétonne à crier, cette fois, sa colère, hier sur les Avenues du 12 septembre, les Rues du 21 ou autres Boulevards du 23 Septembre et demain à tous les carrefours de France.

Tu émets un point de vue critique ? Tu veux analyser la stratégie des classes dominantes, dire par exemple que le Medef a réussi en douce le coup de Pompidou c’est-à-dire placer un expert-en-banque au sommet de l’Etat ? Macron a bien été au service – qu’on le veuille ou non – de la banque Rothschild avant d’être Président, non ? Tu te demandes quels arguments vont t’opposer les grands «experts» médiatiques ? Le premier que tu entends, c’est que tu serais un complotiste. Le second, c’est que, sans aucun doute, tu serais aussi un antisémite puisque tu as rappelé que Macron avait été banquier chez Rothschild, et que, oui, oui, «tout le monde voit bien où tu veux en venir». Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’établir des liens entre appartenance à une catégorie sociale et choix politique. T’es «complotiste» et «antisémite» : compris ? Et on ne discute pas.

Raquel Garrido va travailler chez Bolloré et voilà la crème de la caste médiatique en émoi. Les Aphatie ironisent, les seconds couteaux, genre Jérôme Godefroy né et abonné Lagardère, font dans le sarcasme. Ajoutons à ce choeur un certain F.P. du Canard enchaîné dans un odieux article de la Une de la semaine dernière.

Primo : Madame Garrido, insoumise, fait les choix qu’elle veut et je suis persuadé qu’elle ne mettra pas sa langue dans sa poche. Mais c’est un leurrede croire que causer dans le poste fera gagner des voix supplémentaires. Se souvenir du Non en 2005 qui avait eu contre lui tous les Médias.

Secundo : ce qui chagrine fortement BiBi c’est que Raquel Garrido accepte de travailler avec cet ignoble Ardisson, prototype du libéral-libertaire, plagiaire condamné, opportuniste insupportable. Avec cette question très perso et bien peu importante : comment Raquel peut supporter Ardisson et ses acolytes, endurer un tel travail avec de telles ordures ? Beurk. Beurkkk.

Tertio : c’est donc ailleurs que j’irai écouter Raquel Garrido. Comme j’écouterais ailleurs Alexis Corbière gentiment invité par l’imbuvable, éternel étudiant, puissant dans les Arènes artistiques parisiennes (ce qu’on ne dit pas), Laurent Ruquier.

Qu’il est émouvant ce Thomas Sotto, ex-bateleur matinal d’Europe 1 ! Viré comme un malpropre mais toujours très gentil avec la Station Lagardère (faut jamais médire contre les Grands de ce Monde, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver), le voilà petit déjeunant avec son fils. «Je vais pouvoir enfin prendre le petit-dej avec toi. Même s’il ne faudra pas parler trop fort parce que j’écou­­te­­rai la radio. Parce qu’Eu­­rope 1, c’est ma vie depuis que je suis gamin et ça ne va pas s’ar­­rê­­ter demain». Dans l’émission Quotidien, il nous fit part de la brutalité de cette séparation qui lui a fait «beau­coup de mal». Depuis, je suppose que notre Thomas s’est bien remis car la télé publique France 2 lui a confié les rennes de l’émis­sion Complé­ment d’enquête. Ce qui reste caché dans tout ça – et le fringant Yann Barthès se garda bien de l’annoncer (peut-être le même salaire chez Bouygues ?) – ce fut le salaire de Thomas Sotto dévoilé par Le Canard Enchaîné. (37.938 euros par mois).

On croirait que la haine des fonctionnaires date de peu de temps. Mais faisons un peu d’Histoire et rappelons-nous d’un certain Henri Dorgères dont voici la carrière : il fut le fondateur des «Chemises vertes» et du fascisme agraire. Un temps partisan du renversement de la République, il soutient Philippe Pétain sous Vichy, reçut la francisque en 1941 et fut nommé délégué général à l’organisation et à la propagande de la Corporation paysanne. Amnistié en 1946, il fut élu député poujadiste en 1956, aux côtés, entre autres, de Jean-Marie Le Pen. Il incarna cette droite patronale qui invectivait sans cesse les fonctionnaires et qui agit bec et ongles depuis le début du XXe siècle contre le salaire indirect et la Sécurité Sociale. Et rappelons encore que le consortium des assurances privées achetait des hommes politiques avant guerre pour damer le pion aux projets d’assurance sociale collective. Dorgères en était. Aujourd’hui, on a Fillon et son ami Henri De Castries d’Axa.

Longue filiation de ces haineux envers les Services Publics. Haine contre ce modèle social hérité du Conseil National de la Résistance (CNR). Plus proche (il y a 10 ans) un certain Denis Kessler, n°2 du MEDEF puis organisateur des Dîners du Siècle, soutien sarkozyste d’alors, écrivait dans Challenges (4 octobre 2007) :

«La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Hier Sarkozy et Hollande. Aujourd’hui, Macron et Gattaz.

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