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Billet de blog 10 févr. 2015

[24 et 26 février] Carte blanche à Claudine Bories, aux côtés des hommes et des femmes

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LES RENDEZ-VOUS DE PÉRIPHÉRIE  #15
Carte blanche à Claudine Bories, aux côtés des hommes et des femmes

24 et 26 février 2015 – au Méliès de Montreuil
En partenariat avec l’Acid et Amnesty

C’est en 1983 que la cinéaste Claudine Bories fonde, avec Jean-Patrick Lebel, l’association Périphérie. Elle y travaille à la diffusion du cinéma documentaire sur notre territoire en créant les Cartes blanches, puis, en 1995, les Rencontres du cinéma documentaire, tout en poursuivant la réalisation de documentaires et fictions.
Depuis 2007, elle signe avec Patrice Chagnard des long métrages documentaires marquants, une nouvelle étape d’un travail au long cours, auscultation cinématographique de notre société contemporaine.
Nous lui proposons de renouer avec son activité de programmation, en projetant pour nous en miroir un film qu’elle a choisi et l’une de ses réalisations : ce sera Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet et Les Arrivants.
Puis nous accompagnons la projection des Règles du jeu, qu’elle a souhaité voir précédé de son premier film réalisé en 1975,Femmes d’Aubervilliers.

MARDI 24 FEVRIER

à 18h00 LES ARRIVANTS de Claudine Bories et Patrice Chagnard
à 21h00 SPARTACUS ET CASSANDRA de Ioanis Nuguet

MERCREDI 26 FEVRIER

à 20h00 FEMMES D'AUBERVILLIERS de Claudine Bories
suivi de LES REGLES DU JEU de Claudine Bories et Patrice Chagnard

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Programme détaillé

MARDI 24 FEVRIER

à 18h00

LES ARRIVANTS de Claudine Bories et Patrice Chagnard
2009 / 110' / Les Films d'Ici, Les Films du Parotier, AMIP

Les Arrivants © Julie Romano © 

Caroline et Colette sont assistantes sociales. À longueur de journées, elles reçoivent des familles qui viennent demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles - avec ou sans bagages, avec ou sans passeport, dans des charters ou dans des camions bâchés. Un matin c’est Zahra, une jeune Erythréenne enceinte de huit mois ; un autre jour, les Kanesha, une famille du Sri Lanka avec ses deux enfants ; puis ce sera les Moulou, un couple d’Erythrée et son bébé ; et encore les Wong qui arrivent tout droit de Mongolie. Dans leurs regards épuisés, on peut lire à la fois une peur immense et une détermination sans faille. Ils viennent de si loin et ils attendent tant ! Comment répondre au flot débordant de toutes ces détresses, de tous ces besoins ?

Les Arrivants malmène toutes les évidences, à la fois sur le versant des grands principes humanistes et du côté du verrouillage institutionnel européen destiné à juguler les flots d’étrangers. Les procédures d’obtention du statut de réfugié n’ont cessé de se complexifier jusqu’au délire kafkaïen. Comme on le voit ici, le demandeur d’asile doit de plus en plus souvent fournir la preuve des persécutions dont il est l’objet dans son pays d’origine. En descendant dans l’arène, le film nous conduit au seuil de nos propres réflexes de peur et de rejet mais, en donnant épaisseur aux expériences souvent hors du commun des migrants, il rend force et sens à la notion exigeante d’hospitalité.

Didier Péron, Libération, 7 avril 2010

à 21h00

SPARTACUS ET CASSANDRA de Ioanis Nuguet
2014 / 81' / Morgane Production
Sélection Acid, Cannes 2014

© 

Deux enfants rroms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa sœur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s'offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

JEUDI 26 FEVRIER

à 20h00

FEMMES D'AUBERVILLIERS de Claudine Bories
1975 / 29' / Théâtre de la Commune d'Aubervilliers

En 1975, on célèbre pour la première fois “l’année de la femme”. Une occasion pour Claudine Bories de faire son premier film à la gloire des femmes d’Aubervilliers... Ouvrières, employées, coiffeuses, jeunes filles rencontrées dans la rue ou dans les squares... Ce film est un vidéogramme en noir et blanc, filmé à la sauvette, un peu sauvagement. C’est un “film des rues” comme on dit “chanson des rues”, réalisé avec une liberté et une gaieté pleines d’espoir.

suivi de

LES REGLES DU JEU de Claudine Bories et Patrice Chagnard
2014 / 106' / Ex Nihilo, Les Films du Parotier
Sélection Acid, Cannes 2014

Les règles du jeu © 

 Lolita n’aime pas sourire. Kévin ne sait pas se vendre. Hamid n’aime pas les chefs. Ils ont vingt ans. Ils sont sans diplôme. Ils cherchent du travail. Pendant six mois, les coachs d’un cabinet de placement vont leur enseigner le comportement et le langage qu’il faut avoir aujourd’hui pour décrocher un emploi. À travers cet apprentissage, le film révèle l’absurdité de ces nouvelles règles du jeu.

Une des dimensions les plus passionnantes du film tient à la singularité d’expression de chacun des quatre jeunes gens dont on suit le parcours, en même temps qu’à la possibilité d’y repérer, y compris dans ce qui est vécu par eux comme des affirmations de liberté, les marques de discours institués, dans les cités, à la télé, etc.
Mais encore une fois la précision attentive d’un film très souvent en gros plan, au lieu de mettre le spectateur en position dominante de juge, ne cesse de l’interroger sur ses propres modes de réactions, ses propres attentes (tout aussi codées) et leur légitimité. Les Règles du jeu, ce sont bien sûr les règles du marché du travail à l’heure du chômage de masse et de la toute puissance du discours capitaliste. Mais ce sont aussi, et inséparablement, les règles qui régissent l’ensemble des comportements en société, les systèmes qui organisent, décrivent et interprètent nos relations d’une manière beaucoup plus générale. C’est la grande réussite du film de parvenir à tenir ensemble ces deux dimensions, de manière vivante et incarnée.

Jean-Michel Frodon, slate.fr, 06 janvier 2015

24 et 26 février 2015 au cinéma Le Méliès de Montreuil
Patio central au centre commercial de la Croix-de-Chavaux
93100 Montreuil
M°9 : Croix-de-Chavaux / Bus : 102, 115, 122, 127

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