Après l'horreur

Après l'horreur de l'attentat contre la liberté, comme une ironie, ma foi en celle-ci ressort renforcée. Mais c'est une foi constructrice.

Si en première analyse, et en écoutant les commentaires autour de moi, il semble que ce massacre pourrait profiter à l'extrême-droite, alors il est grand temps d'établir un scrutin proportionnel. Aussi paradoxal que cela puisse parraître, la proportionnelle me semble un meilleur rempart face aux extrêmes que le maintien du mode de scrutin majoritaire. On pourra gloser, à droite, que cela relève de la manœuvre politique pour éviter une cuisante défaite du parti socialiste: on aura raison sur ce point, mais on aura la vue courte. On pourra craindre, à gauche, d'ouvrir la boîte de Pandore et d'être tenu pour responsable d'une déferlante extrémiste: on n'aura pas tort non plus, mais l'enjeu n'est pas là.

Ce qui est en jeu, ce n'est pas le maintien de la majorité au pouvoir ou l'arrivée massive de députés frontistes. Ce qu'il faut susciter, c'est un changement radical de la perception du personnel politique par l'opinion (et son renouvellement) et la défaite d'un argument-clé des partis extrémistes.

Du côté des médias qui se donnent pour mission d'informer, il faudra remplacer, chez ceux qui en sont atteint, la logique du profit financier et du relais de dépêches par une logique de la pertinence et de l'argumentation et réformer d'urgence l'aide à la presse et la fiscalité qui lui est appliquée.

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