Crise du coronavirus : les français se tournent vers la bourse

La chute des principales bourses mondiales semble intéresser les investisseurs qui placent de plus en plus d'argent sur les marchés. Pourquoi un tel engouement ?

La baisse significative des cours des actions françaises provoquée par la crise actuelle du coronavirus ne semble pas effrayer les investisseurs qui placent de plus en plus leur argent sur les marchés financiers. Mais pourquoi cet engouement soudain et cette stratégie vont-ils payer ?

Une augmentation des investissements en actions enregistrée en France :

Nous aurions pu penser que les Français étaient plutôt prudents dans leurs investissements en bourse en période de crise comme celle que nous traversons actuellement. Mais malgré une baisse moyenne des actions françaises d'environ 25 % depuis le début de l'année, les banques et les intermédiaires financiers ont enregistré une augmentation significative des souscriptions privées aux produits d'investissement boursiers.

Les chiffres rapportés sont en effet assez évocateurs, puisque le groupe ING France a indiqué que les opérations boursières de ses clients ont augmenté de 4 fois par rapport aux opérations enregistrées l'an dernier sur la même période. De même, le nombre de comptes ouverts a augmenté de six fois au cours de la même période, avec les plans d'épargne en actions et les comptes de titres.

La raison de cet enthousiasme est donc discutable car les marchés continuent d'évoluer en rouge et que la grande majorité des bourses perdent encore de nombreux points chaque semaine.

Quelle est la stratégie actuelle des investisseurs qui achètent en bourse ?

En réalité, acheter des titres en pleine crise économique n'est pas nécessairement une mauvaise idée. Il convient de rappeler que la pandémie Covid-19, qui touche actuellement le monde entier, entraîne une crise économique historique avec un arrêt presque total de la production dans de nombreux secteurs et une baisse très importante de la demande due à l'endiguement requis par la plupart des pays.

Cette situation conduit, sur les marchés, à une très forte volatilité, avec une perte de valeur parfois supérieure à 50% de certaines actions. De plus, les titres qui étaient autrefois chers à acheter peuvent maintenant être ajoutés à un portefeuille à bas prix.

L'idée ici est de s'appuyer sur le fait que ces titres retrouveront leur valorisation une fois la crise du coronavirus terminée et lorsque la production et la demande reprendront.

Cependant, il n'y a pas qu'une seule stratégie d'investissement boursier durant cette crise du coronavirus. Deux stratégies sont actuellement observées en ce qui concerne l'ouverture des PEA ou des comptes de titres.

La première stratégie consiste, comme nous venons de le voir, à acheter des actions de grands groupes à des prix très bas, en supposant que ces entreprises ont les moyens de se remettre de la crise et qu'elles feront tout leur possible pour relancer leur activité le plus rapidement possible. Ici et même si ces titres ne gagnent pas tous les points perdus, leur prix devrait, en tout état de cause, suivre une tendance à la hausse et garantir ainsi des gains sur la revente.

Une autre stratégie consiste à sécuriser un portefeuille en s'appuyant sur des actions qui ont perdu le moins de points pendant la crise. Cette résistance face à une situation économique très complexe est en effet synonyme de forte stabilité financière et rassure ainsi les investisseurs quant à la capacité d'une entreprise à limiter ses pertes. Bien entendu, cette stratégie paiera moins cher que la précédente, mais elle sera également plus sûre à long terme avec moins de chances de variations majeures.

Avec ces deux stratégies, il est plus facile de comprendre pourquoi les investisseurs sont si intéressés par la bourse en ce moment. La crise du coronavirus serait donc l'occasion de construire un portefeuille de titres plus rentable ou plus sûr qu'auparavant, à condition de bien chsoiri vos titres.

Investir directement sur le déclin des marchés boursiers

Une autre stratégie, qui concerne cette fois-ci les investissements à court terme, concerne la méthode dite de la « vente à découvert ». Comme son nom l'indique, il s'agit de vendre directement des titres sans les avoir achetés en premier lieu.

Pour effectuer ce type de transaction, des contrats spécifiques tels que les contrats sur la différence, également connus sous le nom de CFD et qui sont disponibles en ligne auprès de courtiers ou de courtiers spécialisés tels que la plateforme mt4 par exemple.

Ces contrats consistent à s'appuyer sur le sens d'une tendance et offrent donc la possibilité de prendre position lors de l'achat ou de la vente en fonction de la situation. Ces contrats connaissent également un grand succès avec des actionnaires privés qui profitent de la volatilité des marchés causée par la crise sanitaire et économique pour réaliser des gains en s'appuyant sur le ralentissement de certains titres.

Ici, la seule difficulté est de répéter des actions susceptibles de perdre des points malgré la chute déjà enregistrée. Une fois que ces actions ont été détectées, il suffit de parier sur une tendance à la baisse en prenant une position de vente. L'investisseur ferme alors sa position lorsque le prix a atteint l'objectif bas fixé pour sa stratégie et que le gain est représenté par la différence entre le prix d'ouverture de la position et le prix de clôture.

Faut-il attendre la fin de la crise pour investir ?

Est-ce le moment d'investir en bourse dans le contexte de cette crise coronavirus ? En effet, la pandémie est encore loin d'être terminée et l'activité mondiale ne devrait pas reprendre immédiatement et encore moins complètement.

Certains investisseurs se demandent s'il est souhaitable d'acheter des actions à bas prix maintenant ou d'attendre la reprise économique réelle. En fait, les titres ont déjà perdu une grande partie de leur valeur au premier trimestre de 2020 et il y a peu de chances que les pertes futures soient si importantes.

Même si les prix continuent à baisser légèrement, nous devons être réactifs et rester avant le début de la prochaine tendance à la hausse ou être prêts à l'achat dès que cette tendance commence.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.