Et si on écrivait le Tome 2 de ce que notre PRESIDENT a dit ?

Cette conversation à trois (Fabrice-Gérard et François) se poursuit dans un hypothétique ? tome 2. Revoilà donc notre Président dînant avec Fabrice et Gérard. Tout est vrai... (Enfin je le crois).

– Je suis très très content.

– Comment ça, François ? lâcha Gérard Davet qui faisait chauffer la soupe tout à côté.

– Oui, ce matin, toutes les radios, toutes les télés ont ouvert sur la baisse du chômage. Je vais gagner mon pari.

– Nous, au Monde, on est resté objectif, se défendit Fabrice Lhomme en jetant une œillade à son collègue. Comme d’hab, on a fait un article avec toutes les infos de l’Institut Montaigne de Bébéar. Et ça, c’est incontestable.

– Oui, je dois avouer que vous autres au Monde, vous ne chômez pas.

– Y a quand-même le Canard Enchaîné qui n’est pas d’accord, protesta Gérard revenu de la cuisine.

– Ouais je sais, ils ont éventré ma feinte, celle de faire passer les chômeurs en Catégorie C pour qu’on ne les compte pas.

– T’es un malin, François !

Gérard servit la soupe. François y trempa ses lèvres et maugréa :

– Ah ! Elle est brûlante, ta soupe ! (Il poursuivit). A… A propos de journal, faut que je vous dise. J’ai eu ce journaleux du JDD au téléphone et je lui ai passé un sacré savon.

Fabrice coupa le pain avant de mâchonner :

– Mmmhhmh, raconte, François.

– Figurez-vous que ce larbin de Lagardère a fait courir le bruit que Valls avait fait signer une pétition à mes députés en sa faveur. Oui, un appel de soutien à sa candidature pour 2017.

– Et ce n’était pas vrai ?

– Valls en 2017 ? Une rumeur que les moutons de Lagardère avaient fait courir. J’ai pris illico mon bigophone et j’ai direct appelé Arnaud et Denis.

– Denis Olivennes ? L’ami de Carla ?

– Oui ! (Trois grands rires secouèrent les murs). Dis Gérard. Ta soupe… Remets-moi ça, elle trop bonne.

– Servir la soupe, on sait faire au Monde, dit Gérard très sérieusement.

Fabrice fronça les sourcils :

– Arrête tes conneries, Gérard.

– Bon, bon, pas de chamailleries. Alors, je vous parle de mes camarades de l’Elysée ?

Gérard repoussa son assiette, ouvrit son carnet de notes et fit oui de la tête.

– Allez, j’commence par Valls ! fit le Président tout guilleret. Notre brave Manu !Hé bien, figurez-vous qu’il est au bord de la rupture !

– Comment ça, interrompit Fabrice. Il… il te lâche ?

– Ben non, imbécile ! Notre pauvre Manu est coincé, quoiqu’il fasse ! Coincé entre Macron et moi ! Il faudra qu’il attende 2022… mais il traînera longtemps la casserole du 49.3 que je lui ai mise dans les pattes ! (Il rit en se souvenant du bon tour qu’il avait joué à son Premier Ministre). Fallait le voir ces derniers jours, reprit-il, la bave aux lèvres ! Et tous ses communicancans qui font la gueule ! Leur plan de Com’ pensé depuis dix ans est foutu ! Fou-tu !

– Et de Macron, t’as des nouvelles ?

– Ouais, ce week-end, il repart à Londres chercher son pognon. La dernière fois, il avait raflé 12,75 millions en donations. Apparemment, ce n’est  pas assez pour qu’il se mette en Marche. Il y retourne pour faire la Manche. Mais lui aussi est coincé.

– Comment ça ? demanda Fabrice qui attaqua un saucisson chaud et des pommes de terre à la vapeur.

– Trop jeune. Pas assez de passé politique. Et puis, il lui faut un parti, un truc structuré pour tenir le choc. Et puis tu le vois avec Alexandre Jardin ou Stéphane Bern comme ministre de la Culture ?

(Gérard et Fabrice eurent à nouveau un coup d’œil complice. Façon de reconnaître que leur Président était un redoutable Machiavel). Ils en arrivèrent au dessert. Un gâteau préparé là aussi par le cordon bleu de Gérard.

– Dis-moi, François, t’as quand-même vu les sondages ?

– Ben oui, tu sais, les sondages, j’en commande un par jour. Odoxa, BVA, IFOP. Arghh, ils me coûtent cher ceux-là. Là-dessus, j’ai copié Nicolas. Voilà une chose de bien qu’il m’a transmise. Un sondage par jour. Comme qui dirait cinq fruits et légumes par jour.

– On te donne quand-même à 4%.

– Eh bien, ce genre de sondage, je n’y crois pas… (Il s’interrompit avant de reprendre). Je n’y crois pas à 100% mais à…. 4%, oui j’y crois !

Ils goûtèrent à la tarte au citron mais François n’en redemanda pas.

– Je surveille ma ligne.

– Hé, ta ligne ? Mais, elle n’a pas beaucoup changé depuis 2012.

– Ah, j’ai quand-même quelques kilos en trop. Valérie et Ségo me le disaient déjà… mais je t’autorise à en faire la Une de ton canard demain : «Hollande garde la ligne».

– Non, firent Gérard et Fabrice en chœur, on garde nos palabres d’aujourd’hui pour le tome 2.

bleu-blanc-rouge
Hollande regarda sa montre puis se leva précipitamment.

– Je dois y aller, Messieurs. C’est que la France n’attend pas !

Le Président enfila sa veste, ramena ses cheveux en arrière quand son portable grésilla. Il alla derechef se réfugier dans l’alcôve du couloir tout proche. Gérard et Fabrice tendirent l’oreille. Ils reconnurent la voix de Julie Gayet. Il semblait aux deux journalistes que François et Julie échangeaient des mots doux.

Gérard regarda Fabrice et fronça les sourcils. Ils ne pouvaient rien noter de la conversation. Trop loin. Tous ces mots n’avaient aucune chance de se retrouver dans la fin du premier chapitre de leur prochain tome 2. Ils avaient raté le plus croustillant.

– Ah, quel boulot merdique, lâcha Fabrice dans un grognement.

– Oui, tu l’as dit ! Merdique, soupira Gérard à son tour.

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