Le piège du libéralisme

Tout a commencé avec la loi du 3 janvier 1973

Dette fictive ou comment sortir du guépier de la finance.

Jusque dans les années 70, l’argent était tiré du Trésor public, « ex nihilo » selon les besoins du moment, bien qu’avec le contrôle du Parlement. Mais trop facilement au gré des banques, qui estimaient, à juste titre, qu’augmenter la masse monétaire en circulation de cette façon engendrait l’inflation honnie pour tout prêteur qui voit la valeur de ses créances s’amenuiser avec le temps. Les prêteurs savent que cela fait baisser la valeur de l’argent prêté. D’où des lois empêchant l’Etat français de battre monnaie à son gré, en laissant ce soin aux banquiers, qui créent depuis ces sommes en circulation, assorti cette fois d’intérêts, censés être un frein à trop de facilité.
Depuis cette date les banques ont pris le pouvoir sur l’Etat en le laissant s’endetter comme devant, mais cette fois dans leur propre…intérêt ! Cette technique s’est généralisé avec les traités européens qui ont fait adopter une directive équivalente pour les pays membres de l’U.E. Les banques ont réussi à persuader que l’inflation était toujours malsaine pour la population, ce qui est faux. Comme le démontre la période des trente glorieuses Le lobby bancaire a réussi à persuader les dirigeants qu’il fallait supprimer la « planche à billets », L’Etat, obligé de payer des intérêts devait ainsi se montrer raisonnable dans ses dépenses. Cette technique s’est généralisée avec les traités européens.
La technique austéritaire imposée par les banques à la Grèce, est généralisée depuis les années 75 avec toujours cet objectif déflationniste. La BCE a été créée officiellement dans ce but. Dans ces conditions, où l’argent totalement scriptural, est devenu totalement virtuel, où seule l’acceptation de règles conventionnelles uniquement basées sur des chiffres, permet des maniements libérés de toutes contraintes au niveau des Etats, on pourrait facilement faire un remboursement fictif en permettant au débiteurs et créancier d’inscrire les sommes dues comme remboursées conventionnellement, c’est –à-dire pour la banque créancière ,de modifier par un simple jeu d’écriture, sa place dans le bilan. Ladite créance devient réserve. Officiellement remboursée, plus de pressions sur le budget, donc plus de prétexte pour faire des économies.
L’argent est depuis sa création, environ 800 ans avant J.C est pure convention. Tout repose sur la confiance mutuelle dans cet instrument de mesure. Les dettes sont l’expression de cette confiance…en l’avenir. Plus tard il aura la même valeur, donc on pourra le prêter, sachant que toujours par convention il sera remboursé. Mais encore faut-il que l’emprunteur en ait la possibilité. Posséder de l’argent est aléatoire. Aussi pour en garantir le valeur on prête sur gages, c’est-à-dire sur des valeurs de biens en réserve sur une autre forme, non « liquide ». C’est l’objectif des hypothèques. Mais concernant les Etats, les biens publics ne peuvent être aliénés puisqu’ils appartiennent au peuple. En cas de non remboursement celui-ci est frustré. Inconséquence des précédents gestionnaires qui ont « aliénés » l’avenir ? Difficile de leur reprocher si ces dépenses étaient des investissements destinés justement à profiter à la population. Faire des autoroutes par exemple, des barrages hydroélectriques, et autres dépenses faites sur le long terme, qui ne rapportent pas immédiatement de « retour sur investissements » ?
Alors comment faire face aux échéances sans avoir de disponibilités ? La technique est simple, on réemprunte à nouveau, soit aux mêmes prêteurs, soit à d’autres, ce qui éloigne les échéances. Mais les intérêts courent pendant de temps ce qui augmente le montant de la dette. Ne pas rembourser ? Impossible conventionnellement si on n’a pas les moyens de le faire à une échéance, les prêteurs s’éloigneront. C’est pourquoi j’ai imaginé de profiter de ce que l’argent est une convention pour transgresser cette convention en accord avec le prêteur en faisant un faux remboursement.
C’est la porte ouverte aux abus vont-dire tous ces prêteurs. La facilité d’emprunter va gonfler les sommes, et tout ce qui a été érigé pour justement diminuer les masses monétaires en circulation va de nouveau se trouver vain. Il est vrai que ce système reviendrait à créer de la monnaie comme au temps où on faisait marcher la planche à billets. C’est oublier malgré tout que les intérêts courent jusqu’au moment de l’échéance, ce qui est un frein à l’augmentation inconsidérée des dépenses. D’autre part le prêteur, sachant qu’il sera si nécessaire toujours remboursé, pourra justement diminuer le taux d’intérêts qui comporte toujours la part de risque.
Reste que pour éviter les abus, il faudra un contrôle d’un organisme impartial capable de vérifier que les impossibilités de remboursement sont réelles, et les dépenses qui sont à l’origine de cette impossibilité sont justifiées. La conclusion s’impose : ne plus faire porter sur la population du moins sur les plus démunis une austérité injustifiable car uniquement portée par une convention inique de ceux qui ont la chance d’avoir, eux, la possibilité de prêter.

Ssupprimer simplement la valeur de la créance souveraine pour l’Etat, sans mouvements de fonds ne peut être illégal puisqu’un Etat ne peut se punir lui-même. Le prêteur ne peut rien réclamer car il ne subit aucun dommage. Quand la vie économique et sociale d'un pays est en jeu, il appartiendrait aux dirigeants de faire ce qu’il faut pour diminuer la pression des dettes. Ce scénario de politique fiction, permet de reconnaître que les dettes en questions auraient pu ne jamais exister. Ce qui était quelques fois le cas quand chaque pays était maître de sa monnaie et de son budget.
Ce remboursement fictif, qui d’ailleurs pourrait être partiel selon les cas, ne serait pas dicté par bonté d’âme envers les banques, loin s’en faut, mais éviterait tout le processus de descente vers la pauvreté des pays, dont les comptes budgétaires sont soumis au dictat de la BCE.
Bien sûr la technique du faux remboursement supposerait un contrôle de la part d’un organisme indépendant du type « Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Les sommes émises au départ de l’emprunt sont dépensées, dans tous les cas de figure. Donc elles augmentent la masse monétaire en circulation. Elles ont le même effet inflationniste éventuel. Trop facile ? Pourquoi pas si ce sont des investissements dans les deux cas. Pour stopper l’inflation il suffit de savoir manier les taux d’intérêt.
En conclusion, on peut tirer de cette démonstration que la dette souveraine est la contrepartie des sommes qu’aurait généré l’inflation si les Etats avaient créé le financement nécessaire pour combler les déficits. Mais que l’effet sur les populations n’aurait pas été le même, faisant souffrir plus les prêteurs et les nantis que celles-ci. On le prouve facilement avec les « trente glorieuses » pour la France. Quand dans les années 70 l’inflation avoisinait 14 % et le taux de chômage à peine 2 % le système keynésien était en vigueur. Les gouvernements depuis ont été les complices de la finance pour renverser ce système.

En conclusion, on peut tirer de cette démonstration que la dette souveraine est la contrepartie des sommes qu’aurait généré l’inflation si les Etats avaient créé le financement nécessaire pour combler les déficits. Mais que l’effet sur les populations n’aurait pas été le même, faisant souffrir plus les prêteurs et les nantis que celles-ci. On le prouve facilement avec les « trente glorieuses » pour la France. Quand dans les années 70 l’inflation avoisinait 14 % et le taux de chômage à peine 2 % le système keynésien était en vigueur. Les gouvernements depuis ont été les complices de la finance pour renverser ce système.

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