Européennes

Pourquoi je vais m’abstenir de voter pour les européennes (le vote blanc n’est pas encore pris en compte) :

-          J’ai voté contre le traité de Maastricht et j’en suis fier, dès que j’ai su que la BCE  serait totalement indépendante. Cela avait  été le cas depuis 1973 en que la France se lie les mains en se dépossédant du principal pouvoir qui est à disposition pour répartir les richesses produites par le pays : être maître de son buget. « Ce qui est sage dans la conduite d’une famille privée peut être presque fou dans la conduite  d’un  grand  Etat » Adam Smith (reconnu comme  un des plus grands économistes classiques).

-          J’ai voté NON au référendum du TCE en 2005, comme 55 % des inscrits parce que concocté par Giscard, libéral s’il en fut, proche des milieux bancaires, il entérinait le libéralisme sans freins permis par la même BCE qui ne pouvait intervenir que pour contrôler les taux directeurs des banques. Il permettait aux lobbys des grandes entreprises et des banques de poursuivre leur pressions en leur faveur pour étendre les marchés aux détriment des populations qui pourtant les enrichissent sans en profiter puisque le chômage et les inégalités sont  les conséquences de leur liberté d’agir sans contrôle. Toujours plus pour les nantis, presque rien pour les autres.

-          Je m’abstiendrai aussi parce que les candidats députés européens n’ont pas le pouvoir de s’opposer à la décision de la Commission totalement indépendante, donc d’empêcher  les négociations du futur grand traité transatlantique USA-UE qui prévoit d’ouvrir à tous vents les frontières entre ces deux continents, une fois de plus au bénéfice des grandes entreprises. La libre concurrence qui est un grand principe inscrit depuis longtemps dans les traités européens, ne fera qu’accroître la puissance des plus forts pour détruire celle des plus faibles. Loi naturelle pour les libéraux, qui est aussi la loi de la jungle.

-          Ce ne serait pas vivre en autarcie que de se défendre avec ses propres armes contre ces agressions extérieures dont le profit est leur seul drapeau, ne serait-ce qu’en ayant sa propre monnaie pour les pays de la zone euro.

-          Ce ne serait pas ouvrir la porte au populisme que de vouloir montrer le besoin de son indépendance, le droit de protéger les plus faibles avec l’institution, par exemple des règles issues du CNR (Conseil National de la Résistance).

-          S’abstenir sera ôter une certaine légitimité  aux décisions importantes de l’U.E  Décisions qui ont été celles du Conseil des ministres également illégitimes du point de vue démocratique car elles ne sont pas issues directement des assemblée du peuple. A quoi servent les députés européens s’ils ne peuvent se prévaloir que de la seule légalité électorale pour asseoir leur pouvoir. Au contraire ils servent d’alibi aux technocrates et aux financiers les véritables dirigeants. Cette impuissance des députés sera la même si des groupes d’extrémistes de droite comme de gauche sont plus nombreux. Dans tous les cas les libéraux pro-européens conserveront la majorité : ils ne sont pas près de saborder l’UE ni même de faire passer un veto qui la bloquerait.

Reste la possibilité pour un pays d’appliquer l’article 50 qui lui permettrait de sortir de l’U.E. A moins de mettre 10 millions de personnes dans la rue assorti d’une grève générale, cette solution… extrême, n’est pas pour demain même si l’abstention dépasse 50 %. M’abstenir devra donc être considéré comme une alerte, la seule action à ma disposition.

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