U.S.A et l'europe

La plus grande tentative de marchandisation de tous les temps se prépare au nez et à la barbe des populations de deux continents : l’Amérique et l’l’Europe. C’est le PTCI (Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement) appelé également APT (accords de partenariat transatlantique) qui est une version plus complète de l’AMI qui avait soulevé un tollé général il y a quelques années. Ce document est classé confidentiel par la commission européenne « Ce document contient des informations classées en diffusion restreinte dont la divulgation non autorisée pourrait nuire aux intérêts de l’Union européenne ou à l’un de ses membres. La plus grande attention est exigée dans la gestion de ce document avec le soin particulier requis par les règles de sécurité du Conseil, valant pour tout document classé en diffusion restreinte U.E. (Patrick Le Hyaric député européen).

 « Ce document est présenté comme essentiellement technique. Il prévoit la disparition de tous les obstacles s’opposant encore à un libre commerce, ainsi qu’une libéralisation totale des marchés : marchés agricole et non agricole, marché financier et des investissements (évidemment) ». (Raoul Marc Jennar, député européen). Libérer les marchés agricoles c’est, par exemple, laisser entrer les viandes aux hormones, les poulets passés à l’eau de javel, les porcs traités à la ractopamine (article de Lori Wallach dans le Monde diplomatique de novembre) et bien entendu tous produits génétiquement modifiés tels que le coton et le soja. Les fonds de pension américains qui seront libres de s’installer en Europe, visent la Sécurité sociale et la retraite par répartition.

La zone de libre échange transatlantique, a pour but réel de monter encore la puissance des multinationales et des grandes banques. Six cents consultants sont mandatés par les multinationales pour travailler à cet accord. Des tribunaux commerciaux attaquent déjà les Etats pour entraves au libre échange. Il est prévu qu’ils pourront demander des amendes s’ils ne suppriment pas les obstacles réglementaires à ces échanges. Amendes qui seront évidemment supportés par les populations.

Ces négociations sont prévues sur quelques années. La Commission européenne décidera chaque fois, sur ordre du Conseil européen qui est composé des chefs des gouvernements de chaque pays membre de l’U.E, quand et quoi négocier sur la marchandisation de chacunes des catégories services, producteurs et commerces, concernés. Ce n’est certainement pas de ce côté qu’on trouvera des résistances : le principe d’ouverture des frontières existe depuis longtemps dans les articles des traités européens. C’est aussi dans l’esprit du « Consensus de Washington » qui préconise la privatisation de tous les organismes de l’Etat, y compris les services nationaux à la population. Ces services publics sont considérés comme des « obstacles » à la liberté des transactions dont il est question dans le préambule.

ll y a des centaines de milliers de suicides chaque année dans le monde, dans les entreprises et dans l’agriculture à cause des pressions dues à la concurrence libre et non faussée. Pourquoi une diffusion restreinte si ce « Partenariat » a pour finalité le bonheur des peuples en développant l’activité économique ? A moins que les puissances bien intentionnées qui sont à la base de ce "partenariat", craignent des réactions généralisées de la part des populations prises dans l’étau de plus en plus ultralibéral des marchés

 

 

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